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ACIDE FUMANT

Hvdrogène.

Insoluble.

Insoluble.

Oxyde de carbone.

Insoluble.

Insoluble.

Gaz des marais.

Très peu soluble.

Très peu soluble.

Hvdr. d’éthylène.

Très peu soluble.

Très peu soluble.

Hydr. de propylène.

Très peu soluble.

Très peu soluble.

Hydr. de butylène.

Très peu soluble.

Très peu soluble.

Éthylène.

Soluble très lentement.

Soluble lentement.

Propylène.

Soluble.

Soluble rapidement.

Butylène.

Soluble.

Soluble rapidement.

Vapeur d’amylène.

Soluble.

Soluble rapidement.

Acétylène.

Soluble lentement.

Soluble.

Allylène.

Soluble.

Soluble rapidement.

Vapeur d'alcool.

Très soluble.

Très soluble.

Vapeur d’éther.

Soluble.

Soluble.

L’acide sulfurique est encore fréquemment utilisé dans les manipulations analytiques comme agent desséchant. Le contact d’une goutte ou deux d’acide ordinaire Suffit pour éliminer très promptement d’un mélange gazeux toute trace de vapeur aqueuse. On s’en sert aussi pour enlever les vapeurs ammoniacales, par exemple après qu'on a fait agir sur un gaz le chlorure cuivreux ammoniacal.

L’acide sulfurique ne peut pas toujours être employé à la dessiccation des gaz. En effet, il agit énergiquement sur un grand nombre de gaz (voyez p. 34). En pareil cas, on se sert d’un fragment de potasse ou de chlorure de calcium fondu.

• 7. Brome. — Le brome sert à séparer ou à doser les carbures éthyléniques, et en particulier l’éthylène (celui-ci n’étant pas absorbé par l’acide sulfurique, tandis que ses homologues supérieurs le sont aisément). L’usage de ce réactif a été introduit par M. Berthelot, qui en a souvent fait usage au cours de ses recherches sur la composition des gaz pyrogénés (voyez p. 106).

Le brome du commerce est suffisamment pur pour les besoins de l’analyse des gaz. Quelquefois, cependant, lorsqu’il est nécessaire, après l’absorption, de constater s’il s’est formé un carbure bibromé tel que C 4 lI 4 Br s , il est utile de vérifier d’avance si le brome employé ne laisse par lui-mème aucun résidu liquide inso-

lubie sous l’action d’une lessive alcaline ou d’une solution d’acide sulfureux.

Le brome attaquant le mercure, il est nécessaire de l’employer sur l’eau, Si l’on prend quelques précautions, les inexactitudes résultant de la présence de l’air dissous dans l’eau, qui peut se mélanger au gaz, sont à peu près complètement évitées, et ce mode d’analyse est à peine moins exact que les mesures faites sur le mercure dans les conditions ordinaires. Voici, d’après M. Berthelot, comment on procède.

Le gaz, ou le mélange gazeux à traiter par le brome, est introduit dans un tube gradué ; ce gaz est généralement un résidu d’analyse sur lequel on a fait agir déjà divers réactifs, tels que la potasse, le chlorure cuivreux, acide et ammoniacal, l’acide sulfurique, etc., ne contenant plus, en un mot, de gaz notamment absorbables par l’eau. On transporte ce tube du mercure sur l’eau, en le bouchant avec le doigt et en le plongeant dans un verre plein d’eau ; le mercure tombe au fond du verre lorsqu’on ôte le doigt, et se trouve remplacé dans le tube par de l’eau. Le verre et le tube sont ensuite plongés dans une cuve à eau, ou plus simplement dans une grande terrine (fig. 61.) Après avoir maintenu quelque temps le gaz sous F eau pour lui en faire prendre la température, on fait la lecture du volume.

