VIDANGES , ENGRAIS FLAMAND, GADOUE, ETC
Les matières désignés sous ce nom sont ordinairement sous forme d’un liquide plus ou moins épais, mélangé de matières solides. Leur masse est d’habitude peu homogène. Aussi la prise d’échantillon nécessite-t-elle des précautions spéciales. Il faut expédier au laboratoire un échantillon volumineux d’une dizaine de kilogrammes au moins, prélevé en opérant le mélange des malières à examiner aussi exactement que possible. Cet échantillon est divisé en deux parties : la partie liquide et la partie solide ; on prend le poids de chacune de ces parties et on prélève sur chacune d’elles un poids de malières proportionnel à sa masse, après avoir transformé chacune en un lot homogène. Ces quantités pesées sont réunies et additionnées d’acide oxalique en poudre jusqu’à réaction nettement acide, ensuite évaporées à sec. Le résidu de l’évaporation intimement mélangé et broyé, s’il est nécessaire, est analysé, comme s’il s’agissait d’une poudrette.
§ 7. — ANALYSE DES POUDRETTES,
Les poudrettes se présentent généralement sous deux états : à l’état sec et à l’état humide ; elles contiennent souvent une certaine quantité de leur azote sous forme d’ammoniaque; lorsqu’elles sont sèches, leur analyse s’effectue comme celle d’un guano ; on y détermine l’ammoniaque, l’azote organique, l’acide phospliorique total et la potasse.
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Mais lorsqu’elles sont humides, il faut au préalable les dessécher et pendant cetle opération on risquerait de perdre de l’ammoniaque, si on n’avait pas soin d’ajouter au préalable, à la matière divisée, de l’aeide oxalique en poudre dans la proportion de 2 po.ur 100, ou, ce qui est mieux, dans une proportion telle que le mélange rendu homogène garde une réaction nettement acide ; on peut alors évaporer sans crainte de perdre de l’ammoniaque, mais dans le calcul il faut tenir compte de l’acide oxalique ajouté.
On opère alors sur la matière sèche par les procédés ordinaires.
Souvent la poudrette est mélangée de substances diverses destinées à en augmenter les propriétés fertilisantes, par exemple des phosphates précipités, des superphosphates, etc. ; en appliquant à ce mélange la méthode au citrate d’ammoniaque, on n’obtient pas à l’état de dissolution dans ce réactif tout l’acide phosphorique que l’ont peut regarder comme assimilable, car il se produit du phosphate ammoniaco-magnésieii, qui, quoique facilement utilisable par les végétaux, échappe à l’action dissolvante du réactif ammoniaco-ci trique; il faut dans ce cas prendre de grandes précautions, pour ne pas classer dans les phosphates insolubles au citrate et par suite regardés généralement comme moins assimilables, les produits qui, en réalité, peuvent être utilisés rapidement pour les plantes. Dans ce cas et dans les cas analogues, le citrate d’ammoniaque est donc un réactif infidèle et il n’y a pas lieu d’attribuer de la valeur aux résultats obtenus avec son emploi. Nous conseillons de diviser 1 gramme d’engrais dans un mortier et de délayer dans un peu d’eau ; on le verse alors dans un flacon bouché et on le fait séjourner avee de l’eau saturée d’acide carbonique, en agitant de temps en temps; on décante le liquide et on remet une seconde et même une troisième fois sur le résidu d’eau saturée d’acide carbonique, qu’on laisse chaque fois agir pendant 12 heures au moins. Tous ces liquides sont évaporés à un petit volume, on y dose l’acide phosphorique par les méthodes ordinaires ; on obtient ainsi l’acide phosphorique soluble dans une eau chargée d’acide carbonique et qu’il convient de regarder comme facilement absorbée par les raeines des plantes.
§ 8. — DÉBRIS ANIMAUX (CHAIR, SANG, MARCS DE COLLE, PAINS DE CRETÛN , CHIFFONS DE LAINE, RAPURES DE CORNES, ROGNURES DE PEAUX, ETC.).
Ces substances qui entrent fréquemment dans la pratique agricole, comme engrais azotés, sont particulièrement riches en azote et contiennent en outre, une certaine proportion d’acide phosphorique.
Ordinairement les matières sont peu homogènes, très difficiles à diviser et pour le dosage de l’azote, il convient de leur appliquer le traitement préalable pour l’acide sulfurique, tel qu’il a été décrit par M. Grandeau ; on s’arrange de manière à introduire dans le tube à chaux sodée, une quantité de substance qui corresponde à 5 décigrammes de la matière à analyser et on emploie l’acide sulfurique normal.
Le dosage de l’acide phosphorique s’effectué sur le résidu de l’incinération de S grammes de matière. On opère comme s’il s’agissait d’un phosphate naturel, mais l’incinéralion a besoin d’être faite dans des conditions spéciales ; il faut au
préalable ajouter h la masse, divisée autant que possible, environ } gramme de chaux en poudre; en chauffant ce mélange, il devient pâteux et se boursoufle; à ce moment il est nécessaire de bien agiter la masse, pour la rendre homogène; lorsque le boursouflement s'est arrêté, on continue à chauffer au rouge sombre pendant quelque temps, de manière à brûler presque tout le charbon; mais sans s’astreindre à obtenir des cendres blanches.
Si l’on voulait doser la potasse qui existe en petite quantité dans ces produits, il faudrait opérer l’incinération de la même manière et se servant pour le reste de l’opération des procédés décrits plus haut.
Le même mode opératoire s’applique aux produits animaux torréfiés ou traités par les acides.
§ 9 — TOURTEAUX, RESIDUS DE FËCULERIE, TOURAILLONS, MARCS DE POMMES ET DE RAISINS, ETC.
Ces produils qui sont souvent employés comme engrais sont tantôt à l’état see tantôt à l’état humide. Dans le dernier cas ils sont au préalable desséchés. On divise la matière aussi finement que possible soit au mortier, soit dans un moulin ; on y dose l’azote au moyen de la cbaux sodée, en opérant sur d gramme de matière et en prenant, suivant la richesse supposée, de l’aeide sulfurique titré normal ou de l’acide décime.
On recherche l’acide phosphorique dans le résidu de l’incinération de 10 grammes de matière, en opérant comme s’il s’agissait d’un phosphate naturel.
La potasse est dosée également dans le résidu de l’incinération de 10 grammes de matière qu’on lessive à l’eau; dans cette solution on dose la potasse à l’état de perchlorate.
Dans certains cas il y aura aussi à doser la chaux et l’acide sulfurique qui s y trouvent. On dose ces deux corps sur le résidu de l’incinération d’après les méthodes décrites plus haut.