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AMMONIUM. — SELS AMMONIACAUX. 65
Les composés hepta-ammoniacaux ne sont pas probablement les derniers termes de ces combinaisons singulières; mais la difficulté de maintenir longtemps constantes de très basses températures limite jusqu’ici les termes de ces séries de composés (Troost).
§ 2a. — FLUORHYDRATE D’AMMONIAQUE (AzH 3 ,HFI)
Le fluorhydrate d’ammoniaque cristallise en prismes incolores, d’une saveur salée et piquante, qui, soumis à l’action de la chaleur, entrent en fusion avant de se sublimer. 11 est très soluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, dont il enlève l’eau en formaut une couche aqueuse qui se sépare à la partie inférieure du vase. Il ne s’altère pas à l’air. Sa solution aqueuse perd de l’ammoniaque ■nème à la température ordinaire.
Ce sel attaque le verre avec violence en donnant de l’ammoniaqne et du fluosilicate d’ammoniaque; il le corrode même à l’état sec, par simple contact, aussi doit-on le conserver dans des vases de platine ou de gutta-percha.
Chauffé avec un métal alcalin, il fournit un fluorure, de l’hydrogène et de l’ammoniaque.
Préparation. — On le prépare en chauffant dans un creuset de platine un mélange intime de 1 partie de chlorhydrate d’ammoniaque avec 2 parties un quart de fluorure de sodium ; les deux sels étant très secs et finement pulvérisés. On peut se servir pour cette préparation d’un creuset de platine muni d’un couvercle concave, dont on remplit la cavité d’eau que l’on remplace à mesure qu’elle s’évapore dans le courant de l’opération. Si l’on chauffe doucement le fond du creuset, le fluorhydrate d’ammoniaque vient se sublimer au couvercle, dont la température ne peut excéder 100 degrés (Berzelius) ; si le mélange n’était pas bien desséché, il se dégagerait de l’ammoniaque au commencement de l’expérience et le produit serait mêlé avec un sel acide.
On peut aussi le préparer en saturant directement l’acide fluorhydrique par l’ammoniaque. On peut employer l’acide fluorhydrique du commerce, qui contient du fluorure de silicium, du fer, du plomb et du fluorure de calcium. On le sature par de l’ammoniaque mélangée à du carbonate et à du sulfhydrate d’ammoniaque ; on laisse déposer, et l’on évapore à sec au bain-marie dans un vase de platine, eu remuant avec une spatule et ajoutant de temps en temps un peu de carbonate d’ammoniaque solide (H. Rose) (1).
Usages. — Il sert à graver sur verre. On se sert de sa solution aqueuse, que l’on porte avec un pinceau sur le mastic qui couvre le verre, et sur lequel on a tracé avec une pointe les traits du dessin. Quand la solution s’est évaporée sur le verre, on enlève avec de l’eau le sel restant.
On a aussi proposé de l’employer pour la désagrégation des silicates dans les analyses.
(1) Ann. de Pogg., t. CVIII, p. 19.