Pour manier le brome sans difficulté, on a placé d’avance, au fond de la terrine, un petit verre V contenant un peu de brome; on en verse une quantité convenable (quelques gouttes suffisent en général), dans un petit tube bouché, d’une capacité de 1/2 ou 1 centimètre cube; cette manipulation se fait entièrement sous l’eau, de sorte qu’on évite les vapeurs désagréables du brome. Le petit tube, entièrement ou partiellement plein de brome, est alors introduit dans le tube gradué qu’on ferme avec un bouchon B. Ce bouchon doit être percé d’un trou dans lequel passe un bout de tube capillaire. On agite le tube gradué en fermant l’orifice avec le doigt : les vapeurs de brome se répandent dans l’atmosphère gazeuse et y produisent l’action voulue; si l’absorption est rapide et considérable, il faut laisser à mesure rentrer l’eau par le petit tube capillaire, de manière à éviter qu’il se produise un vide dans le tube gradué ; car, en ce cas, les gaz de l’eau se dégageraient en proportion plus ou moins grande, et fausseraient les résultats de l’analyse. Quand on juge l’absorption terminée (ce qui a lieu très rapidement pour l’éthylène et ses homologues ; l’acétylène, au contraire,

reste souvent quelque temps au contact avec le brome sans réagir, puis la combinaison a lieu tout à coup; la vapeur de benzine n’est absorbée que lentement), on retire le bouchon du tube gradué en plaçant son extrémité au-dessus du petit verre à brome, où retombe le petit tube et l’excès de brome liquide ; puis, on fait passer dans le tube gradué un fragment de potasse solide, et l’on agite quelques instants en bouchant avec le doigt, pour absorber la vapeur de brome en excès qui augmente notablement la tension réelle du résidu gazeux; enfin, on fait la lecture du volume.

Si la dose de gaz absorbable est très faible, il faut éviter que le tube soit trop rempli, car l’augmentation de volume produite par la grande tension de vapeur du réactif pourrait déterminer la sortie d’un peu de gàz lorsqu’on vient à retirer le bouchon.

Le tube est ensuite reporté sur le mercure; on extrait l’eau qu’il contient, et on. continue l’analyse (recherche des carbures forméniques, de l’oxygène, de l’hydrogène, de l’azote).

8. Chlorure cuivreux dissous dans l’acide chlorhydrique.—Le chlorure cuivreux dissous dans l’acide chlorhydrique, est le réactif absorbant de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène phosphoré. On le prépare très facilement de plusieurs manières : soit en dissolvant le chlorure cuivreux précipité lui même dans l’acide chlorhydrique ordinaire, soit en dissolvant à chaud, dans l’acide chlorhydrique, du cuivre métallique ou de l’oxyde de cuivre; on obtient ainsi une dissolution d’un brun noir, en partie perchlorurée par le contact de l’air; on la verse dans des flacons remplis de tournure de cuivre et bien fermés avec des bouchons de caoutchouc. Au contact du cuivre métallique, le chlorure est entièrement réduit à l’état de chlorure cuivreux et la solution finit par se décolorer complètement. En même temps, si la proportion de cuivre dissoute est assez grande, il se dépose, dans le fond du flacon et sur la tournure de cuivre qu’il renferme, des cristaux brillants de chlorure cuivreux ; de sorte qu’on renouvelle aisément la provision de réactif, en ajoutant, de temps à autre, de l’acide chlorhydrique pour dissoudre les cristaux qui se sont formés. Le cuivre finit lui-même par disparaître peu à peu.

Le chlorure cuivreux acide absorbe rapidement l’oxygène; on doit donc le manier autant que possible à l’abri de l’air.

Il attaque assez énergiquement le mercure; on peut, néanmoins, l’employer sur la cuve sans crainte d’altérer profondément la masse du métal.

Le réactif cuivreux est principalement usité pour séparer et doser l’oxyde de carbone. Les solutions concentrées absorbent environ vingt fois leur volume de ce gaz. Quand le liquide est légèrement teinté de brun (par suite de son contact avec l’air), il se décolore en présence de l’oxyde de carbone.

Le dosage de l’oxyde de carbone par le chlorure cuivreux ne peut se faire évidemment qu’après la séparation de l’oxygène et de divers autres gaz absorbés par le réactif ( gaz alcalins, hydr. phosphoré, hydr. arsénié, etc.). Après l’absorption, il faut, si l’on veut faire une lecture exacte, éliminer le réactif, et faire passer dans le gaz résidu un fragment de potasse, afin d'enlever les vapeurs chlorhydriques qu’il peut contenir.

