‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 184 sur 285 · RECHERCHE SPÉCIALE DES DÉRIVÉS ACIDES DU GOUDRON DE HOUILLE · texte numérisé non relu

RECHERCHE SPÉCIALE DES DÉRIVÉS ACIDES DU GOUDRON DE HOUILLE

La rosaniline sulfoconjuguée se décolore par l’ammoniaque tandis que les sulfoconjuguées restent colorées. L’éther acétique et l’alcool amylique dissolvent, en présence de l’ammoniaque, les dérivés azoïques et les éosines ; le sulfoconjugué de la rosaniline est, au contraire, insoluble dans ces conditions.

Recherche «les matières colorantes végétales oh animales.

La recherche des matières colorantes végétales n’a plus autant d’importanee, on se sert presque uniquement aujourd’hui des matières colorantes artificielles pour colorer les vins.

Nous donnons ici, d’après M. A. Gautier, un certain nombre de réactions pour caractériser ces colorants végétaux, au cas où l’essai préliminaire permettrait de soupçonner leur présence dans le vin à examiner.

1° Essai au carbonate de sonde. — On ajoute à 2 centimètres cubes de vin une solution de carbonate de soude à 0«r,5 pour 100 (10 centimètres cubes suffisent généralement), la laque est gris verdâtre. La liqueur devient jaune en se décolorant par l’ébullition ; le vin teinturier passe au brun marron dichroïque. La teinte lilas persiste, avec 1 ’aramon et le petit bouchet, même à chaud et avec un excès de réactif.

Les vins au fernamboue produisent, avec le carbonate de soude, une liqueur lilas brun passant au grenat par l'ébullition. La décoction de fernamboue devient violacée, et la nuance, par l’ébullition, prend une teinte plus foncée.

La présence du campêche est indiquée, à froid, par une coloration verdâtre, virant au lilas ou au grenat par l’ébullition.

Le campêche donne une liqueur violette à l’ébullition.

La coloration gris fleur de lin ou lilas caractérise les vins à la cochenille; ils ne changent pas par l’ébullition.

Les vins au phytolacca prennent une coloration lilas, la décoction est gris brun.

Les vins au myrtille donnent une liqueur grise un peu rose, passant au gris foncé par l'ébullition.

Les autres matières colorantes donnent à peu près les mêmes réactions que celles du vin.

2° Essai au bicarbonate de soude. — On prend volumes égaux de vin et d'une solution à 8 pour 100 de bicarbonate de soude, bien saturée d’acide carbonique. Au bout de quelques minutes, les vins purs ordinaires prennent une teinte gris de fer, les vins d’aramon deviennent rose vineux.

Les vins au fernambouc donnent une teinte lilas vineux ; ils se colorent en groseille par l’ébullition.

Les vins au phytolacca passent au lilas franc.

Les vins à la betterave fournissent un liquide jaune rougeâtre.

Les autres matières colorantes ne modifient que très légèrement la réaction des vins naturels.

5° Essai à l'ammoniaque. — On ajoute à 2 centimètres cubes de vin 3 centimètres cubes d’ammoniaque au Vio» et 5 centimètres cubes d’eau. Les vins naturels donnent une coloration vert bouteille à vert jaunâtre.

L’aramon donne une nuance chamois un peu violacée.

Les vins au fernambouc se colorent en gris violacé.

Les décoctions de eampêehe et de cochenille virent au rose ou au lilas.

4° Essai à la baryte. — On mélange 5 centimètres cubes de vin et autant de solution de baryte saturée ; on filtre après un quart d’heure.

La couleur du liquide est jaune sale avec les vins naturels, il sc colore faiblement en rose par l’acide acétique.

La cochenille, la fuchsine et le phytolacca donnent aussi une liqueur rose une fois acidulée, et la betterave donne dans les mêmes conditions une liqueur pelure d’oignon rosée.

5° Essai au borax. — On mélange 2 centimètres cubes de vin avec le double de son volume de solution de borax saturée à 15°.

Les vins purs donnent une coloration gris bleuâtre à gris fleur de lin.

Les vins à la cochenille, à l’hièble, au fernambouc, au phytolacca, au sureau, à l’orseille, se colorent en lilas. Les colorations rose ou lilas franc font présumer la fuchsine sulfoeonjuguée et les dérivés de la houille. Ce réactif est excellent pour retrouver ces colorants artificiels dans le vin.

