I. — ANALYSE DES BETTERAVES FOURRAGÈRES
On prend des secteurs dans 8 ou 10 betteraves, on les pèse, on les coupe en tranches très minces et on les met à sécher à l’étuve. La matière étant sèche et parfaitement cassaute est triturée dans un mortier recouvert d’un linge qui a pour effet d’cviter toute déperdition. Lorsqu’elle est ainsi Concassée, on active le broyage dans le mortier en ayant soin de la remettre à l'étuve de temps en temps, si par suite de ses propriétés très hygroscopiques, elle est devenue moins cassante par l’absorption de l'humidité. 11 faut se rappeler qu’aucune parcelle ne doit être perdue avant la pesée qui s’opère aussitôt que le broyage est complet, et au moment où on l’enferme dans un flacon parfaitement bouché ; cette matière étant excessivement avide d’humidité, il faut avoir soin de ne laisser le flacon ouvert que le temps strictement nécessaire et de faire les pesées très rapidement.
5 grammes sont employés pour le dosage de l’humidité restant dans la poudre.
La matière grasse et la cellulose brute sont dosées comme dans les autres fourrages; pour les cendres on-emploie 5 grammes sur lesquels on fait lomber 40 ou 50 gouttes d’acide sulfurique concentré ; on chauffe d’abord au bain de sable jusqu’à ce que la carbonisation soit complète et que la matière ne manifeste plus une tendance à se boursoufler, puis on porte au moufle et on achève l’incinération à basse température.
L’addition d’acide sulfurique a pour but de faciliter l’incinération, mais, les cendres ainsi obtenues contiennent de l’acide sulfurique combiné aux bases et qui ne préexistait pas dans la matière ; on admet que l’erreur ainsi introduite dans la pesée des cendres est égale à 1/10 de leur poids ; on retranche donc du poids des cendres un dixième.
L’azote est dosé par la chaux sodée en opérant sur 0®r,5 de matière et, par le calcul, on le transforme en matière azotée.
On a ainsi tous les éléments pour calculer l’eau, la matière fixe totale et les différents principes contenus dans la betterave originelle. En retranchant des poids des matières fixes totales la somme des éléments dosés, on obtient ce qu’on peut
appeler les corps ternaires, comprenant les matières sucrées et amylacées, les gommes, les corps pecliques et la cellulose tendre, substances qui ont toutes un coefficient de digestibilité très élevé et une valeur nutritive sensiblement égale.
Toutes les racines fourragères peuvent être analysées de la même manière.