PROPRIÉTÉS
Sel anhydre. — Le carbonate neutre de potasse KO,CO^ est blanc; il a une saveur âcre et légèrement alcaline. Il est déliquescent et très soluble dans l’eau.
D’après Ohms, 1 partie de sel anhydre se dissout dans:
\ ,05 parties d’eau à. 3 degrés.
D’après Poggiale, 100 parties d’eau dissolvent:
83,12 de sel anhydre à. 0 degrés.
D’après Mulder, 100 parties d’eau dissolvent :
89,5 parties de carbonate de potasse à. 0 degrés.
m ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
D’après Gerlach, 100 parties d’eau à 15 degrés dissolvent 108,4 parties de carbonate de potasse. La solution saturée bout à 135 degrés (Poggialc, Legrand Kremers).
D’après Dalton, la solution la plus concentrée, renfermant 48 pour 100 de sel anhydre, possède une densité de 1,54 à 15 degrés et bout à 113 degrés.
D’après Legrand, la solution saturée renferme pour 100 parties d’eau 20,550 parties de sel et bout à 135 degrés.
Pour chaque gramme de carbonate de potasse, dissous dans 100 grammes d’eau, le point de congélation de la solution est abaissé de 0°,317 (Hüdorff). D'après de Coppet, le point de congélation ne s’abaisserait pas proportionnellement à la température. Mais plus la solution est concentrée, plus le point de congélation est abaissé pour chaque gramme contenu dans 100 parties d’eau.
Le carbonate de potasse est insoluble dans l’alcool ; il est insoluble dans l’ammoniaque concentrée, dont la densité est D =0,880. La dissolution concentrée de carbonate de potasse y est également fort peu soluble et exige 30 fois son volume d’ammoniaque pour s’y dissoudre ; mais une solution concentrée de carbonate de potasse dissout l’ammoniaque concentrée, 100 volumes peuvent en dissoudre 83 volumes (S. Procter).
La densité du carbonate de potasse anhydre est de 2,264 (Kersters), 2,267 (Filhol). Sa densité à zéro est 2,3 et à son point de fusion, 2,2 (Quincke), 2,00 (Brunin).
Le tableau suivant dû à Gerlach donne les densités des solutions de carbonate de potasse à 15 degrés :
La chaleur spécifique du carbonate de potasse rapportée à l’uuité de poids est égale à 0,216 (Régnault), 0,206 (Kopp).
POTASSIUM. Ui
Marignac a déterminé les chaleurs spécifiques des solutions de carbonate de potasse et a obtenu les résultats suivants :
M. Berthelet a mesuré la chaleur de formation des carbonates de potasse dissous, en faisant agir des solutions d’acide carbonique contenant de Is^jS^Oà 1»'',250 de CO^ par litre, sur des solutions alcalines. Il a trouvé:
CO® dissous-f-KO (1 6q. =2lit.) dégage. -l-lOCayo,
2CO® — -^KO — — . -t-HCai.OO.
L’influence d’un excès d’acide et de base est négligeable, il en est de même pour la dilution. Ces composés sont donc assez stables en présence de l’eau, bien que légèrement dissociés.
A partir des éléments on a pour la chaleur de formation :
Carbonate C-f03-fK. -l- 138 Cai, 9 ,
Bicarbonate C® -1- Oiî-f K -L H. + 232Cai, 7 .
Le carbonate de potasse est fusible à 1200 degrés (Quincke). Il est indécomposable par la chaleur seule; mais, lorsqu’on le soumet cà l’action de la vapeur d’eau, il est décomposé et se transforme en hydrate de potasse (Gay-Lussac).
Le carbone agit sur le carbonate de potasse à une température élevée et donne naissance à du potassium ; c’est sur cette réaction qu’est fondée la préparation du potassium par le procédé Brünner.
L’hydrogène sulfuré sec à la température de 160 degrés ne donne avec le carbonate de potasse sec qu’une petite mantité de sulfhydrate de sulfure.
Lorsque le carbonate de potasse est en dissolution, l’hydrogène sulfuré n’en chasse pas complèlenîient l’acide carbonique, et l’on obtient une dissolution contenant du bicarbonate et du sulfhydrate de sulfure de potassium en quantités équivalentes (Baur). La chaux, en présence d’une petite quantité d’eau, transforme le carbonate de potasse en hydrate de potasse. Dans une liqueur étendue la réaction inverse a lieu.
Le carbonate de potasse n’est point décomposé par voie humide par le sulfure d’antimoine, contrairement à ce qui a lieu pour le carbonate de soude qui, dans ces conditions, forme du kermès. C’est un moyen de reconnaître la présence d’une petite quantité de carbonate de soude dans le sel de potasse (Terreil).
Hydrates. —Stœdeler a décrit un hydrate de carbonate de potasse cristallisé, dont la formule est 2(K0,C0®) -f- 3. Ce sont de gros prismes clinorhombiques ayant plusieurs centimètres de longueur. Ce savant a obtenu ces cristaux dans une préparation d’acide uroxanique par l’acide urique et la potasse; on peut les obtenir par l’évaporation d’une solution de carbonate de potasse légèrement
alcaline. Ces cristaux ne sont déliquescents que dai;.i une atmosphère très humide.
Berzelius a décrit l’hydrate KO,CO^-|-2HO, obtenu en laissant refroidir lentement une dissolution de carbonate de potasse de 1,6 de densité. Ce sel est en longues tables rbomboïdales, ou en octaèdres rbombiques. 11 est très déliquescent. M. Bérard avait analysé l’hydrate de carbonate de potasse et lui avait assigné la formule K0,C0"^ + 2H0. M. Pobl a fait remarquer que les nombres obtenus'par M. BérarJ ne s’accordent pas avec cette formule, mais avec celle d’un hydrate à 4 équivalents d’eau K0,C0’,4H0. Seul, M. Giese a réussi à obtenir un hydrate ayant la composition K0,C0^2 HO.
M. Pohl a analysé un carbonate de potasse hydraté, qui s’était formé dans une solution saturée de ce sel et renfermée dans un flacin bien bouché; sa composition correspond à la formule 2(KO,CO®), 3HO; il se présente sous la forme de gros prismes hexagonaux pointus. Il perd un équivalent d’eau à 100 degrés et devient K0,C0^2 HO. Si on le soumet plusieurs jours à une température de 135 degrés environ, il devient anhydre et perd la forme cristalline.
Le carbonate de potasse forme avec le carbonate de soude un carbonate double KO,CO^NaO,CO^-j-12HO qui sera étudié plus tard (voy. Sodium).