‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 266 sur 285 · ANALYSE DU SANG · texte numérisé non relu

ANALYSE DU SANG

Le sang, à la sortie de l’artère, est reçu dans un flacon de 1/2 litre environ, qu’on ne remplit qu’en partie, qu’on bouche immédiatement et qu’on agite vivement pendant quelques minutes, afin do le délibriner. On avait pris au préalable le poids du flacon. On le pèse avec le sang qu’il contient pour obtenir le poids de ce dernier, on jette ensuite sur un petit linge fin, on recueille à part le sang défibriné qui passe et on lave la fibrine restée sur le linge sous un petit filet d’eau jusqu’à ce qu’elle soit devenue incolore, on la met dans une capsule tarée, on la dessèche à 100° et on la pèse après avoir enlevé par l’éther la graisse qu’elle retenait.

Quant au sang défibriné, on commence par prendre sa densité à 15°; on en évapore 20 centimètres cubes pris au moyen d’une pipette jaugée et placés dans une capsule tarée à fond plat, jusqu’à ce que le poids ne varie plus; on a ainsi le poids des matières fixes.

Dans cette matière fixe on peut doser la graisse, en broyant la matière détachée de la capsule dans un petit moulin à poivre, comme ceux qu’on emploie pour la table, et qui permettent de réduire en poudre sans perdre aucune, parcelle de matière. On épuise par l’éther et on dose la matière grasse avec les précautions indiquées pour la viande.

D'un autre côté, on a pris 20 centimètres cubes de sang, on les a évaporés également, puis on a incinéré à très basse température au moufle, en ayant eu soin d’empêcher, en retirant la capsule de temps en temps, un boursouflement excessif de la matière ; on obtient ainsi la somme des matières minérales. Dans ces matières minérales il convient souvent de doser le fer. Suivant la méthode de M. Boussingault, on verse dans la capsule 10 centimètres cubes d’acide chlorhydrique, puis on chauffe au bain de sable jusqu’à ce que les parties colorées par l’oxyde de fer soient dissoutes ou décolorées; on verse le liquide dans un ballon d’essayeur en lavant la capsule à deux reprises, chaque fois avec 2 ou 3 centimètres cubes d’acide chlorhydrique; on procède ..alors à la réduction du fer par le zinc pour le ramener à l’état de protoxyde.

Dans ce but, on maintient une légère ébullition et on introduit du fil de zinc par portions d’environ 0»r,5, en attendant après chaque addition, que le fil soit dissous pour en rajouter un autre, et l’on continue jusqu’à ce que le liquide ait pei’du la coloration jaune due au perchlorure de fer et que tout le zinc soit dissous. Pendant toute cette opération on a eu soin de maintenir bouché par un bouchon muni d’un tube effilé, afin d’cmpêcher la rentrée de l’air, puis on verse rapidement la liqueur dans un verre à précipité d’un demi-litre; en lavant le matras d’essayeur avec de l’eau distillée bouillie et refroidie. — On ajoute de l’eau jusqu’à ce que

le verre soit à moitié plein, et on verse immédiatement, à l’aide d’une burette graduée, en agitant constamment avec une baguette, une solution de permanganate de potasse, jusqu’au moment où la liqueur commence à prendre une teinte rosée. On lit le volume de liqueur employée; mais il y a lieu de faire une correction attribuable au zinc employé. — Cette correction s’effectue en dissolvant le même poids de zinc dans la même quantité d’acide chlorhydrique et employant la même quantité d’eau ; on ajoute à cotte solution le permanganate de potasse nécessaire pour obtenir l’apparition de la teinte rosée et on retranche le second volume du premier ; la différence donne le volume de permanganate nécessaire pour oxyder le fer contenu dans le sang. La solution de permanganate a été préparée quelques jours à l'avance; on a dissous 2 grammes de permanganate cristallisé dans 1 litre d’eau. Pour prendre le titre de ce permanganate on dissout dans le matras d’essayeur, au moyen de 10 centimètres cubes d’acide chlorhydrique pur, 50 milligrammes de fer pur 1 et, après la dissolution complète, on litre, comme il est dit précédemment, au moyen de la liqueur de permanganate; on sait ainsi à combien de fer pur correspond un volume donné de permanganate, et le calcul du fer dans le sang s’obtient par une proportion.

