COMBIN.VISO.NS DU SESQUIOXYDE DE CHROME AVEC LES PROTOXYDES
Ces composés, aujourd'hui assez nombreux et auxquels on donne parfois le nom de chromites, .sont des corps analogues au fer chromé. Cette dernière substance peut en effet être considérée, ainsi que Ta démontré Vauquelin, comme résultant de la combinaison du protoxyde de fer avec le sesquioxyde de chrome. Elle aurait pour formule FeO, Cr-0^.
CHROMITE DE BARYUM (BaO, Cr^O»)
Poudre cristalline très dense, d’une couleur verte. On l’obtient eu chauffant au rouge dans un creuset un mélange de bichromate de potasse et de chlorure de baryum. La masse obtenue est lessivée à l’eau bouillante, puis traitée par Tacide chlorhydrique. Ce procédé permet d’obtenir la plupart des chromites [Gerber. Ihill. de la- Société chimique de Paris, t. XXVII, p. /|5,5J.
CHROMITE DE CALCIUM (CaO, Cr^O’)
Poudi’e cristalline d’un vert olive presque noir, préparée par l’action du chlorure de calcium sur le bichromate de potasse [Gerber].
Pelouze avait obtenu par voie humide un chromite de calcium très instable, et dont la composition répond à la formule CrâO^ eCaO. Ce composé, chauffé au contact de l’air, se transforme facilement en chromate [Ann. de ch. et de ph. (5), t. XXXIII, p. g].
CHROMITE DE MAGNÉSIUM (MgO, Cr^O»)
Ebelmen a obtenu ce cliromite en chauffant pendant plusieurs jours, dans un four à porcelaine, un mélange d’acide borique, de sesquioxyde de chrome et d’oxyde de magnésium. L’acide borique s’évaporait lentement et le chromite se formait à l’état cristallin.
Si l’on porte au rouge uu mélange de bichromate de potasse et âe chlorure de magnésium, on obtient, après lixiviation, une poudre jaune amorphe, légère, répondant à la formule MgO, Cr*0® [Gerber].
EXCYCLÜI'ÉliIE CHIMIQUE.
CHROMITE DE ZINC (ZnO, Cr^O»)
On peut le préparer par le procédé d’Ebëlmen. Gerber a obtenu, en employant la double réaction déjà indiquée, une poudre d’un brun violacé, légèrement soluble dans l’acide sulfurique.
CHROMITE DE FER (FeO, Cr^O»)
Le chromite de fer, ou fer chromé, se rencontre dans la nature en masses noires très dures, présentant des parties cristallines brillantes, entourées d’une gangue de composition variable.
Ce chromite de fer est le seul minerai de chrome qui se présente en quantité assez abondante pour être employé dans la fabrication industrielle des chromâtes. Il a été rencontré tout d’abord dans le département du Var, auprès de Fréjus. Il se trouvait à l’état de rognons disséminés dans une serpentine. Depuis, on a reconnu sa présence dans les monts Ourals, en Sibérie, dans la Turquie d’Europe et aux États-Unis. Les principaux gisements sont ceux de Daltimore, des îles Shetland et de Chetterwutz aux États-Unis.
Les analyses suivantes démontrent coml)ien peut varier la composition du fer chromé.
Ballimore Iles Shetland Saml-Dominique
(Thomson) (Thomson) (Berlhior)
Oxyde de clironie. 59,95 56 3b
Oxyde de for. 3o,44 3i 07
Alumine. i3 ui,5
Silice. — — 5
Vauquelin a reproduit ce composé à l’état amorphe de la façon suivante : il précipitait par un alcali un mélange à équivalents égaux de sel de sesquioxyde de chrome et de sel de protoxyde de fer. La partie insoluble filtrée était ensuite desséchée, puis fortement calcinée. On obtenait dans ces conditions une matière analogue au fer chromé.
Ebelmen, en chaufifant un mélange d’acide borique, de protoxyde de fer et de sesquioxyde de chrome dans un four à porcelaine, obtint le fer chromé cristallisé, tel qu’on le rencontre dans la nature [A.nn. de ch. et deph. (3), t. XXXIII, p. .45J.
On peut encore obtenir le chromite de fer en calcinant un mélange de bichromate de potasse et de protochlorure de fer. Après lavage de la masse à l’eau bouillante, on obtient une poudre noire au milieu de laquelle se distinguent un grand nombre de cristaux brillants [Gerber].
CHROMITE DE CUIVRE (CuO, Cr=0’)
Poudre noire, cristalline, inattaquable par l’acide chlorhydrique concentré. On peut l’obtenir en calcinant un mélange de chlorure de cuivre et de bichromate de potasse [Gerber] ; mais il est plus facile de décomposer au rouge le chromate de cuivre.