6° Essai à l'alun et au carbonate de soude. — A 8 centimètres cubes de vin on ajoute, volumes égaux (2 centimètres cubes) d’alun à l/10 et de carbonate de soude à 10 pour 100; on filtre. Les vins naturels sont caractérisés par une laque vert bleuâtre ou verte ; la liqueur vert bouteille clair, souvent incolore.

Les vins au fernambouc donnent une laque lilas virant à l’air au brun roux ; la liqueur est d’un gris tirant sur le brun.

La cochenille donne une laque bleuâtre et une liqueur rose.

Le phytolacca, une laque verdâtre un peu rosée et une liqueur lilas.

Les vins à la betterave fournissent une laque vert clair et une liqueur vineuse ou jaunâtre.

Le sureau et l’hièble donnent des laques bleu violacé.

7° Essai au sous-acélate de plomb. — On mélange 2 centimètres cubes de vin et 1 centimètre cube de sous-acétate de plomb à 15° Baumé (il doit y en avoir un excès). Dans ces conditions, on observe la formation d’une laque bleu cendré ou verdâtre ; on filtre, la liqueur passe rose et indique la présence de la fuchsine ou de l’orscille; dans les autres cas la liqueur filtrée est incolore même après addition d’acide.

8° Essai à l'acétate d'alumine. — On sature le vin par quelques gouttes de carbonate de soude à 10 pour 100, jusqu’à ce que la nuance passe au violet; puis on ajoute au liquide son volume d’acétate d’alumine à 3 ou 4 pour 100, le vin naturel passe au grenat ou au rouge orangé sale, l’aramon est presque décoloré.

Les vins au campêche, à la mauve noire, au sureau, à l’hièble, au troène, à la myrtille virent au violet bleu ou lilas. Les vins au fernambouc, à la cochenille, au phytolacca passent au rose lilas ou grenat foncé.

Les décoctions donnent les mêmes réactions.

9° Essai à l'aluminate de potasse. — On additionne 1 centimètre cube de vin de 4 gouttes d’aluminate de potasse, on filtre. Les vins naturels se colorent en lilas ou rosé, le vin au campêche devient lilas violet.

On prépare l’aluminate de potasse en ajoutant à une solution d’alun de la potasse jusqu’à dissolution du précipité.

Recherche des matières colorantes artificielles de la houille.

M. P. Cazeneuve a mis à profit le pouvoir absorbant de quelques oxydes mctalliques pour les matières colorantes du vin et pour les colorants artificiels. Le vin naturel est complètement précipité à froid ou à chaud par ces oxydes.

Les oxydes employés sont les suivants :

Bioxyde de manganèse. — On prend pour ces essais le minerai naturel finement pulvérisé.

Oxyde jaune de mercure. — L’oxyde précipité du commerce, pulvérisé finement, convient pour cet essai.

Hydrate d'oxyde de plomb. — On le prépare en précipitant l’acétate de plomb par une quantité ménagée de potasse. On lave le précipité sur un linge jusqu’à ce que les eaux ne soient plus du tout alcalines ; il renferme dans cet état environ 50 pour 100 d’eau; on le conserve dans un flacon bien bouché, il peut servir pendant quelques jours.

Hydrate stanneux. — Il est obtenu en précipitant le protocklorure d’étain par l'ammoniaque, lavant rapidement, faisant égoutter et enfermant dans des petits flacons bien remplis, placés à l’abri de la lumière. Ce précipité retient environ 75 pour 100 d’eau.

Hydrate d'oxyde de fer gélatineux. — Il est préparé en précipitant à froid, en liqueurs étendues, le perchlorure de fer par l’ammoniaque.

On le conserve au froid, dans un flacon bouché à l’émeri, après l’avoir lavé à l’eau pour enlever toutes traces d'ammoniaque. Cet hydrate relient 90 pour 100 d’eau.

11 sera inutile de peser les quantités d’oxydes indiquées pour ces recherches, elles sont approximatives ; il suffira de les mesurer dans de petites mesures.

