‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 113 sur 285 · PROCÉDÉ SUIVI PAR VOELCKER · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ SUIVI PAR VOELCKER

Dosage de l'eau et des cendres. — On dessèche 50 grammes du fourrage frais, d’abord à l’air, ensuite au bain-marie et finalement à l’étuve à 104°. La perte de poids donne la quantité d’eau. La substance sèche est incinérée à basse température dans une capsule en platine ; on obtient ainsi les cendres.

Dosage de la fibre cellulaire, des matières protéiques insolubles et des matières minérales retenues par la cellulose. — On a prélevé 50 grammes de fourrage frais pour l’analyse au même moment que l’on déterminait l’humidité. La substance est réduite en poudre fine dans un mortier, en ajoutant une petite quantité d’eau distillée. 11 faut dans cette opération avoir soin d’ajouter peu d’eau, afin d’éviter les projections hors du mortier. Lorsque le fourrage est amené à un degré de finesse suffisant, on ajoute 125 à 150 centimètres cubes d’eau distillée et on laisse macérer pendant une demi-heure. Le liquide contenant après ce temps la gomme, le sucre, l’albumine soluble et les autres matières solubles est filtré sur une toile fine, préalablement humectée par de l’eau distillée. La cellulose retenue par la toile est exprimée dans un nouet; on place de nouveau le nouet et son contenu dans le mortier et on laisse digérer le tout pendant une demi -heure eu ajoutant 125 à 150 centimètres cubes d’eau distillée, on filtre et on répète une troisième fois la même opération. La fibre est devenue à peu près blanche et ne relient plus après lavage aucune partie soluble, on la dessèche au bain-marie et on la pèse.

On incinère une partie, soit la moitié de cette fibre brute ainsi obtenue, pour déterminer la proportion de matières minérales insolubles qu’elle retenait. Les cendres se composent principalement de carbonate et de phosphate de chaux, et renferment en outre du sulfate de chaux, de la magnésie et de la silice.

Une autre partie de cette fibre brute, en poudre fine et séchée, sert au dosage dé l’azote par la chaux sodée. Le taux d’azote permet de calculer la teneur en matières protéiques insolubles.

Une troisième partie enfin de la fibre brute est épuisée par l’alcool et l’éther qui dissolvent les matières grasses.

En retranchant du poids de la fibre épuisée par l’alcool et l’éther la matière protéique insoluble et les matières minérales, on obtient, par différence, le poids du corps cellulosique contenu dans la plante analysée.

Dosage de l'albumine soluble. — Les liquides provenant de la filtration sur la toile sont portés à l’ébullition, on voit au bout de peu de temps des flocons verdâtres d’albumine coagulée se séparer. On laisse ces flocons se déposer par un repos de vingt-quatre heures, puis on recueille l’albumine sur un filtre taré; après lavage à l’eau et dessication à 100° on la fait digérer avec de l’alcool et de l’éther, puis sécher au bain marie, jusqu’à ce qu’elle cesse de perdre de son poids. La couleur verte est due à des traces de chlorophylle, dont d’ailleurs la plus grande partie a été enlevée par l’alcool et l’éther.

L’addition de quelques gouttes d’acide acétique permet de précipiter la caséine dans le liquide filtré, si les plantes à analyser en contenaient.

Dosage de la gomme, de la pectine et des sels insolubles dans l'alcool. — Dans le liquide filtré, après coagulation de l’albumine par l’ébullition, on trouve la gomme, la pectine, le sucre et les sels organiques solubles que l’on n’a pas encore dosés.

Pour séparer le sucre et les sels, solubles dans l’alcool, de la gomme, de la pectine et des sels insolubles dans l’alcool, on évapore le liquide filtré au bain-marie, à consistance sirupeuse. On précipite dans ce sirop la pectine, la gomme et quelques sels organiques ou minéraux par l’alcool ; on fait bouillir afin de bien dissoudre le sucre et on filtre. Le résidu insoluble recueilli dans une capsule de porcelaine tarée, est desséché au bain-marie et pesé. On détermine par l’incinération la proportion de cendres que l’on retranche du poids total ; on a ainsi le poids de la gomme et de la pectine. Les sels solubles dans l’alcool sont surtout des chlorures de sodium et de potassium.

Dosage du sucre. — Les liquides alcooliques provenant du dosage de la gomme et de la pectine sont distillés dans une cornue au bain-marie. Le résidu de la distillation, versé dans une capsule de porcelaine, est évaporé au bain-marie, desséché à 110° et pesé. Le sucre que l’on obtient renferme une notable proportion de sels minéraux solubles dans l’alcool, on l’incinère et, en retranchant le poids des cendres de celui du sucre brut, on a le poids du sucre.

Dosage des matières grasses. — Le dosage des matières grasses se fait sur 5 grammes de fourrage sec réduit en poudre fine qu’on laisse digérer avec de l’étlier. La solution éthérée est jetée sur un filtre, le fourrage est mis à bouillir à diverses reprises avec de l’éther, puis lavé méthodiquement avec' de l’éther afin d’enlever toutes traces de matières grasses. On distille la solution éthérée; le résidu est évaporé à sec, il peut renfermer à côté de la matière grasse un peu de sucre dissous par l’alcool et l'eau que renferme l’éther du commerce. Pour séparer ce sucre, on traite le résidu par l’éther rectifié, dans lequel le sucre est insoluble. On évapore la solution éthérée qui renferme les huiles et la graisse, on dessèche au bain-marie et on pèse.

Dosage total des matières protéiques. — Pour vérifier les dosages direets de l’albumine et des matières protéiques insolubles, on peut procéder à un dosage total des matières protéiques, sur 1 à 2 grammes de matière sèche, en opérant un dosage d’azote total. Le taux d’azote multiplié par 6,25 donne l’ensemble des matières protéiques et doit concorder avec les dosages directs.

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