FLUORURE DOUBLE DE CADMIUM ET DE SILICIUM
CdFl,SiF12,6HO.
Berzelius a obtenu ce sel par l’évaporation du mélange des solutions {loc. cit.). Ce sont de longs prismes incolores (sans doute isomorphes du sel de zinc correspondant), très solubles dans l’eau. Us s’effleurissent à l’aide de la chaleur, en conservant leur forme, qui se réduit en poussière par un léger choc.
FLUORURES DOUBLES DE CADMIUM ET DE ZIRCONIUM.
On a décrit deux fluozirconates de cadmium :
CdF],2ZrFU,6HO,
2CdFl,ZrFP,6HO.
Marignac, qui a préparé ces sels, n’a pu obtenir le sel double normal ; CdFl,ZrFD,6HO
{Ann. de chim. et de jihys. [3], LX, 257).
CADMIUM.
Fluozirconate dicadmigue, Cd®ZrFI*,6H0. — Ce sont des crislau.x clinorliombiques, isomorphes du sel correspondant de manganèse, qui contiennent 6 HO.
2Cd.= 112 39,02 38,87
Zr.= 45 15,68 16,15
4 Fl.= 76 26,48 26,87
Cd2ZrFP,6HO.= 287 100,00
Les cristaux présentenl les faces m, p, ¥, g'-, dF, b~, 6% d^ (fig. 34).
Fig. 34.
Angles observés principaux :
TO ; m..
6‘/2 ; b^rp : IP...
Cliva
selon p.
Fluozirconate dizirconique, C,dZv-F[^,6110. — On l’obtient des solutions qui contiennent un excès de fluorure de zirconium. Ce sont des lamelles disposées en groupes.
Calculu. [ Marignac.
Cd. = 56 18,98
2Zr...= 90 30,51
5 Fl. = 95 32,20
CdZr3Fl*,6HO. — 295 100,00
AZOTURE .DE CADMIUM.
Quand on électrolyse une solution saturée de chlorhydrate d’ammoniaque au moyen du courant de six éléments Bunsen, le pôle positif étant formé par une boule de cadmium, le pôle négatif par un fd de platine, on obtient sur ce dernier
un dépôt spongieux d’un gris bleu foncé, non cristallin, qui, pressé entre deux plaques de verre, a l’aspect d’un amalgame.
La densité de cette matière lavée et séchée est 4,8.
Chauffée, elle dégage de l’azote pur, en laissant un résidu jaune verdâtre où apparaissent quelques grains de métal (Grove, Philos. Mag. J., XIX, 99).
C’est peut-être un azoture de cadmium.
PHOSPHURES DE CADMIUM.
Le cadmium et le phosphore peuvent se combiner directement en donnant des phosphores définis, et même cristallisés. On a décrit plusieurs de ces composés, qui paraissent se ramener aux deux phosphores :
Cd^Ph,
CdPh.
PHOSPHURE TRICADMIQUE.
Cd^Ph = 199 -Gd^PW =: 398
Préparation. — 1° On peut le préparer en faisant arriver des vapeurs de phosphore sur du cadmium chauffé au rouge sombre. Il ne se produit pas d’incandescence. Le phosphore obtenu, qui a un aspect métallique, contient un peu de phosphore CdPh rouge disséminé dans la masse ou à la surface (Renault, Comptes rendus, 1870, LXXVI, 283. — Voy. aussi: Vigier, Bull, delà Soc. chim., 1861, 5).
On peut remplacer le cadmium par son oxyde ou son carbonate.
2° C’est sans doute le même phosphore qui a été obtenu par Emmerling {Ber. Bouts, ehem. Gesell., 1879, 152), en chauffant au rouge sombre dans des tubes scellés très résistants un mélange de phosphore et de fils de cadmium. Au bout de douze heures, il reste une masse grisâtre, blanche par places, renfermant quelques cristaux aciculaires déliés. Une partie du cadmium demeure inaltérée, et cependant on trouve encore du phosphore rouge dans les pores de la matière. L’auteur attribue à ce phosphore la formule :
Cd*Ph
(cadmium trouvé: 87,4 pour 100; calculé: 87,8); mais étant données la difficulté d’isoler parfaitement le phosphore du métal inattaqué et aussi l’analogie des préparations, il nous paraît identique au phosphure de Renault:
Cd^Ph (1),
(1) Dans les mêmes eonditions, le zinc donne, d’après Emmerling, le composé Zn’Ph.