MARCHE SYSTÉMATIQUE TOUR RECONNAITRE DANS UN VIN UES COULEURS DE LA HOUILLE

(d’après M. P. Cazeneuve).

Essai A. — On ajoute à 10 Centimètres cubes de vin 20 centigrammes d’oxyde jaune de mercure finement pulvérisé. On porte à l’ébullition, on filtre sur un double filtre afin de mieux retenir le précipité, te liquide acidifié passe incolore :

1° Yin naturel;

2° Yin coloré par la cochenille ou des colorants végétaux ;

5° Yin coloré par l'éosine ou l’érythrosine (rare).

On passe à l’essai A'.

Le liquide acidifié ou non filtre coloré :

Le liquide est coloré en rouge :

1° Fuchsines, safranines ;

2° Dérivés azoïques rouges.

Le liquide est coloré en jaune :

1° Tropéolines;

2° Dérivés azoïques jaunes;

3° Dérivés ni très.

Essai A'. — On porte à l’ébullition 10 centimètres cubes de vin qui ont été additionnés de 10 grammes de peroxyde de fer gélatineux.

Le liquide passe incolore :

1° Yin naturel;

2° Yin coloré par les colorants végétaux ou la cochenille.

On passe à l’essai A".

Le liquide filtré est coloré :

d 0 Éosine (liqueur rose fluorescente) ;

2° Érythrosine (solution rose non dépourvue de fluorescence).

Essai A.", — On mesure dans un tube 10 centimètres cubes de vin, puis on ajoute 2 grammes d’hydrate stanneux; on porte à l’ébullition.

Le liquide filtre incolore :

1° Vin naturel;

2° Vin coloré par les colorants végétaux.

Le liquide filtre coloré : Cochenille.

Essai B. — On traite à l’ébullition 10 centimètres cubes de vin par 2 grammes d’hydrate d’oxvde de plomb.

Le liquide filtre incolore :

1° Vin naturel ou coloré par les colorants végétaux ;

2° Fuchsines;

3° Dérivés azoïques rouges. La liqueur passait rouge avec l'oxyde mercurique.

On passe à l’essai B'.

Le liquide filtré est coloré en rouge :

1° Safranine;

2° Tropéolines ou orangés. Avec oxyde mercürique, passent jaunes.

Le liquide filtré est coloré en jaune :

1° Dérivés azoïques jaunes ;

2° Dérivés nitrés.

On passe à l'essai C.

Essai B’. — Le liquide qui passait incolore est traité par l’acide acétique.

Le liquide reste incolore :

Vin naturel.

Le liquide est rose ou rouge ; on agite avec l’alcool amylique :

Le colorant se dissout dans l’alcool : Fuchsine ordinaire.

L’alcool ne se colore pas : Fuchsine sulfoconjuguée.

On passe à l’essai B".

Essai B1'. — Cet essai est basé sur le pouvoir absorbant du bioxyde de manganèse. On agite à froid 50 centimètres cubes de vin avec 50 grammes de cet oxyde.

Le liquide qui filtre est incolore ou jaunâtre :

Fuchsine.

Le liquide filtré après acidification dé la liqueur passe jaune, rose ou rouge :

Sulfo de fuchsine.

On fuit une teinture à l’ébullition avec la laine.

On passe à l’essai B'".

Essai B"'. — Les dérivés azoïques rouges ont été caractérisés par l’essai B; ils forment dans cet essai des laques insolubles et passent au contraire à la filtration dans l’essai A.

On teindra la laine à l’ébullition dans le liquide de l’essai A acidifié au préalable. Une goutte d’aeide sulfurique concentré et pur, déposée sur la laine lavée et encore humide, produira les colorations suivantes :

Violet rouge. — Rocelline (rouge soluble) ;

Violet bleu. — Rouge pourpre ;

Rleu ou violet. — Les rouges Bordeaux ;

Cramoisi. — Les rouges ponceau ;

Vert foncé. — Écarlate de Biebrich ;

Bleu indigo. — Crocéine 3 B ;

Violet. — Crocéine 7 B.

On se servira, pour un examen comparatif, de solutions de ces mêmes couleurs à 0«r,l par litre.

On passe à l’essai C.

