ESSAIS DES GRAINS DESTINÉS A LA DISTILLERIE ET A LA FECULER1E
Les grains qui servent dans l’industrie de la distillerie ou de la féculerie ont une valeur marchande qui est fixée par leur teneur en amidon. Quelquefois on se contente de prendre le poids à l’hectolitre, comme nous l’avons indiqué pour l’avoine; mais cette détermination manque de précision.
Le dosage approximatif peut se faire rapidement par la méthode de Balling.
On prend 50 grammes de grains finement moulus ; d’un autre côté, on prépare une solution de malt en faisant macérer à froid pendant 2 heures 100 grammes de malt dans 1 litre d’eau. On verse 50 centimètres cubes de cette solution sur les grains moulus. On chauffe graduellement le mélange à 60° ; après une demi-heure on porte la température 'a 70° et on la maintient pendant quelque temps; finalement on chauffe à l’ébullition pendant quelques minutes. Quand la liqueur est
froide, on amène le volume à un demi-litre, on filtre, et dans la liqueur filtrée on prend la densité à l’aide d’un saccharimètre ou d’un densimètre.
Il faut tenir compte par un essai à blane de la quantité de sucre que renferme l’extrait du malt employé. Ôn ne peut obtenir avec cette méthode que des chiffres comparatifs.
Méthode rigoureuse par inversion. — Cette méthode est en tout semblable à celle que nous avons décrite pour le dosage de l’amidon dans les grains employés comme fourrages. Nous ferons remarquer que l’amidon des grains, et particulièrement celui du riz et du maïs, se saccharifie plus lentement et résiste plus énergiquement à la transformation en empois avec l’eau.
Pour opérer le dosage on réduit les grains à essayer en farine aussi ténue que possible. Si l’on suit la méthode de M. Maercker, décrite à l’occasion du dosage de la fécule dans la pomme de terre, et qui consiste à séparer l’amidon au moyen de la diastase avant de le saccharilier, il sera bon d’ajouter, pour 100 centimètres cubes d’eau, 10 centimètres cubes d’une solution d’acide lactique à 1 pour 100. Cette addition favorisera la formation de l’empois et la dissolution subséquente par l’extrait de malt. Chaque fois que l’on fait agir la diastase sur l’amidon pour le dissoudre, il faut s’assurer, au moyen d’eau iodée, qu’il ne reste plus d’amidon inattaqué dans le résidu.
Lorsque les grains doivent servir à la fabrication de l’alcool, il est intéressant de doser l’azote total et même quelquefois les éléments azotés solubles qui peuvent servir d’aliments à la levure. Le dosage d’azote total se fait par la méthode de Rjeldahl. On peut doser l’azote soluble comme suit : on pèse 50 grammes de grains finement moulus, on en forme une bouillie épaisse avec de l’eau et on étend à 50 centimètres cubes, on chauffe pendant 4 heures au bain-marie à 50°. Après refroidissement on amène à 1 litre. On mélange et on filtre, puis on évapore 50 centimètres cubes du liquide dans une mince capsule en verre, que l’on pulvérise avec son contenu pour y doser l’azote par les procédés habituels.