PRÉPARATION DU THALLIUM MÉTALLIQUE
Les méthodes qui viennent d’être décrites, donnent le thallium à l’état de sulfate, de chlorure ou d’iodure, quelquefois de nitrate thalleux.
Si on veut l’extraire du sulfate ou du nitrate, le meilleur moyen consiste à le séparer par le zinc ou par l’électrolyse. La solution du sel thalleux est additionnée d’ammoniaque ou de soude caustique, puis on y plonge une lame de zinc, ou bien on y fait passer à l’aide de deux électrodes un courant électrique peu intense.
Le thallium métallique se dépose en masse spongieuse grisâtre autour de la lame de zinc ou sur l’électrode négative. On ne peut le conserver sous cette forme, car il serait très oxydable. On lave rapidement avec un peu d’eau, on comprime pour chasser le liquide interposé, puis on le fond dans un creuset de fer avec un peu de cyanure de potassium, et on coule dans une lingotière.
Parfois on supprime le fondant, en ayant soin de diriger pendant la fusion un courant d’hydrogène sur la surface du métal.
Le chlorure ou Viodure thalleux donnent le thallium métallique, quand on les chauffe avec du cyanure de potassium ou avec du flux noir (1) : il est utile d’ajouter un peu de sel marin comme fondant. Willm recommande d’éviter dans cette opération la présence de sulfates : sans cette précaution le culot de thallium reste souillé de sulfure, ce qui le rend beaucoup moins malléable. Le métal ainsi préparé retient quelques traces de métaux étrangers, plomb, cuivre, cadmium, etc.
(1) Métange de carbonate de potasse et de charbon, qu’on prépare par la calcination du bitartrate de potasse).
THALLIUM
Pour préparer du thallium chimiquement pur, on redissout le thallium brut dans l’acide sulfurique dilué, on filtre pour séparer le sulfate de plomb qui s’est formé. Le liquide est traité par un excès d’hydrogène sulfuré, qui précipite le plomb, le cuivre, le cadmium, le bismuth, le mercure, l’argent, qui pouvaient exister dans le métal. Le thallium reste dissous dans la liqueur, d’où on le sépare sous forme de chlorure ou d’iodure qu’on soumet à une nouvelle réduction.
Willm a proposé pour la préparation du thallium pur, l’emploi de l’oxalate thalleux. Pour obtenir ce dernier, on dissout le composé thalleux ou thallique dans l’eau régale, puis on ajoute de l’ammoniaque chaude: le peroxyde produit est traité par une solution d’acide oxalique, qui le transforme en oxalate thalleux avec dégagement d’acide carbonique. L’oxalate fortement chauffé, se détruit en donnant du thallium métallique, mêlé d’un peu de protoxyde, facile à séparer et à utiliser.