PRISE DE TITRE D'UN SUIF
Les suifs sont constitués par un mélange de graisses concrètes et de graissesliquides en proportions variables, et leur valeur vénale dépend de la proportion de corps gras solides qu’ils renfei’ment ; il y a donc intérêt à mesurer cette quantité pour pouvoir calculer la valeur réelle du produit. Voici comment on opère : on introduit dans une capsule en fonte émaillée, de la capacité de 1 litre et demi à 2 litres, 50 grammes du suif k essayer, on chauffe avec un bec de gaz jusqu’au moment où la graisse fondue commence à dégager quelques vapeurs ; k ce moment on y introduit rapidement, et en agitant constamment avec une baguette, un mélange fait k l’avance de 25 cenlimètres cubes d’alcool à 96° et de 40 centimètre cubes d’une solution de soude caustique marquant 36° à l’aréomètre de Baumé, mélange qu’on a obtenu en agitant fortement avec une baguette les deux liquides réunis dans le même verre. Au bout de quelques instants la matière contenue dans la capsule tend k se solidifier; on enlève alors le feu et on ajoute 1 litre d’eau distillée, on fait bouillir pendant 45 minutes en remplaçant l’eau à mesure qu’elle s’évapore, puis on y ajoute de l’acide sulfurique étendu de 2 fois son volume d eau jusqu’au moment où le liquide a pris une réaction très nettement acide; on continue l’ébullition jusqu’à ce que les grumeaux d’acide gras mis en liberté aient disparu et que ces acides forment à la surface du liquide une couche huileuse transparente; on arrête l’ébullition à ce moment et à l’aide d’un siphon plongeant jusqu’au fond de la capsule on enlève la plus grande partie de l’eau ; les dernières
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parties d'eau sont enlevées au moyen d’une pipette effilée, puis les acides gras encore liquides sont transvasés dans une petite capsule à fond plat qu’on place à l’étuve ou au bain de sable à une température inférieure à 100°. La matière grasse se rassemble en une huile limpide et les dernières parties d’eau se trouvent dans le fond de la capsule. On décante doucement le liquide huileux dans une petite soucoupe.
Lorsque la graisse est figée on la coupe en petits morceaux et l’on introduit dans un tube à essai ayant à peu près 22 ou 23 millimètres de diamètre et 8 à 9 centimètres de hauteur; le tube est fixé dans un bouchon de liège qui est lui-même placé sur un flacon à large ouverture, comme le représenté la figure 92. On commence à chauffer le tube sur un bec de gaz, de manière à obtenir une fusion complète sans cependant élever la température outre mesure.
Fig, 92.
Les acides gras étant complètement liquéfiés et le tube étant rempli à moitié, on suspend, de manière à ce que sa boule se trouve au centre du liquide, un thermomètre sensible, divisé en dixièmes de degré, et on replace le tout sur le flacon, qui est destiné, en formant une enveloppe autour du tube, à régulariser le refroidissement. On fixe alors les yeux sur le thermomètre dont on suit la marche descendante ; il arrive un moment où, la matière étant sur le point de se solidifier, le thermomètre reste stationnaire pendant quelques moments ; on note exactement cette température; puis, par suite de la chaleur latente de solidification, le thermomètre remonte subitement de quelques dixièmes de degré ; on note le nouvel arrêt du mercure ; on prend la moyenne des deux lectures.
Il est bon de répéter cette opération assez délicate pour avoir un contrôle du chiffre trouvé, puis à l’aide d'un tableau dressé par M. Dalican qui a indiqué cette méthode, on cherche à quelle proportion d’acide concret et d’acide oléique correspond la température de fusion. Ce tableau est calculé de telle sorte qu’on obtienne directement le poids de chacun des deux acides pour 100 parties de suif, 4 pour 100 pour la glycérine et 1 pour 100 pour l’humidité et les impuretés étant préalablement défalqués.