H) ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
gène ; avec l'argent, la réaction change de sens suivant la température ; à loo degrés l’argent le réduit et se transforme en sulfate, tandis qu’à la température ordinaire, le sulfate d’argent est réduit par le sulfate ferreux avec dépôt d’argent.
Traité par un carbonate alcalin, le sulfate ferrique donne, après quelque temps, un précipité stable de sulfate basique ; si l’on précipite cette dissolution par l’alcool, on en sépare un sulfate double de sesquioxyde do fer et do potasse.
Voici, d’après Franz, la densité des solutions de sulfate ferrique de concentrations différentes.
Densités des solutions de sulfate ferrique.
QUANTITÉa
de sulfate
QUANTITÉS
de sulfate
p. lüO.
BKNSITÉS.
QUANTITÉS
QUANTITÉS
(te snifato
1, 364fi
1,oS^o
I, io 4 j
i,8(xi6
I,liâo
ib
Niiirnto Fe*0''aS0^. — On obtient ce composé basique au moyen du sulfate normal en le neutralisant partiellement au moyen du carbonate de chaux jusqu’à ce que le précipité qui se forme tout d’abord et qui dispai-aît reste permanent; on filtre alors la liqueur qui contient en solution le sulfate Fe20^•>,S0^ Si la réaction se fait à chaud le bisulfate formé est insoluble.
On peut aussi préparer ce corps en dissolvant dans du sulfate normal le sulfate ;iFe®0^, SO®; mais il ne .s’en dissout pas assez pour transformer'tout le sulfate normal. La dissolution de ce sulfate à a équivalents se transforme lorsqu’elle est abandonnée à elle-même en un mélange de sulfate basique aFe20^,S0“ qui se dépose et de sulfate normal ; mais cette décomposition est limitée par la réaction inverse. Ce sulfate forme des sels doubles avec les sulfates alcalins et il a pour ces sels une affinité plus grande que le sulfate normal car il déplace ce dernier dans les aluns.
On peut aussi faire digérer le sulfate normal avec de l’hydrate de sesquioxyde de fer.
Meister a décrit un hydrate de ce corps, provenant d’un mordant employé en teinture, qui s’était déposé .sous forme de cristaux clinorhombiques ; ils éUiient peu solubles à froid, et ils se décomposaient à l’ébullition ; cet hydrate contenait i5 équivalents d’eau; i;>. seulement partaient à uo degrés.
Hiilfate SFe^O^SSO^. — Ce compo.sé s’obtient par l’action ménagée de l’acide azotique sur un mélange de sulfate de protoxyde de fer et d’acide sulfurique. Au début, il se dégage des vapeurs rutilantes ; on ne doit ajouter l’acide azotique que peu à peu et lorsque les vapeurs ont cessé, on ajoute une nouvelle dose de sulfat(t
•lOANNIS. - LE FEU ET SES COMPOSÉS.. 91
fei’rpux on poudre. On obtient ain.^i une solution d'un rouge très foncé, peu stable f'n présence de l’eau ; un excès d’eau le décompose en sel normal et sol basique [Monsel].
8iiirat« !<Fe20’,5S03. — Ce sulfate se trouve dans la nature sous deux formes diflérentes, la copiapite et la fibroferrite. C’est aussi, d’après Wittstein, le produit c|ui se forme dans l’oxydation du sulfate de protoxyde de fer.
Sulfate Fe^O^,SO^.—On l’obtient par un procédé analogue à celui qui donne le sulfate à 2 équivalents d’acide, mais on traite le sulfate normal par du carbonate de pousse au lieu de carbonate de chaux ; il se forme un sulfate basique de sesquioxyde de fer et de potasse qui e.st décomposé à l’ébullition en donnant un précipité d’un jaune, rougeâtre. Cette poudre contient 5 équivalents d’eau Fe®Oa,SO“,3HO [Soubeiran].
Sulfate !).Fe^O®,SO'*. — On l’obtient en précipitant le sulfate normal par une quantité d’ammoniaque insuffisante pour précipiter tout l’oxyde. Il se forme aussi dans l’oxydation à l’air du sulfate de protoxyde de fer ; il se trouve dans la nature dans le voisinage de ce dernier corps. D’après Wittstein, le corps qui résulte de cette oxydation répond à la formule aFe^O^ôSO^.SHO. Il existe à l’état anhydre et à l’état d’hydrate à fi équivalents ; il est alors d’une teinte plus pâle que lorsqu’il ne contient pus d’eau [Herzelius, Soubeiran]. Il se forme aussi dans la décomposition du sulfate uorinal en présence de l’eau.
Sulfate ôFe^O’,SO^. —C’est un corps qui se précipite ([uand on fait bouillir une solution assez étendue de sulfate normal ; cette précipitation est plus facile en présence du sulfate de potasse. Séché à loo degrés, il contient '\ équivalents d’eau (4,5, suivant Scheerer).