Essai C. — La safranine n’est pas retenue par l’hydrate d’oxyde de plomh (voir essai B). Les tropéolines passent jaune avec l’oxyde de mercure et rouge avec l’hydrate d’oxyde de plomb. Ces réactions permettent de les distinguer des autres matières colorantes. On différencie, par une teinture sur laine, les orangés les uns des autres ; l’acide sulfurique concentré déposé sur la laine développera les colorations suivantes :

Rouge fuchsine. — Tropéoline 000, 1 et 2 (Orangé 1 et 2 Poirrier) ;

Orangé brun. — Tropéoline 0 (chrysoïne) ;

Jaune orangé. — Tropéoline Y ;

Violet rouge. — Tropéoline 00 (orangé 4 de Poirrier) ;

Brun jaune. — Hélianthine (orangé 3 de Poirrier) .

On passe à l’essai D.

Essai D. — Le pouvoir absorbant de l’hydrate de plomb pour les dérivés azoïques jaunes permettra de les distinguer des dérivés nitrés qui résistent davantage à l’action de ce réactif.

Ces composés teignent la laine. On pourra comparer les solutions avec des solutions types à 0sr, 1 par litre. La laine teinte encore humide, traitée par l’acide sulfurique, donnera :

Dérivés azoïques.

Brun jaunâtre. — Chrysoïdine.

Brun. — Vésuvine (brun Bismarck ou de phénylène).

Jaune (devenant rouge saumon par la dilution), — jaune solide. Bleu vert. — Jaune N.

Dérivés nitrés.

Brun jaune. — Jaune NS (binitronaphtol sulfoconjugué).

Jaune. — Jaune d’or (jaune de Martius ou binitronaphtol).

On passe à l’essai E.

Essai E. — Cet essai sera consacré à la recherche spéciale du bleu de méthylène, que l’on trouve souvent dans les vins.

On agitera avec l’hydrate de plomb pendant quelques minutes (essai B) soit à froid, soit à chaud. La laque, égouttée sur un petit filtre, est traitée par quelques centimètres cubes d’alcool bouillant :

L’alcool filtre incolore : Vins sans bleu de méthylène.

L’alcool passe coloré en bleu : Yin coloré avec du bleu de méthylène.

La laine teinte dans le liquide filtré alcoolique, et, séchée, passera au vert par l’acide sulfurique concentré. Le vin primitif, maintenu à l'ébullition avec un peu de fulmi-coton, se teindra en bleu par le bleu de méthylène.

Cette méthode est très sensible, elle permet de reconnaître des quantités de colorants voisines de un centigramme par litre.

On prendra pour chaque essai des quantités d’oxyde proportionnées aux quantités de matière colorante.

Une partie de la matière colorante du vin peut échapper à l’action de l’oxyde métallique; dans ce cas le liquide filtré passe coloré et donne un précipité vert par l’ammoniaque.

On recommence alors l’opération en mettant plus d’oxyde ou en prolongeant l’ébullition.

RECHERCHE d’uN MÉLANGE DE MATIÈRES COLORANTES DANS UN VIN.

L’addition au vin de plusieurs matières colorantes composées de rouge, de jaune et de bleu s'observe assez souvent. Il est suffisant, dans la plupart des cas, de retrouver un seul colorant qui permet detre fixé sur la qualité du vin, Quelquefois cependant il faut pousser l’analyse plus loin.

Nous indiquerons les méthodes d’analyse suivies p.arM. P. Cazeneuve pour l’étude des mélanges de matières colorantes. Ces mélanges sont ceux qui se présentent le plus fréquemment; on pourra, d’après ces données générales, étudier les nombreux cas qui pourraient se présenter.

Mélange de vin fuchsine et sulfofuchsiné. — On porte à l’ébullition 10 centimètres cubes de vin avec 2 grammes d’hydrate d’oxyde de plomb.

Le liquide qui filtre doit être incolore. On ajoute de l'acide acétique au liquide filtré. La coloration rouge réapparaît.

Dans le cas d'un mélange de fuchsine et de son sulfoconjugué, le liquide rouge, après addition d’acide, agité avec l’alcool amylique, laissera passer partiellement la matière colorante dans l’alcool. Si la liqueur ne renferme que de la fuchsine, l’aleool amylique retiendra toute la couleur, l’eau restera incolore; si elle ne renferme que du sulfoconjugué, l’alcool amylique ne dissoudra rien.