L’hydrogène phosphoré est aussi absorbé en grande quantité par le chlorure cuivreux acide: Ainsi, d’après M. Riban, l'° de solution cuivreuse contenant 0 S ',202 de chlorure Cu s Cl peut absorber jusqu’à 132 cc d’hydrogène phosphoré. .

Le chlorure cuivreux est, pour l’oxyde de carbone et pour l’hydrogène phosphoré, un excellent réactif, en ce sens, qu’on peut, en chauffant légèrement le réactif, régénérer à l’état de pureté les gaz absorbés et les caractériser par d’autres réactions. Au contraire, l’oxygène, l’hydrogène arsénié, également absorbés por le réactif, ne sont pas mis en liberté sous l’action de la chaleur.

9. Chlorure cuivreux ammoniacal. — Le chlorure cuivreux ammoniacal se prépare en dissolvant le chlorure cuivreux solide dans l’ammoniaque, ou mieux en ajoutant de l’ammoniaque à la solution chlorhydrique de chlorure cuivreux. Pour éviter le contact de l’air, on opère dans un ballon à moitié rempli de solution chlorhydrique et plongé dans une terrine d’eau froide; on y verse rapidement de l’ammoniaque jusqu’à ce qu’on voie apparaître une coloration brun verdâtre, qui devient bleue au contact de l’air. Généralement, il se forme en même temps un précipité de chlorure cuivreux en excès. On laisse refroidir un peu le ballon après l’avoir bien bouché ; puis on introduit le liquide bleu dans des flacons entièrement remplis de tournure de cuivre et fermés avec un bouchon de caoutchouc ; au bout d’un certain temps, le cuivre réduit à l’état de protochlorure ammoniacal le bichlorure formé au contact de l’air; le réactif finit ainsi par devenir à peu près incolore ; s’il est tout à fait concentré, on ne parvient guère à lui enlever complètement sa teinte bleue. Ainsi préparé, le chlorure cuivreux ammoniacal contient un grand excès de chlorhydrate d’ammoniaque, qui ne gêne nullement les réactions.

On peut vérifier la sensibilité du réactif, en introduisant quelques gouttes dans un petit flacon rempli de gaz d’éclairage; le.réactif est bon, s’il se produit dans ces conditions un précipité rouge violet d’acétylure cuivreux.

Le chlorure cuivreux est employé dans l’analyse des gaz pour caractériser et doser approximativement l’acétylène ; au contact de ce gaz, il donne un précipité d’un beau rouge, plus ou moins violacé si l’acétylène est en petite quantité. L’allylène est également précipité, mais en jaune.

Le chlorure cuivreux ammoniacal absorbe, en outi*e, l’oxyde de carbone et l’oxygène. Il faut donc, avant de s’cn servir pour doser l’acétylène, avoir préalablement éliminé ces deux gaz.

Les gaz, ayant subi l’action du chlorure cuivreux, renferment des vapeurs ammoniacales; avant de procéder aux lectures, on doit traiter le résidu par une goutte d’acide sulfurique, ou simplement par l’eau, si l’on fait les mesures sur des gaz humides.

10. Sulfate de protoxyde de chrome. —La solulion de sulfate de protoxyde de chrome est un réactif rarement employé; il jouit de propriétés hydrogénantes très marquées : par exemple, il absorbe d’abord l’acétylène, fixe sur lui deux atomes d’hydrogène, et redégage finalement de l’éthylène. Cette curieuse réaction a été signalée par M. Berthelot.

On prépare le sulfate de chrome dissous, en réduisant parle zinc une solution

d’alun de chrome. On opère à l’abri de l’air, dans un flacon entièrement rempli d'alun de chrome dissous et de tournure de zinc ; il se dégage de l’hydrogène qui s’échappe par un tube abducteur plongeant dans du mercure. Au bout d’un jour ou deux, la réduction est terminée, et le liquide bleu est transvasé dans de petits flacons, qu’on remplit entièrement et dont les bouchons sont garnis de suif. Pour éviter le contact de l’air, on transvase les solutions sous le mercure.

