TIO
SiO 2 . 2,10 1,95 2,10
MoO 3 . 61,50 » »
SILICOMOLYBDATE DE SOUS-OXYDE DE MERCURE (4 Hg 2 0,SiO 8 ,12 Mo 3 )
Ce sel s’obtient, par double décomposition, avec l’acide silicomolybdique ou le silicomolybdate d’ammoniaque et le nitrate de sous-oxyde de mercure; on obtient ainsi une masse caséeuse, qui, peu à peu, se transforme en une poudre cristalline jaune, ressemblant, à première vue, à l’oxyde de mercure obtenu par précipitation. Ce sel peut êjre obtenu directement en ajoutant à du molybdate de sousoxyde de mercure un silicate alcalin dissous dans l’acide nitrique ; mais, si l’on vient à chauffer ce mélange, il se produit encore une combinaison nitrique.
Le sel ainsi obtenu se présente sous forme de cristaux microscopiques, sur lesquels agit la lumière polarisée. Si l’on dissout ces cristaux dans l’acide nitrique et qu’on réduise cette dissolution par le mercure métallique, on obtient des cristaux plus nets, mais cependant toujours microscopiques.
Ce sel ne peut être lavé à l’eau qui le décompose ; il faut, pour le laver, se servir d’une dissolution étendue de nitrate de sous-oxyde de mercure ; après un certain nombre de lavages, par décantation, on fait tomber le sel sur de la porcelaine dégourdie, qui absorbe rapidement le liquide interposé ; on ne peut lo dessécher en présence du papier ; les matières organiques produisent sur ce sel, comme du reste sur tous les autres silicomolybdates, une réduction très rapide. Malgré un certain nombre de lavages, ce sel renferme toujours une petite quantité de nitrate, qui fait que l’analyse donne un nombre trop fort pour le mercure.
Analyse. Calculé. Trouvé.
llg a 0 . 48,2 49,5
SiO 2 . 1,6 1,5
MoO :) . 50,2 »
F. PARMENTIER. - MOLYBDÈNE.
SILICOMOLYBDATES DE CÆSIUM ET DE RUBIDIUM
Ces sels sont peu solubles : c’est là un fait très intéressant et qui pourra trouver son application en analyse et dans la séparation de ces deux bases alcalines des matières qui se trouvent associées à elles.
On sait les difficultés que l’on éprouve à caractériser, par une réaction chimique la présence du cæsium et du rubidium, quand ils se trouvent, comme cela a lieu presque toujours, en présence des sels de potasse. L’acide silicomolybdique ne précipitant, parmi les bases alcalines, que le cæsium et le rubidium, °n a donc un réactif précieux pour déceler ces corps, lors même qu’ils sont en petite quantité dans une matière. L’équivalent de cet acide étant élevé, on a, Pour peu de base, un précipité abondant; de plus, le silicomolybdate de rubidium étant soluble, quoique faiblement, on pourra le séparer de celui de cæsium, qui Paraît totalement insoluble en présence des acides. Jusqu’ici le réactif le plus sensible du cæsium était le biclilorure d’étain, qui donne, avec le chlorure de cæsium, un chlorure double peu soluble. L’acide silicomolybdique est plus sensible encore : il décompose en effet le sel précédent et donne du silicomolybdate de cæsium.
Le cæsium se trouve dans un grand nombre dérochés, en faibles proportions, sauf quelques rares exceptions, et il est en général associé à la potasse. 11 faut des opérations fort longues pour le reconnaître, et le plus souvent on n’a d’autre guide que le speclroscope. Le lépidolithe, en particulier, en renferme de petites quantités. J’ai constaté que ce minerai, traité d’une façon convenable, donne une liqueur dans laquelle se produit, d’une façon très nette, un précipité de silicomolybdate de cæsium, mélangé d’un peu de silicomolybdate de rubidium, Par l’addition d’une petite quantité d’acide silicomolybdique.
SILICOMOLYBDATES BLANCS
Outre les silicomolybdates jaunes que nous avons décrits, il existe d’autres combinaisons salines renfermant de la silice et de l’acide molybdique combinés. Ces sels sont blancs et se produisent dans un certain nombre de circonstances; ils se forment, en général, en même temps que les sels jaunes. On obtient encore des silicomolybdates blancs quand on attaque la silice gélatineuse par des mo- •ybdates très acides à l’ébullition ou en tubes scellés, ou par la décomposition par la chaleur des sels jaunes. Ils sont tous peu solubles ; leur forme cristalline diffère de celle des sels qui leur ont donné naissance, et l’acide fluorhydrique ne leur enlève pas toute la silice qu’ils renferment. Leur étude reste à être faite : elle présente des difficultés à cause du peu de solubilité de ces matières ; on ne les obtient pas facilement à un grand état de pureté.
ANALYSE DES SILICOMOLYBDATES
L’analyse des silicomolybdates est difficile à cause de la teneur faible de ces sels en matières autres que l’acide molybdique ; mais parmi tous les éléments qu’ils renferment, celui qui est le plus difficile à doser est la silice. Pour doser cet élément, les méthodes ordinaires ne peuventêtre appliquées, puisque l’on reproduirait, en les appliquant, les sels qu’il s’agit de décomposer. L’attaque de ces matières par le bisulfate de potasse en fusion, méthode qui a donné à Marignac de si bons résultats pour l’analyse des silicotungstates, échoue également et ne donne que des résultats peu certains. L’action des molybdates acides de soude et de potasse sur la silice m’a mis sur la voie d’un procédé qui permet de doser la silice à l’état cristallisé et qui pourra peut-être servir avantageusement pour l’analyse d’un certain nombre d’autres substances silicatées.
Quand on attaque la silice par des molybdates en fusion, on reproduit du quartz, quand l’opération est faite à la température la plus basse possible, de la tridymite, à haute température. Quand on pèse la silice employée et qu’on la compare à celle qu’on retrouve cristallisée, on constate qu’en employant des molybdates voisins de la neutralité il n’y a qu’une différence négligeable entre les nombres fournis par l’expérience ; avec des molybdates plus acides, il y a des différences, faibles toujours, mais d’autant plus grandes que le molybdale est plus acide. 11 faut donc deux opérations : dans la première, on fait fondre le silicomolybdate avec une quantité de carbonate alcalin inférieure à celle qu’il faut pour neutraliser tout l’acide molybdique; on obtient ainsi un résultat qui, comparé aux données fournies par le dosage des autres éléments, permet de calculer la quantité exacte de carbonate qu’il faut ajouter pour être en présence d’un composé à peu près neutre. La fusion du mélange donne alors, à l’état cristallisé, toute la silice contenue dans le silicomolybdate. Il faut aussi avoir soin que le mélange, fondu pendant un temps suffisant, pour que la cristallisation soit totale, soit refroidi le plus lentement possible.