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SULFATE VERT

Ou peut l’obtenir eu dissolvant l’hydi’ate de sesquioxyde de chrome dans l’acide sulfurique concentré. La dissolution, qui se fait avec facilité pour peu que Tou élève la température, fournit un liquide renfermant toujours un excès d’acide sulfurique.

Il vaut mieux chauffer le sulfate violet qui, en fondant dans son eau de cristallisation, passe rapidement à la modification verte. Si Ton dissout le sel violet dans l’eau, et qu’on chauffe le liquide entre 65 et 70 degrés, il devient vert et abandonne sprès évaporation une masse verte incristallisable.

Le sulfate vert de chrome est soluble dans l’alcool ; cette propriété permet de le séparer facilement du sel violet.

Lorsqu’on ajoute du chlorure de baryum en excès à une solution de sulfate vert, tout Tacide sulfurique n’est pas précipité immédiatement ; une partie de cet acide reste dans la liqueur, et forme avec la baryte et To.xyde de chrome une combinaison soluble, instable, qui se détruit à TébuUition [Lœwel. Ann. de ch. et de ph. (3), t- XIV, p. 2441.

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Une solution concentrée de sel vert, surtout si elle contient un faible excès d’acide, passe en quelques jours à la modification verte.

Siilfatoi» l»af*ic|iicM <lc neiifiuloxydc tic cliroinc. — Berzélius, dans son traité de chimie, mentionne l’existence de deux sulfates basiques de sesquioxyde de chrome ayant pour formule Cr^O“, aSO’ et 3Cr^O^, aSO^ Le premier de ces composés s’obtient en dissolvant le sesquioxyde de chrome hydraté dans de l’acide sulfurique légèrement étendu. La solution verte, ainsi préparée, fournit, après évaporation, un résidu vert, soluble dans une petite quantité d’eau et se précipitant en présence d’un excès de liquide.

Le sulfate de formule 3Cr*0^ aSO'* s’obtient en faisant bouillir la solution du sulfate précédent, ou oû précipitant incomplètement le sulfate neutre par la potasse ou la soude. C’est une poudre d’un vert clair très hygroscopique qui, desséchée à loo degrés, renferme a8,35 d’eau pour loo. Le sel est soluble dans les acides, mais sa solubilité diminue à mesure que la température s’élève. Calciné avec les alcalis ou les carbonates alcalins, il se décompose incomplètement.

fies deux sulfates basiques ne présentent aucun indice de cristallisation.

SULFATE ROUGE INSOLUBLE (Cr^O», 3S0“, SOMIO)

Préparation. — On obtient ce composé en cliauffant le sulfate de chrome hydraté en présence d’un excès d’acide sulfurique sans porter ce dernier à l’ébullition. Si l’acide est en grand excès, la liqueur se trouble et il se dépose une poudre lie couleur fleur de pêcher dont la teinte s’affaiblit par refroidissement. Avec une faible quantité d’acide, il reste une matière transparente, fondue, d’un jaune clair, qui, après évaporation, fournit le sulfate rouge.

Traube l’a préparé en mettant en présence d’un excès d’acide sulfurique à chaud de l’oxyde de chrome hydraté, un sel de chrome ou un chromate [Ann. de Millon et Reiset, 1849, p. i46J.

La meilleure méthode de préparation est celle de Kopp. Elle consiste à projeter peu à peu du bichromate de potasse en poudre dans un grand excès d’acide sulfurique monohydraté, maintenu à une température un peu inférieure à celle de son point d’ébullition. 11 se précipite une poudre violacée cristalline, et il ne reste point trace de sel de chrome en solution dans l’acide. Le précipité est filtré sur du coton de verre, lavé à l’eau et séché [Kopp. Comptes rendus, t. XVlll, p. ii56].

Propriétés. — Ce sulfate, d’une couleur rougeâtre à la lumière solaire et verte à la lumière du gaz, est insoluble dans l’eau et les acides. 11 n’est pas décomposé par les solutions alcalines à la température ordinaire ; à l’ébullition, la potasse ne le décompose qu’incomplètement. La chaleur le transforme en sesquioxyde de chrome, acide sulfureux et oxygène.

ALUNS DE CHROME

Le sulfate de sesquioxyde de chrome Cr^U», 5S()^ peut s’unir aux sulfates alcalins et fournir une série de sels doublas dont la formule générale est :

(;r20;i, âsoa, RO, SO», J 4 IIO.

fies composés ont la même constitution et renferment la même proportion d'eau «lue les aluns, sels doubles d’alumine de forme.

Ain)», 5SO», RO, so», 34HO.

Ils sont isomorphes avec eux, cristallisent tous dans le système cubique. A cause de la similitude de leurs propriétés, on a donné le nom d’aluns de chrome à ces sulfates doubles d’alcali et de sesquioxyde de chrome.

Comme tous les. sels de chrome, ces composés peuvent nous donner des sèls verts et des sels violets. Si nous maintenons quelques instants un alun violet à la température de 100 degrés, il se transformera en un sel vert incristallisable.

On avait pensé que le sel vert n’était qu’un mélange des deux sulfates. Cette supposition était fondée en partie sur ce que les .sels doubles ne cristalILseiit pas, et en partie sur une assertion de Fi.scher, d’après laquelle la solution d’alun vert, soumise à l’évaporation, laisse cristalliseri.solément le sulfate dépotasse, tandis que le sulfate de chrome reste comme résidu.

Schrtetter a démontré depuis que le sulfate de pota.sse ne se. sépare dans ces conditions qu’en très petite quantité, et que lorsqu’on ajoute de l’alcool à la solution verte, le sel double se précipite sous forme d’un épais sirop de couleur vei'te. L’alcool se colore très légèrement en vert, et il se dépose sur les jmrois du vase un peu de sulfate de potasse, correspondant au sulfate de, chrome libre que l’alcool dissout. Si la combinaison des deux sels n’existait pas dans la modification verte, le sulfate de chrome se dissoudrait entièrement dans l’alcool et le sulfate de iwtasse serait précipité.

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