Lorsqu’on veut se servir de ce réactif pour transformer l’acétylène en éthylène, on l’additionne d’abord d’ammoniaque et de chlorhydrate d’ammoniaque.

L’oxygène et le bioxyde d’azote sont aussi absorbés par le sulfate de chrome.

il. Pyrogallate de potasse. — Les principaux réactifs, utilisés pour l’absorption de l’oxygène, sont le pyrogallate de potasse, le phosphore et l’hydrosulfita de soude.

Le pyrogallate de potasse se prépare dans l’éprouvette même où doit se faire l’expérience ; on introduit d’abord un fragment de potasse humide (on fait donc du même coup le dosage de l’acide carbonique), puis on ajoute, avec une pipette courbe, une solution aussi concentrée que possible d’acide pyrogallique. Cette solution se fait au moment même de l’expérience, par l’addition d’un peu d’eau à un grand volume d’acide pyrogallique solide ; en général, malgré la grande solubilité de l’acide pyrogallique, il reste une partie insoluble : C’est de l’acide gallique, qui constitue, en effte, l’impureté principale de l’acide pyrogallique du commerce.

Lorsqu’on fait passer la solution pyrogallique, à peu près incolore, dans un gaz contenant de l’oxygène en présence d’un excès de potasse, le liquide prend immédiatement une teinte brun foncé : c’est là un caractère très sensible de l’oxygène. On obtient, en eflet, cette teinte brune, même avec des gaz qui ne renferment que des doses non mesurables d’oxygène.

L’absorption de l’oxygène est d’ailleurs assez lente : il convient de la faciliter par une agitation énergique de l’éprouvette. Au bout de deux ou trois minutes, on fait une première lecture et on ajoute une nouvelle dose d’acide pyrogallique ; après avoir agité de nouveau, on constate si le volume n’a pas changé.

Comme il est nécessaire d’employer un assez grand volume de réactif, il est préférable, dans des expériences précises, de faire la solution pyrogallique avec de l’eau bouillie, afin d’éviter l'introduction des gaz dissous dans l’eau. Il faut, en outre, avant de faire la lecture définitive, séparer le gaz résidu au moyen de la pipette Doyère et le sécher avec une goutte d’acide sulfurique ou un fragment de chlorure de calcium; on supprime ainsi les erreurs dues à la tension de la vapeur aqueuse émise par la solution.

Le pyrogallate de potasse présente divers inconvénients : il est, d’abord, d’un emploi désagréable, à cause des taches noires très persistantes qu’il produit sur les mains, et qu’il est assez difficile d’éviter dans les analyses courantes sur la cuve à mercure. D'autre part, divers observateurs, entre autres Cal vert, Cloëz et Boussingault, ont signalé une cause d’erreur, assez insignifiante d’ailleurs, contre laquelle il est bon de se prémunir : En effet,lorsque le pyrogallate a été pendant quelque temps en contact avec l’oxygène, il dégage un peu

d’oxyde de carbone : ainsi Calvert (Comptes rendus, t. LVIII, p. 873) a observé la mise en liberté, dans certaines conditions, d’une dose d’oxyde de carbone pouvant s’élever à 2 p. 100 de la proportion d’oxygène absorbée.

Voici d’autres chiffres obtenus par Cloëz (Comptes rendus, t. LVII, p. 873):

Oxygène employé. 0 m ,3206

Acide pyrogallique. 2« r

Eau. 8s r

Potasse dissoute dans deux fois son poids d’eau. ...

ltésidu d’oxyde de carbone après quatre heures. 0 Ut ,01137

Mais, nous le répétons, cette cause d’erreur est insignifiante dans la plupart des cas, pourvu qu’on opère rapidement et en présence d’un excès de potasse.

Le bioxyde d’azote est aussi absorbé par le pyrogallate ; il se produit alors du protoxyde d’azote (voyez p. 85).