3° Quand on fait agir le phosphore sur une solution alcaline de cadmium, on obtient un précipite brun clair, de composition variable. Calcinée dans un courant d’hydrogène, cette matière so détruit en dégageant de l’hydrogène phosphoré, de l’eau et du phosphore, et laisse du phosphure cristallin gris Cd^Ph (Oppenlieim, Dents, chein. Gesell., 1872, 979).
4“ On peut obtenir le phosphure tricadmique en chauffant en vase fermé à l’abri de l’air le phosphure CdPh (Renault).
Propriétés. — Le phosphure tricadmique est une matière grise cristalline cassante, ayant ordinairement l’aspect métallique.
Chauffé à Pair, il brûle en laissant un résidu qui contient du phosphate de cadmium.
Il se dissout dans les acides étendus avec dégagement d’hydrogène phosphoré.
PHOSPHURE MONOCADMIQUE.
CdPh = 87 ÆdPh3= 174
Préparation. — 1° Il s’obtient en même temps que le précédent dans l’action des vapeurs de phosphore sur le cadmium chauffé au rouge sombre ; on le trouve disséminé dans la masse grise ou sur la surface du phosphure tricadmique, sous forme de houppes soyeuses d’un rouge carmin ou de lamelles bleu indigo^ souvent en petits cristaux translucides d’un rouge rubis (Renault. Voy. ci-dessus).
2“ On peut le préparer en chauffant au rouge dans une cornue de grès un mélange de phosphate d’ammoniaque, de mercure ou d’étain, avec du carbonate de cadmium et du charbon. Le bec de la cornue pénètre dans une allonge de terre, en partie engagée dans le fourneau ; c’est dans cette allonge que se dépose le phosphure impur (Renault).
Dans tous les cas on le débarrasse du phosphure tricadmique en le traitant par l’acide chlorhydrique très dilué, qui ne dissout que ce dernier.
Propriétés, — Le phosphure CdPh, chauffé à l’abri de l’air, dégage du phosphore et laisse un résidu de phosphure tricadmique.
Chauffé à l’air, il s’enflamme vivement en donnant du phosphate de cadmium. Mélangé de chlorate de potasse ou de nitrc, il détone par le choc.
Il se dissout difficilement dans l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique étendus, facilement dans l’acide nitrique. L’acide chlorhydrique bouillant le détruit en donnant de l’hydrogène phosphoré non spontanément inflammable, de l’acide hypophosphoreux et une poudre jaune insoluble, qui rougit quand on la chauffe, en dégageant du phosphure d’hydrogène et paraît être Ph*H0. La réaction qui la donne, serait:
6PhCd -P 6 HCl + HO = eCdCl + Ph*HO + 2 PhH^.
ARSÉNIURES RE CADMIUM.
Quand on chauffe ensemble dans un creuset fermé un mélange de 3 équivalents de cadmium avec I équivalent d’arsenic, on obtient un alliage qui contient :
Cd^As.
En soumettant le même mélange à une pression de 6500 atmosphères, on obtient une masse d’aspect métallique, de cassure noire, qui serait un véritable arséniure de cadmium :
Cd^As.
En augmentant la quantité de cadmium, la cassure devient métallique (Spring, Bmts. chem. Gesell., 1883, 1,325).
ALLIAGES DE CADMIUM.
Le cadmium forme des alliages bien caractérisés avec un grand nombre de métaux, tels que l’étain, le plomb, le cuivre, le mercure, l’argent, l’or. Quelques-uns de ces alliages offrent des propriétés très intéressantes (Wood, Chem. News, 1862, 135). Leur histoire sera faite ultérieurement à coté du métal correspondant.
CADMIUM.
BIBLIOGRAPHIE
OXYDES DE CADMIUM.
A. Ditte. — O.Kyde. Comptes rendus, 1871, LXXV, 272 ot 110.
HÉRAPATH. — Oxyde cristallisé. Ann. of Philos., XIX, 435.
Marchand. — Sous-oxyde. Ann. de Pogg., XXXVIII, 145.
