ANALYSE DU TERREAU
Le terreau se distingue de la terre proprement dite par une proportion notablement plus grande de matières organiques, auxquelles sont dus principalement son état meuble et sa fertilité.
Le terreau proprement dit renferme toujours du calcaire; si celui-ci faisait defaut, on aurait affaire à un terreau acide, analogue comme propriétés aux terres tourbeuses ou aux terres de bruyères.
11 est facile de voir si un terreau est acide ou non ; dans le cas affirmatif, une
TERRES
dissolution d’ammoniaque qu’on met en contact avec lui se colore en noir; dans le terreau non acide, la matière organique étant combinée à la chaux se trouve sous une forme insoluble et ne cède rien à la solution ammoniacale.
D’ailleurs, dans la plupart des cas il reste, dans le terreau de bonne qualité, un excès de carbonate de chaux dont la présence est facile à mettre en évidence à l’aide d’un acide.
D'une manière générale, l’analyse chimique du terreau se fait comme celle d’une terre proprement dite ; mais il ne faut pas perdre de vue que certains éléments, comme la matière azotée par exemple, se trouvent en beaucoup plus grande proportion que dans le sol et qu’il faut par suite opérer leur dosage sur des quantités bien moindres de matières ; il ne faut pas non plus perdre de vue que le terreau nitrifie énergiquement et que par suite on est exposé à y rencontrer de notables quantités d’azotates qui rendent impossible l’emploi du procédé de dosage ordinaire par la chaux sodée. Cette dernière circonstance oblige à doser l’azote total en volume, à moins qu’on ne veuille doser séparément l’azote des nitrates et l’azote qui se trouve sous d’autres états ; dans ce cas on pourra employer le procédé qui a été indiqué pour les engrais complexes contenant l’azote sous plusieurs formes.
Pour la détermination de l’acide phosphorique ert de la potasse, on prend des quantités moindres de matière, soit par exemple 5- grammes, et on procède d’abord à leur incinération.
L’ammoniaque pourra y être dosée par le procédé que nous avons employé pour la terre, après qu’on aura détruit, par l’addition d’un acide, les propriétés absorbantes très énergiques du terreau.
En général, on ne peut pas doser dans une terre la matière organique par simple combustion, parce que la perte éprouvée au feu ne représente pas seulement la matière organique disparue, mais encore l’eau de combinaison des silicates, particulièrement des argiles, qui ne s’en va pas à la température de la dessiccation, mais bien à celle de la calcination. La perte éprouvée par la calcination représente donc l’ensemble de la matière organique et de cette eau combinée. Il faut donc, dans ce cas, doser directement la matière organique en mesurant l’acide carbonique qu’elle peut fournir par sa combustion.
Cependant, dans le cas du terreau, où il y a une quantité considérable de matière organique et peu ou point de silicates hydratés, on peut déterminer, par la perte qu’éprouve au feu la matière sèche, la quantité de substance combustible.
5 grammes de terreau sont desséchés dans une eapsule de porcelaine à 1 10° jusqu’à ce que leur poids ne varie plus ; on les porte sur une lampe à gaz ou mieux dans un moufle, jusqu’à ce que toute la matière organique ait disparu. Le poids des acides qui reste, retranché du poids de la matière sèche employée, donne le poids de la matière organique, qui peut se trouver augmentée dans une très petite proportion du poids de sels ammoniacaux et éventuellement du poids de l’eau combinée aux silicates.