L’absorption de l’oxygène par l’acide pyrogallique exige la séparation préalable des gaz acides ou solubles dans la potasse, et celle du bioxyde d’azote.

12. Hydrosulfite de soude. — Dans beaucoup de cas, l’hydrosulfite de soude peut avantageusement remplacer le pyrogallate comme absorbant de l’oxygène. Ce réactif, découvert par M. Schutzemberger, est d’un emploi très commode, mais a l’inconvénient de ne pas se conserver. On le prépare facilement en versant dans des flacons pleins de tournure de zinc une solution de bisulfite de soude du commerce étendue de son volume d’eau environ. Le flacon étant bien bouché, la réduction du bisulfite s’opère peu à peu avec un échaufifement notable du liquide. C’est ce liquide même, sans autre purification, qu’on emploie au dosage de l’oxygène. Ses propriétés absorbantes persistent pendant un jour ou deux.

L’hydrosulfite de soude a été également employé avec succès pour le dosage de l’oxygène dissous dans l’eau (voyez p. 68).

13. Phosphore. — Le phosphore était autrefois le réactif le plus usité pour absorber l’oxygène ; il n’est plus guère employé.

On l’introduit dans les éprouvettes ou tubes gradués, soit sous forme de bâtons cylindriques, soit sous forme de petites sphères, fondues sous l’eau dans un moule à balle (voyez Eudiomètre de Bunsen, p. 164). Le phosphore doit être légèrement humide; l’absorption de l’oxygène ne se produit pas bien quand la température est trop basse (au-dessous de + 10”). Quand l’oxydation marche bien, on voit apparaître autour du bâton de phosphore des fumées blanchâtres. Avant la lecture, ces fumées doivent être absorbées au moyen d’un fragment de potasse*

14. Sulfate de fer. — Le sulfate de protoxyde de fer en solution concentrée est employé à l’absorption du bioxyde d’azote. Si la dose de gaz à absorber est un peu considérable, on introduit dans le tube, en même temps que la solution, un fcristal de sulfate de fer. L’absorption est assez lente. Une solution saturée né fixe guère qu’un peu plus du double de son volume de bioxyde;

Le dosage du bioxyde d’azote par ce réactif exige la séparation préalable des gaz acides ou solubles dans l’eau, bien que le sulfate de fer soit facilement

oxydable, la présence de l’oxygène est sans inconvénient, au moins dans une expérience de courte durée.

15. Sulfate de cuivre. — Le sulfate de cuivre absorbe l’hydrogène sulfuré, l’hydrogène phosphoré, l’hydrogène arsénié, en donnant des précipités noirs ; c’est à la séparation des deux derniers de ces gaz qu’on l’emploie, en général, après l’élimination de l’hydrogène sulfuré et des gaz solubles.

L’absorption de l’hydrogène phosphoré et de l’hydrogène arsénié par les solutions saturées de sulfate de cuivre est assez lente ; on la facilite par l’agitation ; s’il y a beaucoup de gaz à absorber, on introduit dans le tube, avec la solution, ' des cristaux de sulfate de cuivre. Pour des expériences exactes, on pourra se servir d’une solution de sulfate de cuivre privée d’air par l’ébullition.

Le dosage de l’hydrogène phosphoré se fait bien plus facilement avec le chlorure cuivreux dissous dans l’acide chlorhydrique ; mais il faut, pour qu’on puisse se servir de ce réactif, que le gaz ne contienne pas d’oxyde de carbone.

16. Une solution A’acétate de plomb est quelquefois employée à caractériser l’hydrogène sulfuré. On se sert aussi, dans ce but, de papiers imprégnés d’acétate de plomb.

Le bioxyde de manganèse, le bioxyde de plomb, sont encore des absorbants de l’hydrogène sulfuré; mais ces substances sont extrêmement poreuses et peuvent absorber, dans un mélange, des quantités variables de gaz autres que l’hydrogène sulfuré.

