‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 101 sur 285 · I. — DOSAGE DE L'AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

I. — DOSAGE DE L'AMMONIAQUE

11 faut donc, si l’on veut avoir la teneur moyenne de la pluie en ammoniaque, recueillir la totalité de la pluie qui tombe dans un temps considéré et sur une surface déterminée. De cette' eau, rendue homogène, on prend 1 litre et demi qu’on introduit dans le ballon de l’appareil de M. Schlœsing pour le dosage de l’ammoniaque (fig. 42) ; on ajoute 1 gramme de magnésie calcinée et on distille comme dans un dosage ordinaire ; cependant les quantités d’ammoniaque contenues dans les eaux, étant généralement très faibles, il convient, pour avoir une plus grande précision, d’employer des liqueurs titrées plus étendues. On étend 100 centimètres cubes d’acide sulfurique titré au ^ à 500 centimètres cubes, on obtient ainsi de l’acide normal à ^ô, dont 10 centimètres cubes représentent 0®r, 01225 d’acide correspondant à 0sr, 00425 d’ammoniaque, si l’on est parti d’un acide normal à 61*r,25 d’acide sulfurique monohydraté par litre. Pour opérer la saturation, on emploie, comme liqueur alcaline, de l’eau de chaux également étendue à {. L’indice de la saturation est du tournesol d’orcine, dont la sensibilité est très grande et qu’on a dissous dans un mélange d’alcool et d’éther. Si la solution est suffisamment concentrée, une goutte de la solution de chaux étendue suffit pour opérer le virage. 10 centimètres cubes d’acide sulfurique sont placés dans un petit ballon de 150 centimètres cubes (fig. 43). Lorsque la distillation est terminée, ce qui arrive

lorsque le petit ballon est presque à moitié pleii

retire en lavant, à l’intéri

tient pendant une minute environ. Cette opération a pour but de chasser l’acide carbonique qui pourrait ôter de la précision au dosage.

On procède dans la liqueur encore chaude au dosage par l’eau de chaux étendue, qu’on ajoute jusqu’au moment du virage. Le titre de l’eau de chaux est pris dans un ballon pareil avec 10 centimètres cubes d’acide à auquel on ajoute assez d’eau pour remplir le ballon à moitié. On ajoute la même quantité de tournesol ; on porte à l’ébullition et on fait le titrage de la même manière. L’eau de chaux est ajoutée au moyen d’une burette de Gay-Lussac, dans le ballon même, en ayant soin de ne pas la laisser couler le long du col et d’agiter constamment le ballon qu’on tient, au moyen d’une pince en bois, au-dessus d’une feuille de papier blanc. Cette manière d’opérer permet de doser l’ammoniaque à de milligramme près.

Exemple de dosage. Eau de pluie : l',500.

10 centimètres cubes d'acide sulfurique à 4/50=4m*r,25 d’ammoniaque.

Titre de l’acide avant . 25“, 5

après . 21 ,6

Différence . 3 ,9 = ammoniaque, 0ms>-,65

Soit ammoniaque dans 1 litre. . . 0m»%434.

Tous les ballons dont on se sert dans ces opérations ont été au préalable remplis d’acide sulfurique pendant quelques semaines, dans le but d’enlever l’alcali du verre. Les flacons renfermant les liqueurs titrées ont été traités de la même manière. L’eau distillée qu’on emploie dans ces expériences doit toujours être la même; elle a été privée, par une ébullition prolongée, de l’ammoniaque et de l’acide carbonique qu’elle pouvait renfermer.

Lorsqu’on veut opérer sur la neige, il faut la fondre au préalable ; mais dans ce cas il faut s’entourer de précautions spéciales, pour éviter des variations dans le taux de l’ammoniaque. Le procédé le plus convenable consiste à placer la neige dans un vase métallique muni d’un bon couvercle ; on chauffe doucement de manière à opérer la fusion sans dépasser la température de 2 ou 3 degrés. On opère sur l’eau ainsi obtenue comme nous venons de le faire pour l’eau pluviale.

11 convient d’ailleurs de faire tous les transvasements le plus rapidement possible et dans une atmosphère où l’on n’ait pas à craindre l’intervention de vapeurs ammoniacales.