Sulfate 4FeH) ',SO'‘. — Il s'obtient, d’après Anthon, en précipitant le sulfate noroial par l’acétate de baryte ; il se forme un dépôt de sulfate de baryte et des flocons Jaunâtres que l’on sépare par lévigation,
Fc203 88,6 pour loo S03 ii,38.
Niilfutc fiFe20“,S0®. — C’est un produit delà calcination de l’alun; c’est une masse brune insoluble dans Teau et un peu soluble dans l’acide chlorhydrique ehauffé. Elle contient m équivalents d’eau. La formule de ce corps serait, d’après Scheerer:
7Fe203,S03,7H0.
Niiifatt^ 7Fe20^S0L— Ce corps a été trouvé en Norvège, à Modum, sous forme d’une masse brune, elle contient lO équivalents et demi d’eau; on l’obtiendrait, <l’après Scheerer, dans la calcination de l’alun.
Iluinito lmMlt|n« «lo «omniloxycle rte fer et il’ammoniatiiie. —
Quand on expose à l’air une solution étendue d’azotate et de sulfate de fer, il se forme
9a KNCYCLOl’KDIK CHIMiyri).
un précipité couleur de rouille (jui est un sulfate basique de sesquioxyde de fer et d’ammoniaque [Berzelius], Quand on ajoute de l’ammoniaque à une solution de sulfate double de sesquioxyde de fer et d’ammoniaque, jusqu’à ce que le précipité commences à ne plus se redissoudre, on obtient une liqueur qui laisse déposer des cristaux transparents d’un brun jaunâtre [Maus. Pogg., XI, 79J.
La composition de ce sulfate répond à la formule
3 (AzH‘ 0,S03) + Fe203,iS03, + HO.
Quand on mélange du sulfate d’ammoniaque et du sulfate ferrique normal, on obtient des cristaux octaédriques ou des cubo-octaédres dont la deasité est 1,71'».. Ce corps appartient à la famille des aluns comme le montre sa composition ; AzH‘0,S03 + Fe90a,3S()“ + 24HO.
Nulfati* ImMhiiic €lo soaciiiloxytic de fci* et «le >«oud<‘. — Ce composé s’obtient par l’action des pyrites de fer sur l’alun de soude; on obtient une mas.se insoluble dans l’eau présentant la composition,
N’a0,S03 -f 4(Fe303,S03)9H0.
Hiill‘at<^ d<»iil>le «le HeM«|iil«>xy«le «le fei* et «le iMtlnMise. — Cet alun s’obtient en mélangeant tes solutions des deux sulfates et en faisant ciàstalliser la liqueur. Ce sont des octaèdres réguliers, incoloi'es ou d’un violet très pâle. Quand on les chauffci fortement, ils se décomposent en acide sulfuritiue, sulfate ferritiue normal, et sulfate •>. (R0,S03) + Fe2ü3,'>.S03.
On connaît d’autres combinaisons du sulfate de pota.sse et du sulfate de sesquioxyde de fer :
Huira.t«v K0,SO3 5('(F’e-03,3S03)-l- 18HO. — 11 s’ol)tient (luand on traiti^ |iai' l’eau chaude le sulfate jirccédent résultant de la calcination de l’alun.
Null'ate KO,Sü3 + 4(l‘'e^03,SO“) + <jHO. — On le trouve dans la nature sous forme d’une masse jaunâtre ocreuse d’une densité voisine de ;>,,8.
!>iiiirnl.«i a (K0,S03) -|- 5(Fe203,aS03) + aaHO. — Quand on traite du sulfate de sesquioxyde de fer normal i)ar du carbonate de, potasse justpi’à ce (pi’il commence à se former un précipité .permanent et que l’on précipite par l’alcool le liquide brun foncé ainsi obtenu, on recueille une masse orangée, qu’on lave à l’alcool. L’eau la décompose en mettant en liberté le sulfate ferricpie ba.si(|ue.
Hiiirut«v :>.(K0,S03) (FeHj3,aS03j-{pr)HO. — (Jn l’obtient par l’action de la potasse sur les dissolutions d’alun de fer. Ce sont des prismes à (i pans, tran.sparcnts, d’un brun jaunâtre. On peut aussi l’obtenir en ajoutant une solution bouillante de sulfate de potasse à une solution sursaturée de sulfate ferrique.