Le bioxyde de plomb est souvent employé à la séparation de l’acide sulfureux, qui le transforme en sulfate de plomb, avec un vif dégagement de chaleur. On fait, avec du bioxyde en poudre et de l’eau, une pâte épaisse qu’on laisse sécher à une douce chaleur, de manière à obtenir des fragments agglutinés capables d’être maniés et introduits sous le mercure dans les éprouvettes.

Le bichromate de potasse en solution peut encore servir à l’absorption de l’acide sulfureux.

17. Le sulfate de magnésie, le borax,le sulfate de soude solides, servent, dans certains cas, au dosage de l’acide chlorhydrique gazeux. On emploie ces réactifs lorsque le mélange contient, en même temps que le gaz chlorhydrique, des gaz acides solubles dans la potasse, par exemple, de l’acide carbonique et de l’hydrogène sulfuré.

Nous ne parlerons pas ici d’un foule d’autres substances qui peuvent être utilisées dans des circonstances déterminées, pour produire sur un gaz telle ou telle réaction, mais qui ne sont pas des réactifs usuels.

18. Oxygène. — L’oxygène est fréquemment employé dans les combustions eudiométriques. Bunsen et différents auteurs recommandent dé préparer ce gaz par la décomposition du chlorate de potasse dans de petites cornues soufflées à l’extrémité d’un gros tube de verre, qu’on étire ensuite au-dessus delà soufflure, en forme de tube à dégagement. Il est plus simple de recueillir sur le mercure, dans des flacons que l’on ferme avec un bouchon de verre recouvert de suif.

l’oxygène produit par les méthodes ordinaires (chlorate de potasse et bioxyde de manganèse). Le chlore ou les composés chlorés qui se dégagent en très grande abondance dans cette préparation sont détruits par le peu de mercure qui reste dans les flacons ; si l’on craint que quelque trace d’acide carbonique (dû aux impuretés de nature organique contenues dans le bioxyde de manganèse), n’ait traversé les tubes ou flacons-laveurs à potasse, on introduit dans chacun des flacons un bâton de potasse humide. Ainsi que nous l’avons dit précédemment, de pareils flacons, lorsque leur bouchon est bien graissé, conservent indéfiniment les gaz dans un état de pureté absolu.

On peut encore préparer de l’oxygène très pur en décomposant l’eau par la pile : on se servira dans ce cas de l'appareil représenté figure 62 ou de celui de la figure 63. Le gaz doit être séché sur l’acide sulfurique:

il renferme des traces d’ozone qui disparaissent au contact du mercure sur lequel on recueille le gaz.

iô. Hydrogène. — L’hydrogène sert à l’analyse eudiométrique des gaz comburants, tels que l’oxygène, le protoxyde d’azote. On le prépare très aisément par les procédés ordinaires. On peut aussi recueillir l’hydrogène provenant de la décomposition de l’eau par la pile (fig. 62 et 63).

20. Gaz de la Pile.— Le mélange d’hydrogène et d’oxygène, dans les rapports de volumes qui constituent l’eau, est fréquemment mis en usage dans les combustions eudiométriques, lorsqu’on veut produire l’explosion d’un mélange

d’oxygène et de gaz combustible en présence d’un excès de gaz inerte qui empêche la combustion totale.

Lorsque après avoir fait jaillir l’étincelle électrique dans un mélange gazeux, ■ on ne constate point d’inflammation, on peut admettre que ce mélange ne renferme point une quantité notable d’oxygène en présence d’un gaz combustible ; si, en répétant l’expérience après avoir additionné le gaz primitif de 40 volumes p. 100 environ du mélange théorique d’oxygène et d’hydrogène, on ne constate aucune diminution de volume, on peut être sûr que le gaz ne contient point, simultanément, de l'oxygène et un gaz combustible. Enfin, on peut se proposer de démontrer dans un mélange la présence de l’oxygène sans gaz combustibles (ce qui d’ailleurs peut se faire généralement par d’autres procédés); dans ce cas, on ajoute de l’hydrogène d’abord, puis du gaz de la pile et on fait détoner ; s’il n’y a pas d’oxygène libre, on doit retrouver le volume du gaz primitif augmenté du volume de l’hydrogène ajouté.