En présence d’un mélange, on fera l’examen spectral et de l’alcool et de l’eau (comme on verra plus loin) ; puis on teindra la laine avec les deux dissolvants pour faire l’éagir ensuite l’acide chlorhydrique concentré.

Mélange de fuchsine ordinaire ou sulfoconj uguée avec un rouge azoïque.

Premier essai. — On ajoute, à 10 centimètres cubes de vin, 2 grammes d'hydrate d’oxyde de plomb récemment précipité.' On fait bouillir. Le liquide filtre incolore, l’addition d’un acide fait apparaître une coloration rouge. Présence d’une fuchsine. On agite avec l’alcool amylique.

Le colorant passe dans l’alcool : fuchsine.

Il ne passe pas : fuchsine sulfoconjuguée.

Si, après le traitement par l’hydrate de plomb le liquide filtre coloré, on s’assure que l’addition d’ammoniaque ne donne pas une coloration verte, on aura préalablement employé une quantité d’oxyde trop faible. Il faudra recommencer l’essai.

Le liquide filtré peut être rouge sans que l’ammoniaque fasse virer au vert. Si le liquide se décolore par l’ammoniaque, la quantité d’oxyde a été insuffisante pour fixer les fuchsines. D’autre fois, l’ammoniaque laissera le liquide rouge sans changement. On recherchera la safranine ou un dérivé azoïque.

Dans ces trois cas, on traitera à nouveau 10 centimètres cubes de vin avec 2«r,5 à 3 grammes d’hydrate de plomb qui, en excès, retiendra l’azoïque et ne laissera passer que les fuchsines décolorées ou la safranine qui reste intacte et que l’on reconnaîtra à ses caractères.

Second essai. — - On chauffe à l’ébullition 10 centimètres cubes de vin avec l’acétate mercurique et la magnésie. On peut employer l’acétate mercurique sec, on en ajoute une pincée et autant de magnésie.

Le liquide filtré passe incolore : absence d'azoïques (rouge de roccelline, rouges Bordeaux, rouge pourpre, etc.).

Le liquide passe coloré et l’ammoniaque ne modifie pas la nuance : présence d’un rouge azoïque que l’on caractérise en teignant à chaud la laine mordancée à l’acide tartrique, puis touchant la laine teinte et sèche avec l’acide sulfurique concentré.

Il ne doit pas y avoir de fuchsine dans le mélange ; si l'on soupçonne un mélange de fuchsine, de sulfofuchsine et de rouge azoïque, il faudra agiter, avec l’alcool amylique, la solution aqueuse du rouge azoïque, alcalinisée au préalable par l’ammoniaque.

Le résidu de l’évaporation de l’alcool amylique pourra être caractérisé par l’acide sulfurique.

Mélange (les rouges avec un jaune.

Premier essai. — On traite 100 centimètres cubes de vin par 10 grammes d’hydrate d’oxyde de plomb à 50 pour 100 d’eau. On ajoute l’hydrate par petites portions dans le vin en faisant bouillir. La coloration rouge disparaît, à un moment donné. Il reste un liquide jaune. On filtre, ce liquide jaune acidulé vire au rouge jaunâtre. C’est l’indice de la présence simultanée d’une fuchsine avec un jaune. Reste à caractériser le jaune, ce qui est une opération délicate.

Second essai. — On chauffera, dans un second essai, 10 centimètres cubes de vin avec l’acétate de mercure et la magnésie. Si le liquide filtre rouge ou rouge jaune, sans addition d’acide, on a affaire à un dérivé azoïque rouge.

Mélange d’un rouge, d'un jaune et de lieu de méthylène.

On traitera comme précédemment 1 00 centimètres cubes de vin avec l’hydrate d’oxyde de plomb, mais on agitera à froid. On ajoute l’oxyde peu à peu en agitant fréquemment. Le liquide qui surnage le précipité est jaune ; on décante sur un filtre. On conserve ce liquide jaune pour la teinture. On recueille le précipité plombique sur un filtre sans plis; après égouttage on le lave avec de l’alcool bouillant, qui dissout le bleu de méthylène retenu mécaniquement. Le liquide bleu est évaporé sur la laine, qui fixe la couleur; l’acide sulfurique concentré fera passer au vert.

