G ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
La réaction spectrale du lithium est la plus sensible après celle du sodium; d’après Bunsen, il suffit de O milligr. 000009 de chlorure de lithium pour qu’on aperçoive la raie rouge.
SÉPAIUTION
Pour séparer la lithine des oxydes métalliques proprement dits, on emploie les réactifs généraux de l’analyse par voie humide : hydrogène sulfuré, sulfhydi'ate d’ammoniaque. Mais, pour éliminer les oxydes alcalino-terreux, il est bon d’opérer successivement en utilisant les réactions suivantes : le sulfate et l’oxalate de lithine sont solubles dans l’eau, et peuvent être ainsi séparés des sels de baryte, de slrontiane et de chaux; quant aux sels de magnésie, on les élimine par la chaux ou les alcalis fixes, ou bien en précipitant la magnésie à l’état d’oxalate (Claessen), ou en la séparant à l’état de carbonate double de magnésie et d’ammoniaque insoluble, tandis que le carbonate do lithine reste dissous dans le carbonate d’ammoniaque en excès (Schaflfgotsch) (I).
La lithine peut, après ces traitements, se trouver encore mélangée avec de la potasse ou de la soude.
Pour achever la séparation, la marche à suivre est un peu différente, suivant que l’on a des mélanges de lithine et de potasse, de lithine et de soude, ou de lithine, soude et potasse.
A. Lithine et potasse. — La potasse est précipitée et peut être dosée complètement à l’état de chloroplatinate ; la liqueur alcoolique filtrée est évaporée, le résidu calciné et repris par l’acide chlorhydrique étendu : cette dernière dissolution ne contient que du chlorure de lithium. Toutefois, d’après Jenzseh (ï2), on obtient toujours ainsi un poids de lithine trop faible, parce qu’un peu de cet alcali est retenu par le chloroplatinate de potasse, même après les lavages à l’alcool ; il se forme peut-être un chloroplatinate double.
B. Lithine et soude. — Ce procédé est applicable également au cas précédent. On transforme le mélange soit en azotates séchés à 100 degrés, soit en chlorures fondus au rouge sombre ; on le pulvérise, puis on le traite par un mélange d’alcool absolu et d’éther à volumes égaux, pendant au moins vingtquatre heures, en agitant de temps en temps. On filtre cà l’abri de l’humidité, et on lave le résidu avec le liquide élhéré ; le sel de lithine passe dans la liqueur, on l’évapore et l’on y dose la lithine, tandis que le résidu contient la potasse ou la soude (3).
Toutefois Bunsen et plus tard Diehl (f) ont observé que ce mode de séparation donnait toujours un faible excès de lithine, parce que l'azotate et surtout le chlorure de potassium ou de sodium ne sont pas tout à fait insolubles dans le mélange alcool éthéré. Aussi ce procédé n’est-il exact qu’à la condition de
(1) Ann. Phys. Chem., t. CVI, p. 294.
(2) Ibid., t. CIV, p. 102.
(3) Uammolsberg, Am». PIujs. Chem., t. LXV1, p. 79. — Jcnzsch, Ann. Phys. Chem., t. CIV, p. 105.
(4) Arm. Chem. Pharm., t. CXXI, p. 97.
LITHIUM
reprendre le résidu d’azotate ou chlorure de lithium impur qu’on a obtenu par une nouvelle portion de la liqueur éthérée ; le nouveau résidu, qui est toujours très faible, est réuni au premier.
C. Lilhine, soude et potasse. — Lorsque la lithine n’est pas en trop petite quantité, on la dose directement à l’état de phosphate, comme il va être indiqué.
On peut, dans tous les cas, séparer la potasse par le chlorure de plaline ; il reste la soude et la lithine : c’est le cas précédent. Toutefois, comme on l’a dit plus haut, ce procédé n’est pas très exact.
La méthode la plus précise consiste à traiter le mélange des trois sels par l’alcool élhéré, comme s’il n’y en avait que deux, en ayant soin de répéter une seconde fois l’opération.
Gintl (1) a fait connaître récemment un procédé applicable même au cas où les sels de potasse et de soude sont en grand excès. Le mélange étant à l’état de chlorures, on le chauffe pendant une heure avec quatre ou cinq fois son poids d’acide chlorhydrique concentré ; on filtre sur un tampon de verre, et l’on traite une ou deux fois le résidu de la même manière, jusqu’à ce que le liquide acide ue contienne plus de lithium. Ce métal est tout entier dans la dissolution ; comme celle-ci a pu entraîner des traces de chlorures de potassium ou de sodium, on l’évapore et l'on chauffe de nouveau le résidu avec de l’acide chlorhydrique concentré, qui ne produit plus qu’un faible dépôt insoluble et une liqueur dans laquelle on peut doser le lithium, soit à l’état de sulfate, soit à l’état de phosphate.
On peut aussi avoir recours à la méthode indirecte proposée par Bunsen (2); toutefois, comme elle repose sur la précipitation de la potasse à l’état de chloroplatinate, elle donne le plus souvent pour la lithine des nombres trop faibles. Bans ces séparations, il faut toujours transformer préalablement les sels de lilhine impurs en azotates ou en chlorures : lorsqu’on a à analyser des sulfates, la transformation ne peut se faire avec un sel de baryte ou de strontiane, parce que le précipité de sulfate de ces bases retiendrait de la lithine ; on y arrive plus sûrement avec les sels de plomb (Diehl et Smith).
Lorsque le sel de lithine est mélangé de sels ammoniacaux, on élimine ces derniers par la calcination, ou bien on les dose séparément.