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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DU THALLIUM

Les propriétés physiques du thallium sont très voisines de celles du plomb. 11 est comme ce dernier, un métal lourd, mou, facile à fondre, mais il est beaucoup plus volatil.

Le thallium fraîchement coupé est blanc bleuâtre, et possède un vif éclat métallique; mais il se ternit très rapidement à l’air par suite de la formation d’une couche brunâtre d’oxyde.

La structure du métal fondu est visiblement cristalline, et sa surface, maintenue brillante sous l’eau, paraît même un peu translucide (Lamy). Aussi les baguettes de thallium font entendre, lorsqu’on les ploie, un cri semblable à celui de l’étain.

Le zinc métallique, plongé dans les dissolutions de thallium, précipite le métal en aiguilles et feuillets brillants qui ont parfois de grandes dimensions (Carstanjen).

Le thallium est très mou : il se laisse facilement rayer à l’ongle et couper au couteau. Il encrasse la lime et la scie. Il est, d’après Crookes, moins dur, moins élastique et moins tenace que le plomb. Aussi, quoique très malléable, se montret-il très peu ductile. On peut le réduire par le laminage en feuilles de 15 millièmes de millimètre d’épaisseur (Lamy).

Comme le plomb, il laisse une trace sur le papier : celte trace, qui est noire avec reflets jaunes, ne tarde pas à s’effacer ; mais on peut la faire réapparaître au contact d’un sulfure alcalin (Crookes).

La densité du thallium est :

Métal fondu.

0° (Lamy),

11” (De la Rive),

(Crookes)

Métal forgé.

Id.

Métal étiré en fils...

Id.

11“ (De la Rive).

Son coefficient de dilatation linéaire est à 40 degrés, d’après Fizeau : 0,00003021.

L’allongement de l’unité de longueur pour réchauffement de zéro à iOO degrés est:

La chaleur spécifique du thallium est voisine de celle du plomb ; elle est:

0,0325 (Lamy),

0,0335 (Régnault).

La chaleur spécifique rapportée à un équivalent de métal Tl —204, est donc:

6,83 (Régnault).

Le point de fusion du thallium est :

290° (Lamy),

288“ (Crookes). '

On peut donc fondre ce métal dans un bain d’acide sulfurique.

Sa chaleur de fusion n’a pas été mesurée.

Il commence à se volatiliser, quand on le chauffe un peu au-dessus de son point de fusion.

L’ébullilion se produit au rouge vif et permet d’opérer la distillation du métal dans un courant d’hydrogène.

Sa conductibilité calorifique est assez faible. Quant à sa résistance électrique, elle est voisine de celle du plomb. La résistance spécifique (résistance de 1 centimètre de long sur 1 centimètre carré de section) est :

\ 0“. 16605 C. G. S. (Malthiessen et Vogt)

12“. 17604 C. G. S. (De la Rive).

On en déduit que la résistance d’un fit de thallium de 1 millimètre de diamètre est par mètre de :

0oimij2114. (à 0”, Malthiessen),

0ohm,2254. (à 12“, De la Rive).

Elle croît d’ailleurs avec la température, d’une manière peu différente des métaux usuels (Voy. à ce sujet les recherches de Matthiessen et Vogt, Ann. de Pogg., CXVIII, 431, et de De la Rive, Comptes rendus, LVI, 588).

Le thallium et ses combinaisons sont dianagnétiques.

THALLIUM

Le spectre du thallium est surtout caractérisé par une magnifique raie verte douée d’un vif éclat, qui correspond à :

C’est l’apparition de cette raie qui a fait découvrir le thallium par Crookes et aussi par Lamy.

Tous les composés du thallium colorent en vert intense la flamme du gaz et de l’alcool, mais la coloration est fugace; elle persiste davantage quand on introduit dans la flamme sur le fil de platine un peu de thallium métallique.

Au spectroscope, on aperçoit alors une ligne verte très intense, en même temps qu’une autre raie jaune pâle, nébuleuse et fugitive :

(Lecoq de Boisbaudran, Spectres lumineux, 141, pl. XXI).

La ligne principale du thallium est voisine de l’une des raies du groupe vert du baryum. Crookes l’avait considérée comme coïncidant avec la raie 8 Ba de Kirchhoff et Bunsen {Philos. Trans., CLIII, 1863, 277).

D’après Gassiot, elle serait traversée en son milieu par l’une des raies du baryum {Lond. Roy. Soc. Proc., .XII, 536). Le déplacement de ces dernières selon les conditions de production du spectre, comme l’a montré Lecoq, diminue beaucoup l’intérêt de ces coïncidences.

Kirchhoff et Bunsen ont constaté que cette raie ne correspond à aucune raie noire du spectre solaire (Ann. de chini. et de phys. [3], LXVII, 389).

Suivant Nicklès, la présence du sodium masque le spectre du thallium : la flamme n’est plus colorée et ne montre plus de raie verte au spectroscope {Comptes rendus, LVIII, 132).

Quand on produit le spectre au moyen de l’étincelle électrique, la seconde raie de Lecoq : X = 0.“-,568, n’apparaît plus, mais il y a de part et d’autre de la raie principale un certain nombre de raies brillantes, dont le tableau vient ciaprès d’après les recherches de Huggins et de Thalén. Elles sont désignées par

leurs longueurs d’onde exprimées en ^qqq ' q •

Région du spectre. Huggins. Tliaîén. Lecoq.

Rouge. 65.17 » »

Orangé. 6240 » »

Id. 6002 » »

Id. 5949 5948 »

Jaune. 5824 t »

Id. 5771 » »

Id. » » 5680

Id. 5608 »

Id. 5487 5490 »

Id. » 5413 »

Id. » 5360 »

Ven. 5347 5350 5349 .

Région du spectre. Huggins. Thalén.

Locoq.

Vert .

Id.

Id.

Id.

Bleu .

Id .

Id .

Id .

Violet .

Hartley, en photographiant le spectre du thallium, a reconnu l’existence d’un grand nombre de lignes dans l’ultraviolet (Trans. Dublin Soc. [2], I, 1882).

Liveing et Dewar ont réalisé l’inversion de la ligne verte, par absorption lumineuse au travers des vapeurs du métal {Proc. Royal Soc., XXVll, 1878, 132). Cette inversion n’avait pas réussi à Lockyer et Roberts.

Récemment H. Becquerel a trouvé dans le spectre d’émission du thallium une raie active dans l’infra-rouge : X==11500 {Comptes rendus, 1884, XCIX, 376).

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