Meunier. — Oxydes doubles alcalins. Comptes rendus, LX, 1865, 557, et 1866, LXIII, 330. NiCKLÈs. — Oxyde hydraté. Journ. de pharm. et de chim. I3|, XII, 406.
B. Renault. — Action du phosphore. Comptes rendus, LXXVI, 1870, 283.
SCHAFFNER. — Oxydc hydraté. Ann. der Chemie und Pharm., LI, 168.
SCHULER. — Oxyde cristallisé. Ann. der Chem, und Pharm., LXXXVII, 34.
SiDOT. — Oxyde cristallisé. Comptes rendus, LXIX, 201.
VoGEL. — Sous-oxyde. Journ. de pharm. [31, XXVIIl, 356.
Wackenroder. — Action de l’ammoniaque. Ann. der Chem, und Pharm., XLI, 319.
R. Weber. — Action du chlore. Ann. de Pogg., CXll, 619.
Werther. — Oxyde cristallisé. Journ. f. prakt. Chem., LV, 118.
sulfures, SÉLÉNIURE, TELLURURË UE CADMIUM.
Berzelius. — Sulfoarséniures. Ann. de Pogg., VII, 88.
Ph. de Clermont. — Solubilité du sulfure. Bull. Soc. chim., juin 1879.
A. Ditte. — Solubilité du sulfure. Comptes rendus, LXXXV, 402.
Durocher. — Sulfure cristallisé. Comptes rendus, XXXII, 823.
Geitner. — Préparation du sulfure. Ann. der Chem, und Pharm., CXXIX, 350.
A -W. Hoffmann. — Solubilité du sulfure dans les acides. Ann. der Chem, und Pharm., CXV,
Little. — Séléniure. Ann. der Chem, und Pharm., CXII, 211.
Marcottet. — Séléniure, tellurure. Ann. de VÉcole norm., 1879.
Oppenheim. — Tellurure. Journ. fur prakt. Chem., LXXl, 266.
H. Sainte-Claire Deville et Troost. Sulfure cristallisé. Comptes rendus, LU, 1304, et Ann. dephys. et de chim. [4], V, 118.
ScHiFF. — Pentasulfure. Ann. der Chem, und Pharm., CXV, 74.
R. Schneider. — Sulfure double de cadmium et do sodium. Ann. de Pogg., CXLIX, 391. ScHULER. — Sulfure cristallisé. Ann. dér Chem, wnd Pharm., LXXXVII, 34.
Sidot. — Sulfure cristallisé. Comptes rendus, LXII, 999.
Uelsm.ann. — Séléniure. Ann, der Chem, und Pharm., CXVI, 122.
Wackenroder. — Solubilité du sulfure. Répert. Bilchn., XLVI, 226.
chlorure de cadmium et dérivés.
Berthelot. — Chlorhydrate. Comptes rendus, 1880, XCI, 1024.
T. Carnelly et W.-C. Williams. — Point d’ébullition du chlorure. Soc. chim. London, 1879. F. Clarke et Knight. — Densité. Deutsche chem. Gesell., 1878, 1504.
Croft. — Chlorures ammoniacaux. Philos. Magaz.., XXI, 355.
Grailicii et VoN Lang. — Chlorures doubles. Wien Almd. Ber., XXVII.
Hauer (von). — Chlorures doubles. Wien. Akad. Ber., XIII, 449; XVII, 331; XX, 40. Kremers. — Solubilité, densité des solutions. Ann. de Pogg., CIII, 57; CIV, 33; CV, 360. Lange (von). — Chlorure double potassique. Wien. Akad. Ber., LIV, 163.
Murmann et Botter. — Chlorure double de baryum monocadmique. Wien. Akad. Ber., XXXIV, 84.
A. PoTiLiTziN. — Action de l’oxygène et de l’hydrogène. Deutsche chem. Gesell., 1879, 695 et 2170.
Reinsch. — Chlorosulfure. Jahrb. prakt. Chem., XIII, 72.
Schuler. — Chlorures ammoniacaux. Ann. der Chem, und Pharm., 1853, LXXXVII, 34. Stromeyer. — Chlorures. Schiveiggers Journ. fur Chem., XXII, 362,
R. Weber. — Préparation. Ann. de Pogg., CXII, 619,
WiTTSTElN. — Action du chlorhydrate d’ammoniaque sur l’oxyde de cadmium. Répert. Büchn LVII, 32.