Le mélange additionnel d’hydrogène et d’oxygène doit être fait dans des conditions telles que sa combustion ne laisse aucun résidu autre que de l’eau ; s’il en est ainsi, on n’a par conséquent pas besoin de mesurer le volume du mélange auxiliaire.

La manière la plus simple de préparer ce mélange gazeux est de recueillir le gaz produit dans la décomposition de l’eau par la pile. Aussi désigne-t-on généralement ce mélange sous le nom de gaz de la pile. Bunsen a indiqué, pour le préparer, le petit appareil suivant (fig. 64, 64 bis).

Deux lames de platine plongent dans de l’eau additionnée d’acide sulfurique pur : elles communiquent avec les pôles d’une pile de trois ou quatre éléments

Bunsen. Un tube à dégagement est rodé à l’émeri au sommet de la petite éprouvette : ce tube est entouré d’une coupelle dans laquelle on peut verser de l’eau pour rendre la fermeture tout à fait hermétique. Des renflements du tube abducteur dans lesquels on introduit de l’acide sulfurique, servent de flaconslaveurs pour dessécher le gaz. Bunsen recommande de refroidir le vase à l’extérieur; il semble qu’il vaut mieux au contraire le laisser s’échauffer, puisque, d’après les recherches de M. Berlhelot sur la formation de l’acide persulfurique, c’est surtout à basse température que ce corps prend naissance; par suite delà formation de cet acide suroxygéné, la proportion d’oxygène dégagée devient moindre que la moitié du volume de l’hydrogène ; le volume de l’oxygène développé peut, dans certains cas défavorables, diminuer jusqu’à n'être plus que les deux tiers de la quantité théorique ; ce minimum, d’après M. Meidinger (Ann. der Chem, und Pharm., t. LXXXV1II, p. 57), aurait lieu lorsqu’on emploie pour électrolyte un acide sulfurique dilué présentant la densité 1,4. D’autre part, il est vrai, que même avec ces liquides riches en acide, on voit, après quelques heures de marche, le rapport entre les deux gaz se rapprocher peu à peu du rapport 2 : 1 ; il y a plus, la proportion d’oxygène peut dépasser la quantité théorique; ceci a lieu lorsque le liquide, où s’est formé de l’acide persulfurique, commence à se décomposer lentement et à dégager lui-même de l’oxygène (Berthelot. Ann. de Chim. et de Phys. (5), t. XIV, p. 357).

On sait que l’oxygène dégagé par la décomposition électrolytique de l’eau renferme en outre un peu d’ozone ; mais cette quantité est très faible.

On voit, par ce qui précède, que la production du gaz de la pile combustible sans résidu, nécessite quelques précautions ; il convient surtout d’employer un liquide faiblement acidulé, de ne pas le refroidir, et de laisser l’appareil longtemps en marche, avant de recueillir le gaz. Néanmoins, en essayant de brûler dans un eudiomètre le mélange ainsi obtenu, on observera presque toujours que la combustion laisse un léger résidu gazeux.

L’appareil que nous venons de décrire peut être remplacé par d’autres plus simples, et qu’on peut construire soi-même : tel est celui qiie représente la figure 6S, qui n’a pas besoin d’explication.

La figure 63 représente un autre appareil fort commode dans certains cas : le courant électrique est conduit à l’extrémité des fils de platine f et f, par deux tubes h, h', recourbés au bas, auxquels sont soudés les fils, et qu’on remplit de mercure; les électrodes s s' plongent dans ce mercure ; de petites cloches de verre c c' recouvrent les fils, et entraînent les gaz par les tubes abducteurs f, t'. Dans notre figure, les liquides des deux pôles sont séparés par un vase poreux, et les gaz sont recueillis isolément ; c’est donc plutôt un appareil pour préparer de l’oxygène ou de l’hydrogène : pour avoir le gaz de la pile, il suffirait de supprimer le vase poreux et de recouvrir les deux fils par une cloche unique.

ENCYCLOPÉD ,E CHIM QUE

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