MM. Ch. Girard et Pabst conseillent de teindre (avec le vin) un peu de fulmicoton. Ce dernier fixe le bleu à l’exclusion de la matière colorante du vin. Si le yin est très acide il est bon de le saturer partiellement.

Pour reconnaître les rouges, on fera bouillir 10 centimètres cubes de vin avec l’oxyde jaune de mercure. Les rouges passeront.

Avec le bioxyde de manganèse utilisé dans les conditions que M. Cazeneuve indique, on reconnaîtra le sulfo de fuchsine.

Mélange de sulfoconjugué de fuchsine avec la cochenille ou avec l’orseille.

Première méthode. — MM. Ch. Girard et Pabst recommandent d’aciduler le vin par l’acide chlorhydrique et d’épuiser par plusieurs traitements à l’alcool amylique. Les produits de l’orseille ou de la cochenille se dissolvent. Le sulfo de fuchsine

reste dans la solution aqueuse et se décolore par l’ammoniaque, avec virage au rouge pour l’acide chlorhydrique. La cochenille ne se dissout pas entièrement dans l'alcool amylique ; la solution aqueuse en retient un peu.

Un essai avec l’acétate mercurique et la potasse ou la magnésie permettra de retenir complètement la cochenille et l’orseille. Le sulfo du fuchsine pourra être caractérisé nettement dans le liquide filtré.

Seconde méthode. — On agitera le vin suspect avec son poids de bioxyde de manganèse pendant un quart d’heure. On filtre ; le liquide filtré passe plus ou moins jaune, mais jamais rouge.

Le liquide jaune provenant de l’action du bioxyde de manganèse sur le vin coloré par les colorants végétaux ne teint jamais la laine en présence de l’acide tartrique. La moindre trace du sulfo de fuchsine colorera la laine.

Ce premier essai effectué, on recherche la cochenille par l’hydrate stanneux ou le réactif de M. Bellier. On fait bouillir 10 centimètres cubes de vin avec une pincée d’un mélange du protochlorure d’étain desséché, 94 parties, et de borax desséché 217 parties. On filtre; dans ce liquide filtré on ajoute l'ammoniaque, qui fait apparaître la cochenille.

On peut faire bouillir 10 centimètres cubes de vin avec 2 grammes d’hydrate stanneux humide à 70 pour 100 d’eau. Le résultat est le même.

Le troisième essai consiste à faire bouillir 10 centimètres cubes de vin avec une pincée d’un mélange à parties égales d’acétate de plomb desséché et de borax desséché et pulvérisé. Le liquide filtré, coloré, indiquera la présence de l’orseille; l’ammoniaque fait passer la couleur au violet.

On fera un quatrième essai en portant à l’ébullition 10 centimètres cubes de vin avec 20 centigrammes d’oxyde jaune de mercure ; cet essai est destiné à prouver qu’il n’y a pas de couleurs rouges azoïques avec lesquelles on pourrait confondre la cochenille et l’orseille. L’oxyde jaune retient les colorants végétaux.

ÎUcthodc spectroscopique de NIM. Ch. Girard et Pabst pour la recherche des matières colorantes dans les vins.

Les spectres d’absorption des matières colorantes peuvent servir h les retrouver dans les vins et les sirops. Les matières colorantes étrangères donnent des spectres particuliers distincts de celui de la matière colorante normale du vin. Cette méthode n’exige que de petites quantités de matière et ne les dénature pas.

Il faut, pour ce genre de recherche, un spectroscope de poche, le plus petit et le plus lumineux possible. Cet instrument devra satisfaire aux conditions suivantes :

1° L’image visible du spectre aura une longueur apparente d’au moins 2 centimètres ;

2° La fente s’élargira à volonté et aura au moins un demi-centimètre de hauteur ;

o° Avec une ouverture étroite de la fente on verra le spectre brillant de A à G, et les raies D,E et F seront nettes, suivant la mise au point.

Les liquides sont examinés tout simplement dans des tubes à essai, de préférence à la lumière diffuse du jour.

II est bon de conserver une collection des matières colorantes, servant de types et de points de comparaison dans des petits flacons de cristal taillé, à facettes parallèles, qui peuvent être examinés sous deux épaisseurs différentes.