Il peut être, dans certaines recherches, important de doser le glucose contenu dans le sang. Comme on admet généralement que le glucose disparaît rapidement dans le sang extrait des vaisseaux, il convient de recueillir directement le sang dans un flacon contenant 200 centimètres cubes d’alcool à 96°; le flacon et l’alcool ont été pesés, on y reçoit environ 100 centimètres cubes de sang et on agite vivement ; toute action vitale est ainsi arrêtée par la présence de l’alcool ; en prenant de nouveau le poids du flacon, on obtient par la différence avec la première pesée le poids du sang introduit. — La matière coagulée est exprimée dans un petit sac de toile et le liquide qui s’écoule est filtré; on prend une quantité de ce liquide équivalente à la moitié en volume de la somme des volumes d’alcool et de sang : celte quantité correspond à la moitié du sang introduit ; on met dans une capsule et on chauffe au bain de sable jusqu’à ce que l’alcool soit complètement chassé; on verse alors dans un ballon d’un demi-litre, en lavant la capsule avec un peu d’eau, et on ajoute 50 centimètres cubes de liqueur de Fehling ; on fait bouillir pour obtenir la réduction du cuivre par le glucose, on recueille l’oxyde de cuivre et on détermine le cuivre réduit par le procédé de M. A. Girard. Le poids de cuivre multiplié par 0,569 donne la quantité de glucose contenue dans la moitié de la quantité de sang sur laquelle on avait opéré. .

Analyse des gaz du sang. — On peut doser l’oxygène libre ou faiblement combiné, par la méthode de M. Schützcnberger au moyen de l'hydrosulfite de soude, méthode semblable à celle que nous avons indiquée pour le dosage de l’oxygène dans les eaux.

On peut encore extraire les gaz du sang sous l’influence du vide et de l’ébul-lition, les recueillir et les doser par les procédés gazométriques ordinaires.

L’appareil que nous employons à cet effet (fig. 91) se compose d’un flacon por-

1. On peut prendre du fil de fer de Carde parfaitement essuyé ou un fer de Suède très pauvre en carbone.

tant une tubulure k la partie inférieure, avec un tube muni d’un caoutchouc et d’une pince, par lequel on fait pénétrer le sang. Le flacon est relié par sa tubulure supérieure k un réfrigérant portant des renflements et communiquant avec une trompe k mercure qui est elle-même reliée k une machine pneumatique.

On commence par faire le vide dans tout l’appareil, et ou l’active en chauffant le flacon placé au bain-marie et contenant un peu d’eau. Quand le vide est fait on interrompt la communication entre la machine pneumatique et la trompe, dont on fait alors écouler le mercure pour obtenir un vide parfait.

Le sang pris au sortir de la veine et avant toute coagulation est introduit en quantité mesurée par la tubulure du flacon, qu’on a eu soin de tenir remplie d’eau. Une fois le sang introduit, on fait le vide et on chauffe, en ayant soin de recueillir les gaz dans une cloche graduée remplie de mercure et placée sur le tube de dégagement de la trompe. Par suite de la coagulation, le sang a une forte tendance k mousser ; mais en modérant le chauffage et la marche du mercure, et grâce aux renflements que porte le réfrigérant, on évite l’entrée de la mousse dans le tube du réfrigérant.

Quand tout dégagement de gaz a cessé, on mesure le volume des gaz dans la cloche, en faisant les corrections de pression et de température ; on absorbe par quelques gouttes de solution de potasse l’acide carbonique et on fait une seconde lecture. L’oxygène est déterminé après son absorption par l’acide pyrogallique ou par un bâton de phosphore.

L’azote reste comme résidu.

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