‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 3e cahierChapitre 47 sur 92 · CONDENSATION DE L’AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

CONDENSATION DE L’AMMONIAQUE

Nous avons vu, dans plusieurs exemples, comment l’ammonium peut se substituer à l’hydrogène dans un composé ammoniacal. De nouveaux équivalents d’ammonium peuvent se substituer à leur tour à l’hydrogène de l’ammonium substitué, et ainsi de suite. On voit que l’on peut ainsi condenser l’ammoniaque d’une façon indéfinie ; les composés successifs ainsi formés différeront les uns des autres par AzH 3 . Mais on est arrêté, dans les divers cas, par la difficulté, de plus en plus grande, que l’on éprouve à opérer sous des pressions de plus en plus considérables et à des températures de plus en plus basses, les tensions de dissociation de ces composés polyainmoniacaux augmentant très rapidement avec le nombre d’équivalents d’ammoniaque fixés sur le sel primitif.

On peut aussi concevoir, dans les composés de ce genre, un grand nombre d’isoméries possibles, ainsi que nous l’avons dit plus haut. C’est ainsi que l’on peut concevoir des sels formés par les deux ammoniums substitués :

AzH* ) AzH* /

Az,

ayant une même composition chimique et isomères. Mais l’expérience n’a encore donné dans ce sens aucun résultat.

Il ne faut pas oublier, du reste, que dans la plupart des composés ammonia-

AMMONIUM. — SELS AMMONIACAUX.

eaux cités plus haut, on peut, avec H. Rose, admettre, indépendamment de la théorie de l’ammonium, que l’ammoniaque fixée par addition sur les sels métalliques joue simplement un rôle analogue à l’eau d’hydratation dans les sels. C’est ainsi que le sulfate de cuivre ammoniacal obtenu par voie humide, S s O e 2CuO,4AzH 3 ,2HO, peut être considéré comme dérivé du sulfate de cuivre ammoniacal obtenu par voie sèche, S*0 8 ,2Cu0,5AzH 3 , par la substitution de 2 HO à AzH 3 , c’est-à-dire par la substitution de 4 volumes de vapeur d’eau à 4 volumes d’ammoniaque. Cependant il faut observer que l’ammoniaque ne paraît pas jouer, dans certains de ces composés, un rôle identique à celui de l’eau d’hydratation, car l’ammoniaque ne peut y être chassée que par une élévation de température considérable; les autres composés présentent des stabilités qui vont en décroissant d’une façon progressive jusqu’à celle des produits les plus instables.

Nous avons vu, du reste, qu’il existe plusieurs composés qui ne sont pas formés par une simple addition de l’ammoniaque, mais dans lesquels un ou plusieurs équivalents d’hydrogène de cette dernière sont remplacés par des métaux, et où l’on retrouve bien le type ammonium.

Enfin la manière dont un grand nombre de ces sels ammoniacaux se forment par voie humide donne à penser que ces sels peuvent ne pas être considérés comme formés par une simple addition de l’ammoniaque au sel métallique primitif. Quand on - ajoute de l’ammoniaque à une solution d’un sel de zinc, de cadmium, d’argent, par exemple, les premières, portions d’ammoniaque précipitent l’oxyde métallique, et il se forme un sel d’ammoniaque. C’est ainsi qu’avec le chlorure de zinc, on obtient d’abord de l’oxyde de zinc et du chlorure de potassium. Il faudrait admettre, dans cette hypothèse, que par l’action d’une nouvelle quantité d’ammoniaque, le chlorure de zinc se reproduit. Il est aussi naturel d’admettre que les chlorures de zinc ammoniacaux se forment par l’action du chlorhydrate d’ammoniaque sur l’oxyde de zinc, dont l’oxygène forme de l’eau avec I équivalent de l’hydrogène de l’ammoniaque, et le métal se substitue à cet hydrogène d’après l’équation

ZnO +

Zn )

AzCl = JJ [ AzCl;

et sur l’ammoniaque, dont un ou plusieurs équivalents peuvent en outre se fixer sur l’hydrogène restant, ainsi que nous l’avons vu, pour former des combinaisons telles que les suivantes :

Zn \

Az JJ‘ AzCl H )

AzH 4

AzH*

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