HUILE DE COTON
L’huile de coton est souvent employée à falsifier les huiles d’olive. Son addition se reconnaît facilement, en raison de la grande différence qui existe entre ses propriétés physiques et ses réactions chimiques et celles de l’huile d’olive. Nous les avons décrites en parlant des caractères généraux des huiles. Il existe un autre procédé, d’une très grande sensibilité, qui permet de constater sa présence même quand elle n’est que dans la proportion de 5 pour 100 dans une autre huile, c’est le procédé de M. Bechi.
Ce procédé spécial h l’huile de coton est d’une sensibilité remarquable; non seulement il permet de reconnaître à coup sûr l’huile de coton ; mais encore il peut servir à reconnaître la présence de celle-ci lorsqu’elle n’existe qu’en très faible proportion dans un mélange. Ainsi la réaction obtenue en opérant sur de l’huile d’olive ne contenant que 5 pour 100 d’huile de coton est d’une netteté remarquable et est très accentuée. De toutes les réactions colorimétriques qui peuvent être employées pour la recherche des huiles, c’est à notre avis la plus belle et la plus certaine. La coloration que prend l’huile de coton s’éloigne tellement de celles des autres huiles qu’elle ne laisse aucun doute.
Préparation des réactifs. — 1 gramme d’azotate d’argent fondu est dissout dans 200 centimètres cubes d’alcool à 98° Gay-Lussac; on ajoute 40 centimètres cubes d’éther et 0“,2 d’acide azotique à 46° B. D’un autre côté, on prend de l’huile de colza qu’on purifie en l’agitant pendant une demi-heure avec 10 pour 100 de son volume d’une solution de soude au 1/10. On filtre sur du papier pour avoir une huile parfaitement limpide.
20 centimètres cubes de cette huile sont amenés avec de l’alcool amylique (bouillant à 130-152) au volume de 100 centimètres cubes.
L’addition d’huile de colza a pour but de rendre la réaction plus sensible.
Mode opératoire. — 8 centimètres cubes d’huile à essayer sont versés dans un tube à essai avec 1 centimètre cube du réactif argentique et 10 centimètres cubes de l’alcool amylique additionné d’huile de colza; après une vive agitation, on met le tube à essai dans de l’eau, qu’on porte presque à l’ébullition. Au bout d’un quart d’heure ou d’une demi-heure, l’huile contenant de l’huile de coton, même en très faible quantité prend une nuance brune très accentuée, tandis qu’aucune des autres huiles ou aucun mélange d’autres huiles ne donne de réaction analogue. Ces dernières conservent leur coloration primitive.