Dosage de l'ammoniaque qui se trouve à l'état de carbonate. — Ce procédé que nous venons de décrire donne la totalité de l’ammoniaque contenue dans l'eau de pluie ou la neige; dans certains cas il peut être intéressant de savoir quelle est la quantité d’ammoniaque qui se trouve à l’état de carbonate et celle qui peut se trouver à l’état de sels fixes, tels que azotate, sulfate, etc. La première est celle qui se trouvait à l’état de tension dans l’atmosphère et qui s’est dissoute dans l’eau de pluie en vertu de la loi des échanges, entre l’ammoniaque de l’air et celle de l’eau, à une température considérée. Cette détermination peut offrir de l’intérêt

EAUX

parce quelle permettrait, suivant M. Sclilœsing, de mesurer la quantité d’ammoniaque existant dans l’air.

La seconde forme de l’ammoniaque fait partie des poussières qui flottent dans l’atmosphère et est ramassée par les eaux pluviales mécaniquement. Pour opérer cette séparation on introduit 1 litre et demi de l’eau h examiner dans le ballon à distiller, auquel le traitement prolongé par l’acide sulfurique concentré aura enlevé toute alcalinité. On distille, mais sans ajouter de magnésie, comme pour le dosage décrit plus haut; le carbonate d’ammoniaque, étant volatil, est recueilli dans l’acide titré. Le liquide restant dans le grand ballon contient l’ammoniaque à l'état de sel fixe ; on le laisse refroidir, on y ajoute 1 gramme de magnésie et on refait de nouveau le titrage. On a ainsi, dans la première opération, l’ammoniaque qui se trouve à l’état de tension, en combinaison avec l'acide carbonique, dans le second l’ammoniaque existant h l’état de sels fixes.

Préparation de l'acide titré au — 100 centimètres cubes d’acide titré décime, d’un titre parfaitement déterminé et dont 10 centimètres cubes correspondant à environ 0sr,02125 d’ammoniaque, sont étendus à 500 centimètres cubes avec de l’eau distillée qui aura été au préalable privée d’ammoniaque par une longue ébullition. 10 centimètres cubes de cette liqueur correspondent à environ 0»r, 00425 d’ammoniaque. On la conserve dans un flacon bien bouché, et dont l’alcalinité aura été, au préalable, détruite par un long contact avec de l’acide sulfurique concentré.

Préparation de l'eau de chaux au j. — 200 centimètres cubes d’eau de chaux ordinaire parfaitement limpide sont étendus à un litre avec de l’eau distillée préalablement bouillie. On évite le contact de l’air, autant que possible, dans cette préparation ainsi que dans le maniement du réactif. La burette de Gay-Lussae, qui sert a verser ce liquide, est bouchée par un bouchon de liège; le tube d’écoulement de cette burette est lui-même fermé par un petit tampon de cire jaune qu’on n’enlève qu’au moment de verser la liqueur.

Préparation du tournesol d'orcine. — 5 grammes d’orcme sont placés dans un ballon à fond plat, avec quelques centimètres cubes d’ammoniaque, 25 grammes de carbonate de soude cristallisé et 10 centimètres cubes d’eau; on laisse digérer ce mélange, en l’agitant fréquemment à une température de 60 à 80°, pendant 4 ou 5 jours, et de temps en temps on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque pour maintenir toujours l’odeur ammoniacale. Au bout de ce temps, on ajoute 200 centimètres cubes d’eau et on continue à laisser digérer encore quelques jours, en maintenant la solution ammoniacale, puis on additionne la liqueur d’un léger excès d’acide chlorhydrique; on recueille et on filtre la matière colorante qui s’est précipitée; on la lave à plusieurs reprises avec de l’eau froide et on la dessèche à une température peu élevée.

Pour l’emploi, on dissout 1 à 2 grammes de ce précipité sec dans 100 centimètres cubes d’alcool avec un peu d’éther; on obtient ainsi un tournesol d'une extrême sensibilité, dont le virage se fait sous l’influence des plus petites quantités d’acide ou d’alcali.

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