Kiill’at«> «l«‘ H«>H«|iil<txy«l(% d«s fei* t?t d'aliiiiiliie. — Quand on traite de l’hydrate d’alumine récemment précipité |)ar une solution de sulfate ferrique nor-
.lOAXMS. - LE EEU ET SES COMPOSÉS. g.'f
■liai, il se cuiiibiiie avec ce sulfate. La liqueui- ne contient ([u'une petite (|iiantité il'alumine. Le dépôt formé, lavé à l’eau chaude, se dissout facilement dans l’acide sulfurique étendu ; lavé avec de la potasse, il lui cède une grande partie de son alumine.
État iVAtlhel. — Le fer se trouve dans la nature combiné à l’acide sulfurique sous différentes formes, que nous allons passer en revue. La plupart du temps, ces sels proviennent de l’altération des pyrites de fer.
Fer sulfaté vert (i)-— Ce sel se produit dans les mines par la décomposition des pyrites de fer. Très soluble dans l’eau, il ne se trouve presque jamais en cristaux ; il est même rarement pur ; constamment associé à d’autres sulfates, il se présente sous la forme d’efflorescences verdâtres, ou sous celle de filaments soyeux, qui ont reçu le nom d’alun de plume ; il est alors le résultat d’un mélange de-sulfate de fer et de sulfate d’alumine; plus fréquemment encore il imprègne des matières terreuses que l’on voit s’effleurir à l’air. Sa couleur verte et son goût styptique le font reconnaître immédiatement.
Fer aiilfaté rouKo (■>.).—Ce sel est un produit de la décomposition des pyrites. On l’a trouvé dans plusieurs localités, notamment dans la mine de cuivre de Fahlun, où il forme des dépôts à la fois sur le gypse et sur la pyrite de fer. Tantôt d’un l'ouge hyacinthe ou d’un jaune d’ocre, il est transparent et tendre. 11 prend d(! l’éclat sous le couteau. Sa forme cristalline ordinaire est un prisme rhombo’idal oblique, dont l’angle obtus est de ii9“Gfi', et l’inclinaison des faces sur la base est de ii3 °.57'. Les cristaux sont groupés sous forme botryo’ide. Sa pesanteur spécifique est de a,o3(). 11 se dissout lentement dans l’eau. 11 s’altère à l’air humide, mais il se conserve dans Tair sec.
Sa formule est :
KeOSOa + FeiOSiSOa.
Coi|tiiml)ite-Coi>latiie- — Ces noms ont été donnés à deux sulfates de fer trouvés dans les mines de cuivre de Copiapo, situées dans la province de Coquimbo, au Chili. Ils proviennent l’un et l’autre de la décomposition des pyrites de fer.
Le plus fréquemment, ils fout partie des mêmes échantillons et sont adhérents l’un à l’autre. Ils sont l’un et l’autre des sulfates de peroxyde ; il se pourrait qu’ils appartinssent à la même espèce, attendu qu’ils ont la même forme cristalline.
tfoquImWte. —Lacoquimbite que Henri Kose a fait connaître est regardée par ce savant comme un sulfate neutre de peroxyde de fer ; ce sel est à la fois on grains et cristallisé ; les cristaux sont des prismes à six faces, surmontés d’un pointement à six faces placé sur les arêtes de la base. Les angles de ces cristaux sont P sur b' ==: i5i degrés, M sur b' = irg degrés, b' sur b* = iao”8'. Il existe des clivages peu distincts parallèlement aux faces M. La coquimbite est blanche, ce qui l’a fait désigner par quelques personnes sous le nom de couperose blanche.
il) Dufrénoy, t. II, p. 666.
(2) Dufrénoy. Traité de Minéralogie, l- IL p, 66S.
91 ENCYCLOI'KDIE CHIMIQUE.
Cependant elle passe au jaune et même au brun ; quelques échantillons ont une teinte violacée. Sa pesanteur spécifique est de 2, i ; elle a un goût fortement astringent, elle est soluble dans l’eau. La solution de coquimbite chauITée laisse déposer du peroxyde de fer. Sa composition est :
Fe203,3S0«,9II0.
CoplRitlto. — La copiapite porte, par opposition avec la coquimbite, le nom de couperose jaune; elle le doit à sa teinte jaune pas.sant au brun ; elle se trouve eu grains, en petites tables hexagonales et en masses fibreuses.
Laurence Smith (i)a représenté la composition de la coquimbite parla foi'iiiule
FeiOSaSÜSjiHO.
Sa pesanteur spécifique est, d’après ce chimiste, de i,84.
Prideaux a donné à la copiapite fibreuse qu’il a analysée, le nom de fibro feridte.
Apatélltt^ (2). — Meillet a désigné par ce nom un sulfate de fer recueilli dans les lignites d’.Auteuil, et qui ressemble à la copiapite.
