‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 7e cahierChapitre 86 sur 93 · COMBINAISONS DE L’AZOTE AVEC LE TUNGSTÈNE · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DE L’AZOTE AVEC LE TUNGSTÈNE

Wôhler {Ann. der Chim. und Pharm., t. LXXIII, p. 190 et t. CV, p. 258) a décrit quelques combinaisons du tungstène avec l’azote. Ces combinaisons sont assez complexes; elles sont ou hydrogénées, ou oxygénées et hydrogénées.

Azoture de tungstène. — En chauffant l’amidure de tungstène de Wohler Tu^AzMU dans un courant de gaz ammoniac, dans un tube de porcelaine, à une température un peu supérieure à la température où celui-ci a pris naissance, Uhrlaub {Combinaisons de quelques métaux avec l'azote, Gôttingen, 1859, p. 30) a obtenu l’azoture Tu^ Az (Tu calculé : 95,17 ; trouvé : 95,07).

Azotoamidures de tungstène. — Un premier composé amidé du tungstène a été obtenu par Wohler en faisant passer un courant de gaz ammoniac sec sur du chlorure de tungstène dans le tube même où celui-ci avait été préparé par l’action du chlore bien dépouillé d’air sur le tungstène métallique. Le chlorure s’échauffe, fond, en même temps que le chlorhydrate d’ammoniaque formé par la réaction se [volatilise en partie. La réaction est terminée par une légère élévation de température, en ayant soin de ne pas dépasser celle qui est nécessaire pour volatiliser le chlorhydrate d’ammoniaque. Dès que celui-ci est totalement éliminé, on laisse refroidir dans le courant de gaz ammoniac.

Le produit de cette réaction est un corps noir, aggloméré et ayant, à cet élat, un éclat métallique comparable à celui du charbon de cornue.

Chauffé à l’air, il dégage, longtemps avant qu’on ait atteint la température l’ouge, du gaz ammoniac, puis brûle et se change en acide tungstique. Chauffé dans un creuset brasqué, à la température de fusion de l’argent, il est ramené à l’état métallique. 11 éprouve la môme transformation dans l’hydrogène sec avec formation d’ammoniaque.

La teneur en tungstène a été déterminée soit par combustion, soit en chauffant dans le charbon ou l’hydrogène des produits résultant de diverses préparations ou d’une même préparation, mais provenant de diverses parties du tube; elle a varié de 86,7G pour 100 (miuim.) à 90,80 (max.). La formule Tu^Az^H* ou Tu®Az%Tu (AzII*) correspond à :

Trouvé (mojenno).

3 Tu. 86,25 86,24

3Az. 13,12 >

L’écart observé entre les teneurs en tungstène des divers échantillons tient à ce que cette combinaison, chauffée soit seule, soit dans un courant d’hydrogène, perd de l’azote et de l’hydrogène à l’état d’ammoniaque. Le produit de la réaction précédente peut se trouver mélangé d’une certaine quantité d’une combinaison moins riche en azote Tu^Az^H® ou Tu-Az,Tu (AzH^) que Wühler obtient en chauffant le corps précédent dans un courant d’hydrogène :

Trouvi! (moyenne).

3 Tu. !)0,”2ü 90,26

Az*. 9,15 8,26

Ce second composé est une poudre grise ; chauffé avec de la chaux sodée, il laisse dégager de l’ammoniaque.

Oxyazotoamidures. — Wôhler a obtenu une combinaison complexe 3TuAz,Tu-(AzH^)-|-2TuO^ en chauffant l’acide tungstique finement pulvérisé dans un courant de gaz ammoniac, dans un tube de verre, jusqu’à ce qu’il ne se dégageât plus trace d’eau. Il est difficile d’obtenir ainsi une matière de composition constante, car, chauffée à haute température, soit seule, soit dans un courant d’hydrogène, elle perd de l’azote et de l’eau.

La matière obtenue est d’un noir pur ; si l’on a employé à sa préparation un acide tungstique d’apparence cristalline, provenant d’une pseudomorphose du tungstate ammoniacal, cette poudre a l’apparence cristalline. Chauffée à l’air, elle brûle; elle brûle également quand on la chauffe avec de l’o.xyde de cuivre ou du minium. Chauffée fortement dans l’hydrogène, elle lai.sse du tungstène métallique. Les acides et les alcalis sont sans action; chauffée -avec de l’eau, en vase scellé, à 230 degrés, elle ne subit aucune altération.

Trouvé (moyenne).

7Tu. 87,74 87,50

4Az. 7,63 7,15

Wôhler a obtenu cette même combinaison ou une combinaison analogue en chauffant dans un creuset de platine, au rouge vif, un mélange de tungstate de potasse, et d’un excès de chlorhydrate d’ammoniaque recouvert d’une couche de chlorure de calcium. En reprenant par l’eau, puis par une lessive alcaline faible qui élimine du tungstate acide, il reste une poudre noire. C’est ce même corps que Wôhler avait antérieurement décrit comme un oxyde noir de tungstène {Poggendorff’s Ann., t. II, p. 347).

Cette substance renferme de l’azote et de l’hydrogène. Elle contient de 88 à 89 pour 100 de tungstène; mais en la chauffant dans un courant de chlore, on reconnaît qu’elle renferme encore 1 à 2 pour 100 d’alcali.

TUNGSTÈîiE. 239

En chauffant le tungstate de sonde avec du chlorhydrate d’ammoniaque, Wôhler a obtenu un mélange de cette combinaison avec une matière rouge de ouivre, produit de ta réduction partielle du tungstate alcalin.

Une combinaison azotée du tungstène, peut-être identique à celle que nous venons de décrire, a été préparée par Wohler, en faisant passer des vapeurs de chlorure de tungstène mélangées de vapeurs de chlorhydrate d’ammoniaque, dans un tube de verre chaufféau rouge {Ann. der Chem, und Pharm.,t. GV, p. 258).

L’oxyde brun de tungstène chauffé dans un courant de gaz ammoniac, donne bien un produit renfermant de l’azote et de l’hydrogène, mais celui-ci reste mélangé d’nn excès d’oxyde brun. Si l’on chauffe au rouge vif, dans un tube de porcelaine, on obtient du métal pur.

Wôhler n’avait pu réussir à préparer un azoture de tungstène. En chauffant l’acide tungstique dans un courant de cyanogène, il avait obtenu une poudre noire, d’aspect métallique, renfermant 94,5 pour tOO de tungstène, un peu d’azote et du carbone.

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