‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 38 sur 285 · I. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

I. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

En décrivant les méthodes analytiques qui, dans l’état actuel de nos connaissances, nous paraissent les plus propres à conduire à des résultats exacts, nous avons cru devoir tenir compte des conditions dans lesquelles se trouvent placés les laboratoires d’analyse qui ont à effectuer, dans un temps déterminé, un certain nombre d’opérations.

Il ne s’agissait donc pas uniquement de la précision des procédés, mais encore de la facilité et de la rapidité de leur application. C’est à ce double point de vue que la Commission s’est placée et, dans le choix qu’elle a fait parmi les méthodes analytiques, elle a tenu grand compte des nécessités de la pratique du laboratoire;

mais elle a toujours subordonné toutes les autres considérations à celle de l’exactitude à obtenir dans le dosage.

Les méthodes qui n’ont pas été jugées suffisamment précises ont été écartées. Mais la Commission n’a pas la prétention d’avoir fait une œuvre définitive ; elle croit devoir laisser ouverte l'inscription de procédés nouveaux ou perfectionnés, lorsque ceux-ci auront fait leurs preuves.

11 existe quelquefois pour la détermination d’une même substance des moyens différents qui conduisent au résultat exact. Chaque fois que ce cas s’est présenté, la Commission a adopté ces diverses "méthodes, laissant à l’opérateur le choix de celle que lui indiqueront ses habitudes, ses ressources, ses préférences personnelles. Mais il ne faut pas oublier que la précision absolue est impossible à atteindre.

L’exactitude des opérations ne dépend pas seulement des méthodes; elle dépend aussi des opérateurs ; il y a donc deux causes d’erreur qui tendent à éloigner les chiffres obtenus dans l’analyse du chiffre vrai : l’erreur inhérente au procédé, l’erreur personnelle à l’analyste. Les chiffres que donne le dosage ne sont donc pas mathématiquement égaux au chiffre exprimant la quantité réelle de la -substance envisagée, et les écarts pourront êlre d’autant plus grands que la méthode est susceptible de moins de précision et l’opérateur moins habile.

De là résulteront des divergences entre les résultats obtenus par divers chimistes, divergences qui, dans l’esprit de personnes non initiées, pourront ébranler la confiance dans l'utilité et la valeur de l’épreuve analytique et embarrasser les tribunaux chargés de réprimer les fraudes. Les inconvénients de ces divergences sont apparents plutôt que réels et il convient de les discuter.

Dans les transactions commerciales, il suffit d’avoir des chiffres se rapprochant assez de la vérité absolue pour que l’écart soit sans préjudice appréciable pour l’acheteur ou pour le vendeur, et il y a une certaine latitude dans laquelle peuvent se mouvoir les résultats que l’on peut appeler pratiquement exacts. 11 faut donc admettre un écart permis, une tolérance, entre le titre indiqué et celui que donne l'analyse.

De là la nécessité de se rendre compte du degré de certitude qu’offre l’analyse chimique des matières fertilisantes.

C’est une tendance des personnes qui ne sont pas initiées aux sciences expérimentales diattribuer à celles-ci. plus de puissance qu’elles. n’ont en réalité. Il est du devoir de ceux qui sont chargés de préciser les conditions de l’intervention de la science dans les applications industrielles et commerciales de prémunir contre une confiance trop absolue dans les résultats de laboratoire.

On s’imagine souvent que le nombre de décimales est l’indice d’une plus grande exactitude; rien n’est moins vrai et le chimiste qui se rend compte de la valeur des chiffres ne s’attachera jamais à porter ce nombre au delà de ce qui rentre dans les limites des quantités dont il peut répondre. En général, quand les résultats sont rapportés à 100 de matière analysée, le maximum de précision qu’on puisse espérer ne dépasse pas une unité de la première décimale ; il n’y a donc à tenir aucun compte d’une.seconde et surtout d’une troisième décimale, et par suite, il est superflu de les employer en exprimant le résultat d’une analyse.

: Encore, dans la plupart des cas, n’est-ce pas d’une unité de la première décimale, mais, de plusieurs, que les chimistes peuvent s’écarter pour un même pro-

ENGRAIS

St

duit. On doit donc regarder comme pratiquement concordants les résultats qui ne diffèrent entre eux que d’un petit nombre d’unités de la première décimale, et ce nombre d'unités pourra être d'autant plus. grand que la quantité du corps à doser est elle:même plus grande par rapport à la matière analysée.

Pour fixer les idées nous citons quelques résultats :

Analyse d'un phosphate naturel.

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