Pittizito. — Ce minéral, ordinairement brun, quelquefois de couleur très foncée, passant même à la couleur noire, à poussière jaune, à éclat résineux, présente des compositions différentes, qui ont donné lieu à des divisions eu espèces. Beudant a séparé la pittizite de la sidéritine ; il considère la première comme composée exclusivement d’acide sulfurique, de peroxyde de fer et d’eau ; la seconde contient en outre de l’acide arsénique. .4 ces deux espèces, Hreithaupt (3) en a ajouté une ti-oisième, sous le nom de diadochite, dans laquelle l’acide sulfüri(|ue est allié à de l’acide phosphorique.
Les différentes analyses de ces substances ne donnent aucunes proportions fixes entre leurs parties composantes, et ([uand on étudie les caractères, et surtout le gisement de ces minéraux, on reconnaît qu’ils ne peuvent présenter des éléments en proportions déterminées, attendu qu’ils sont constamment le pi'oduit de décompositions. Ceux qui ne contiennent que de l’acide sulfurique, sont le résultat de la décomposition des pyrites ordinaires. La pittizite arsénifère est formée par les arséniosulfures. Quant à la diadochite, elle est le produit de l’altération de pyrites associées à des phosphates.
La pittizite est très tendre, fragile ; elle s’écrase entre les doigts et se brise même par la chaleur de la main ; elle donne beaucoup d’eau quand on la chauffe dans le tube, et laisse, dans la plupart des cas, une poussière rouge, qui devient attirable par une calcination plus prolongée. C’est un sulfate de fer basique.
(1) Améric /. (î), XVlll, p. 375
(î) Annales des mines, (4), t. III, p. 808.
(3; Annales de Poggendorff, vol. XXVII, p. 310.
TELLURITES, TELLURATES
Ces corps sont peu connus :
Tollnrlto, ferreux. — Ce sont des flocons légers, d’un gris jaunâtre, que l’on obtient par double décomposition.
Tellurlte ferrltiiie. — Précipité jaune obtenu d’une façon analogue.
Tellurate ferreux. — Précipité blanc qui s’altère à l’air en devenant d’abord verdâtre puis d’une couleur de rouille.
'Tellurate ferrlffiie. — Précipité jaune soluble dans un excès de sel ferrique employé.
Hulfotellurite ferreux. — Précipité noir.
Kuifotellurite ferrl«iue. — Précipité brun facilement fusible [Berzelius].
SÉLÉNITES, SÉLÉNIATES
^élëiilte de iirntuxyde »ie fer. —On l’obtient par double décomposition. C’est un précipité blanc, qui devient gris, puis jaune lorsqu’il reste exposé à l’air. L’acide chlorhydrique le décompose quand il est récemment précipité ; il se forme de l’acide sélénieux, du perchlorure de fer et une partie du sélénium est mise en liberté.
On obtient un composé plus acide en dissolvant le précédent dans l’acide sélééieux; mais il ne tarde pas à se précipiter de nouveau (?) [Berzelius]; il est peu soluble dans l’eau et sa solution, quand on la chauffe, donne un précipité brun composé de sélénite, de sesquioxyde de fer et de sélénium.
Sélénite de ptesiialoxydc de fer. — On obtient un selenite ferrique eu hiettant l’un des corps suivants on contact avec de l’ammoniaque. On obtient ainsi Une poudre insoluble dans l’eau, mais assez fine pour passer à travers les filtres. Sa composition (48 pour loo de sesquioxyde de fer) répond à peu près à celle d’un Sésquisélénite de sesquioxyde de fer.
On obtient, d’après Muspratt, un sélénite ayant pour formule Fe^O’, 3SeO*, 4HO par double décomposition. C’est un précipité blanc devenant jaune en séchant.
Quand on dissout du fer dans un excès d’acide sélénieux mêlé d’acide azotique, on obtient une liqueur qui cristallise par refroidissement en donnant de petites lamelles vert pistache. 11 est insoluble dans l’eau, mais soluble dans certains acides ; *^a dissolution dans l’acide chlorhydrique est d’un jaune orangé. Quand on chauffe
!«i L:.\(;v(;Loi*Ki)ii': ciiiiiKjUE,
eus ci'isUmx ils iiui'tluiil luiir eau et deviunueiit noirs ; mais par relroiilisseineiit leur couleur passe au rouge. Sa eonipositiou |)arait répondre à la formule : Fc303,(i8cü2 + Aq.
Néléiiiate île pi'atoxytlo «le for. — On oljtieut ce corps, d'après W'oliluill, en traitant de l’acide séléni(|ue étendu par du fer. Il pei'd facilement son (xiu quand on le chauffe ; .suivant la température de la cristallisation, il crisUdlise dilféremmenl, ■sa formule est :
KeOScü3,7llO.
Nvlûiilato clf! MCM«iiiioxy<l<‘ «Iv foi*. —On l'obticmt |)ar double décompO' sition; il ressemble au sulfate ferrit|ue et paraît donner comme lui des sels basiques.