Analyse des colorants commerciaux pour vins.

Nous donnons ici la méthode générale suivie par M. 0. Witt, pour l’analyse des colorants commerciaux en n’indiquant toutefois que les réactions des matières colorantes rouges, jaunes, orangées et bleues qui peuvent entrer dans les vins à titre de falsifications.

MÉTHODE GÉNÉRALE A EMPLOYER POUR 1,’aNALYSE DES MATIÈRES COLORANTES POUR VINS.

On devra voir tout d’abord si l’on a affaire à un colorant unique ou à un mélange de colorants.

Les colorants peuvent avoir été mélangés mécaniquement ou par la précipitation simultanée des matières colorantes ou encore par l’évaporation des solutions aqueuses.

a. Procédé physique. — Il est facile, dans le premier cas, de reconnaître le mélange à l’œil nu ou à la loupe. On peut aussi projeter le colorant à la surface de l’eau dans une grande éprouvette pleine d’eau. Chaque grain gagne le fond du vase et laisse dans l’eau une traînée colorée avec sa nuance propre.

Ce mélange mécanique se reconnaîtra encore en répandant un peu de poudre sur du papier à filtrer qu’on humecte ensuite, soit avec de l’alcool, soit avec de l’eau, en mouillant la face opposée du papier. Les particules de couleur se dissolvent individuellement, et sont absorbées par le papier qui se couvre ainsi de dessins diversement colorés. En examinant le papier par transparence on juge mieux de l’effet produit.

On mélange quelquefois plusieurs matières colorantes rouge azoïque que L’on distinguera par le procédé suivant :

b. Procédé par l’acide sulfurique concentré. — A l’aide d’une spatule en platine, on répand à la surface de l’acide sulfurique un peu de poudre de la matière colorante. On observe alors si la coloration de tous les grains est uniforme. On retrouvera ces colorations dans les indications que nous avons déjà données.

c. Procédé par teinture. — Dans le cas d’un- mélange plus intime, obtenu par l’évaporation des solutions aqueuses, il est rare que l’un des colorants ne se fixe pas plus facilement sur la fibre textile que l’autre. Avec une couleur homogène et unique on obtiendra sur laine des échantillons d’intensités différentes, mais de nuance identique. S’il s’agit d’un mélange on obtiendra des nuances différentes

avec des écheveaux teints successivement. On peut distinguer les couleurs par la teinture en solution acide ou alcaline sur la laine ou sur la soie.

On teint tout' simplement dans des tubes à essai en y plongeant les mouchets.

d. Procédé chimique de M. Cazeneuve. — On peut aussi employer les oxydes métalliques.

L’emploi de l’hydrate de plomb convient pour la séparation à tous les colorants tricolores pour vin. Les jaunes sont généralement respectés; les rouges forment facilement des laques insolubles ; quant au bleu de méthylène, il est retenu mécaniquement et peut ensuite être enlevé par l’alcool.

Cette séparation des colorants, préalablement par l’hydrate d’oxyde de plomb, facilitera des essais de teinture ultérieure à l’aide de la laine ou de la soie. Pour reconnaître le sulfo de fuchsine, on pourra appliquer aux colorants commerciaux le procédé au bioxyde de manganèse en présence d’un acide. Les autres colorants sont ’ détruits; le sulfo-conjugué de la fuchsine seul est respecté.

Recherche des matières étrangères. — On ajoute souvent aux colorants pour vins des substances étrangères qui y entrent, soit pendant la préparation de la matière colorante, soit aussi pour en rendre la vente plus facile.

On trouve quelquefois du sel marin ou du sulfate de soude dans les matières colorantes et souvent aussi du sucre et de la dextrine. On retrouvera les matières minérales dans les cendres du colorant. Le sucre et la dextrine seront isolés en traitant par l’alcool fort, qui dissoudra la matière colorante sans enlever sensiblement le sucre et la dextrine.

§ 15. — RÉACTIONS GÉNÉRALES DES PRINCIPALES MATIÈRES COLORANTES D’APRÈS NI. 0. DE WITT.

Â. Matières colorantes rouges.

1. — LA MATIÈRE COLORANTE, INSOLUBLE DANS L’EAU FROIDE OU CHADDE , OU DU

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