ALLIAGES DE POTASSIUM
Le potassium peut former des alliages avec la plupart des métaux, et surtout avec les métaux facilement fusibles. On prépare ces alliages en chauffant le potassium avec différents métaux dans nne cloche courbe remplie d’azote et placée snr le mercure, ou dans un petit tube fermé à un bout et dont on étire l’extrémité restée ouverte, de manière à n’y laisser qu’un très petit orifice, aussitôt après l’introduction des métaux.
Les alliages du potassium s’oxydent rapidement au contact de l’air ; ils décomposent l’eau à la température ordinaire, et le métal nni au potassium se trouve mis à nu ; les acides les détruisent encore plus rapidement que l’eau. La plupart de ces alliages sont solides, grenus et cassants.
Potassium et fer. ■— Dans la préparation du potassium au moyen du fer et de l’iiydrate de potasse, lorsqu’on remplit de tonrnure de fer la partie antérienre du canon de fnsil, le potassium en vapenrs se combine avec le fer ; cet alliage, qui conserve la forme de la tournure de fer, est très flexible, facilement rayé par l’ongle; il décompose l’ean avec effervescence, le potassium passe à l’état de potasse et le fer reprend ses propriétés ordinaires.
Potassium et zinc. — L’alliage de 1 partie de potassium et de 4 parties de zinc en limaille se forme difficilement par suite de la vaporisation du potassium. 11 est cassant, grenu, sensiblement caustique; sa couleur est celle du zinc pulvérisé ; il se détruit peu à peu à l’air, fait effervescence avec l’eau et les acides. Le potassium est transformé en potasse et le zinc mis en liberté, quand l’acide employé est sans action sur lui.
Potassium et plomb. — L’alliage de 1 partie de potassium et de 4 parties de plomb en limaille fine se forme aussitôt que le plomb est fondu ; il est solide, très fusible et très cassant: sa cassure est cà grains très fins. Pulvérisé, il se détruit peu à peu à l’air ; il donne nne vive effervescence avec l’eau et les acides. Dans tous les cas, le potassium est transformé en potasse et le plomb reprend sa dnctilité ordinaire.
Potassium et bismuth. — L’alliage de 1 partie de potassium et de 4 parties de bismuth en poudre se forme presque aussitôt que le potassium est fondu; il est solide, très fusible, très cassant ; sa cassure présente de petites facettes, sa couleur tient de celle du bismuth. Quand on en place un fragment sur la langue, la saveur en paraît caustique. Pulvérisé, il se détruit à l’air, il donne une vive effervescence avec l’eau et les acides. Le potassium est transformé en potasse et le bismnth mis à nu.
Potassium et antimoine.— L’alliage de 1 partie de potassium et de 4 parties d’antimoine en poudre se forme avec dégagement de lumière. Il n’est pas très fusible ; il est un peu moins blanc qne l’étain, cassant, à grains fins, assez fusible, il se détruit immédiatement à l’air et au contact de l’eau et des acides.
en donnant une vive effervescence. Le potassium est transformé en potasse, et l’antimoine est mis en liberté.
Potassium et étain. — L’alliage de 2 parties de potassium et de 7 parties d’étain en limaille se forme avec un léger dégagement de lumière. Il est un peu moins blanc que l’étain, cassant, à grains fins, assez fusible ; il a une saveur caustique. Il se décompose en présence de l’air, de l’eau et des acides; le potassium est transformé en potasse et l’étain mis à nu (Gay-Lussac et Thénard).
Le potassium s’unit en plusieurs proportions au sodium pour former des alliages dont on parlera plus loin (voy. l’article Sodium).
Amalgames. — Le potassimn forme avec le mercure des amalgames nombreux, dont les uns sont solides et les autres liquides à la température ordinaire.
Gay-Lussac et Thénard ont formé les amalgames suivants :
1° 1 partie de potassium s’amalgame avec 144 parties de mercure. La combinaison se fait avec un grand dégagement de chaleur aussitôt que le potassium est fondu, mais sans dégagement de lumière. Cet amalgame est liquide à la température ordinaire; sa couleur est celle du mercure, il a une saveur caustique et se détruit peu à peu à l’air. Il se décompose en potasse et en mercure au contact de l’eau et des acides.
2“ 1 partie de potassium et 72 parties de mercure donnent un amalgame qui se forme avec un grand dégagement de chaleur aussitôt que le potassium est fondu, mais sans dégagement de lumière. Cet amalgame est solide à la température ordinaire et devient liquide à une température plus élevée; il cristallise facilement et jouit des mêmes propriétés que le précédent.
3“ 1 partie de potassium et 96 parties de mercure forment avec un grand dégagement de chaleur un amalgame solide à la température ordinaire. Cet amalgame devient liquide à une température plus élevée; il cristallise facilement et jouit des mêmes propriétés que les précédents.
Tous ces amalgames et surtout le premier peuvent s’obtenir à froid, lorsque le potassium n’est pas couvert d’huile ou que sa surface n’est pas oxydée (Gay-Lussac et Thénard).
L’amalgame de potassium transforme les tétra et pentathionates de potasse en hyposulfite. Il se forme un peu de sulfure si l’amalgame est en excès (Lewes).
Le potassium e.xigè une température un peu plus élevée que le sodium pour s’unir au mercure et la combinaison a lieu plus tranquillement.
Le tableau suivant donne la température de fusion de différents amalgames de potassium :
Teneur en potassium. Fusion.
2,7 Vo
175—185 (Merz et Weith.)
POTASSIUM
Crookewitt a obtenu l’amalgame solide Hg^*K en fondant les deux métaux dans le rapport indiqué, à l’abri de l’air. Le produit est blanc, en gros grains cristallins d’un éclat nacré.
Kraut et Popp ont obtenu le même composé cristallisé, en cubes, en octaèdres et en dodécaèdres, en abandonnant longtemps de l’amalgame de sodium à 3 pour 100 dans une solution de potasse caustique ou de carbonate de potasse.
Signalons enfin l’existence du composé Hg®“K (Crookewitt).
Dans ces derniers temps, M. Berthelot a entrepris l’étude thermique des amalgames de potassium. Il a déterminé les chaleurs d’amalgamation de ce métal en décomposant les, amalgames par l’eau pure et l’acide chlorhydrique étendu. Les nombres obtenus par les deux méthodes concordent. En retranchant la chaleur de décomposition de l’amalgame par l’eau de celle qui correspond à la décomposition du métal pur, on obtient la chaleur de formation de l’amalgame alcalin.
Le tableau suivant résume les résultats obtenus. La colonne A indique la chaleur dégagée dans l’attaque d’un poids d’amalgame renfermant 39s‘',7 de K par HCl étendu. La colonne Q indique les chaleurs correspondantes dégagées dans la combinaison de l’équivalent de potassium avec le mercure: