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RECHERCHE DU FERMENT NITRIQUE DANS LES TERRES

Certains organismes inférieurs, et spécialement ceux dont les dimensions sont très petites, ne peuvent pas être reconnus uniquement par l’aspect qu’ils présentent

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au microscope, et ce sont les plus importants parmi ces organismes, ceux dont le rôle chimique ou physiologique a une importance considérable, qui sont généralement dans ce cas. Tels sont la bactéridie charbonneuse et en général les organismes parasitaires qui provoquent les maladies virulentes. Dans ce cas, pour déterminer leur nature il faut, à côté de l’observation microscopique, pratiquer un ensemencement dans un milieu approprié, soit artificiel ou naturel, ou même sur un animal vivant, et rechercher ensuite l’action chimique ou physiologique spéciale à l’organisme cherché et qui sert à le caractériser.

Le ferment nitrique en particulier ne se distingue pas par son aspect, même lorsqu’on l’observe avec un très fort grossissement, d’autres êtres inférieurs remplissant des fonctions différentes.

Lorsqu’on examine la terre au microscope, à côté d’organismes multiples on voit des petites cellules apparaissant sous la forme de corpuscules brillants, se eolorant par l’iode en jaune, par le carmin en rouge et en général sous l’influence des réactifs colorés employés dans l’observation microscopique. Ges petites cellules sont tantôt isolées tantôt géminées ; en les semant dans des milieux stériles appropriés, on les voit se multiplier lentement et produire la nitrification. Par des cultures successives, pratiquées suivant les prescriptions de M. Pasteur, on peut les obtenir à l'état de pureté et constater ainsi que c’est bien à ces cellules qu’est due la transformation en nitrate de l’azote organique ou ammoniacal. Mais ce genre de recherches entraînerait très loin et il est plus facile et tout aussi sùr pour constater la présence du ferment nitrique dans un milieu, soit une terre, soit une eau, de semer une parcelle ou une goutte de la matière à examiner dans un milieu stérile, exempt de nitrate, dans lequel on recherche, après un certain temps, s’il y a eu formation de nitrates, on peut même d’après la quantité de nitrate formé, dans un temps donné et dans des conditions identiques, avoir une notion sur les proportions relatives de ferment nitrique, en employant, pour l’ensemencement, des quantités égales de matières; ainsi, lorsque le milieu nitrifiable stérile est en grand excès sur la quantité de ferment et que l’action ne s’exeree que pendant un temps relativement court, on peut dire que les quantités d’acide nitrique produit sont sensiblement proportionnelles aux quantités de ferment introduites dans le milieu stérile.

Pour préparer un milieu stérile, on étend à 1 litre 100 centimètres cubes de vieux purin, on y ajoute 4 ou o grammes de carbonate de chaux finement pulvérisé, et on fait bouillir pendant une demi-heure ; le ballon qui a servi est d’ailleurs placé dans des conditions telles que des germes nitrifiants n’y puissent pas avoir accès ; pour cela il suffit de le recouvrir d’une feuille de papier à filtrer, préalablement flambée sur la flamme d’un bec de gaz. Le milieu n’est pas absolument exempt d’êtres vivants, puisqu’il n’a pas été chauffé à une température assez élevée pour déterminer la mort de tous les germes et que, d'ailleurs, toutes les précautions n’ont pas été prises pour empêcher absolument les germes de l’air de s’y introduire. Cependant ce milieu est stérile au point de vue spécial qui nous occupe; placé dans les conditions les plus favorables à la nitrification, il ne donnera naissance, même après un temps très long, à aucune trace de nitrate ; il suffit en effet de chauffer le ferment nitrique à une température inférieure à 100° pour le tuer, et d’un autre côté on a montré que ce même ferment ne se trouve pas

mélangé aux poussières de l’air, à moins que la terre n’ait été fortement remuée dans le voisinage.

Le vase dans lequel on doit pratiquer l'ensemencement consiste en un ballon à fond plat, à très large surface (fig. 27), qu’on a préalablement stérilisé en y faisant bouillir de l’eau pendant une demi-heure et qui s’est également refroidi après avoir été recouvert de papier à filtrer flambé.

Dans ce ballon on verse 100 centimètrés cubes du liquide préalablement préparé, au moyen d’une pipette qui a également passé à l’eau bouillante et en agitant le liquide de manière à faire entrer le dépôt de carbonate de chaux en suspension, puis on ajoute dans le ballon à fond plat 5 centimètres cubes d’une solution à 5 pour 100 de sulfate d’ammoniaque qui a été également chauffée au préalable.

Fig. 27.

C’est dans ce milieu, lorsqu’il est refroidi, qu’on met la substance dans laquelle on veut rechercher la présence du ferment. Lorsqu’il s’agit d’une terre, une parcelle équivalant à quelques milligrammes est suffisante : si l’on suppose que la quantité de ferment est très minime, on augmente la proportion, mais il faut avoir soin d’employer la matière non desséchée, parce qu’une dessiccation prolongée tue le ferment. On emploie d’ailleurs, pour toutes ces opérations, les précautions d’usage en pareil cas, en évitant autant que possible le contact de l’air et en se servant d’instruments passés à la flamme d’un bec de gaz.

Le ballon ainsi préparée est recouvert par du papier non collé sur lequel, pour le maintenir, on place un verre à précipité (fig. 27). Il est transporté dans une étuve oh la température se maintient voisine de 35°. On y place en même temps, comme témoin, un autre ballon pareil, contenant les mêmes substances, introduites avec les mêmes précautions, mais dans lequel on n’a pas pratiqué d’ensemencement.

Les ballons sont construits de telle sorte que les 100 centimètres cubes de liquide qu’on y a introduits n’occupent pas, sur le fond du ballon, une épaisseur de plus de quelques millimètres, et il faut avoir soin de placer le ballon sur une surface bien horizontale, de telle sorte que le liquide se présente sous une même épaisseur sur toute la surface du fond.

Au bout d’un mois environ, on arrête l’opération ; on verse dans une capsule le

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contenu du ballon, en laissant dans celui-ci, autant que possible, le dépôt solide; on évapore à sec dans une étuve fermée, à l’abri des gaz du foyer et, dans le résidu, on dose l’acide nitrique à l’état de bioxyde d’azote, en suivant la marche indiquée précédemment.

Remarque. Lorsque la terre ou la matière dans laquelle on veut constater la présence du ferment nitrifieateur contient des quantités notables de nitrate, ce qui arrive fréquemment pour les terres des tropiques, il faut au préalable enlever ce nitrate par un lavage à l’eau. Pour opérer ce lavage, on se sert d’eau distillée préalablement bouillie et puis refroidie et on jette le résidu sur un petit filtre qui a été lavé pendant un quart d’heure avec de l’eau bouillante, en ayant soin de couvrir l’entonnoir avec une plaque de verre flambée. Après l'élimination du nitrate, on introduit le petit filtre lui-même dans le ballon en agitant de manière à délayer la substance qui y adhère et à la disséminer dans le liquide de culture.

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