COHÉSION, ADHÉRENCE ET RETRAIT DE LA TERRE
Les propriétés de la terre qui ont trait à leur durcissement par la dessiccation, àleur adhérence aux instruments aratoires, au retrait qu’elles subissent, ne sont pas faciles à mesurer.
La mesure dynamométrique remplace ici avec avantage les procédés de- laboratoire, et les essais faits avec cet instrument ont le grand avantage d’être exécutés dans le champ lui-même. En effet, la détermination de la cohésion et de l'adhérence des terres est surtout intéressante au point de vue du travail nécessité pour les labours; l'essai au dynamomètre fonctionnant avec la charrue permet de déterminer directement et avec une précision suffisante l’effort de traction qui est nécessaire au labourage.
Cependant on peut faire au laboratoire des essais qui permettent de comparer grossièrement les terres entre elles, au point de vue de la cohésion ; on peut employer la méthode de Schübler, qui consiste à pétrir les terres avec une quantité d’eau telle qu’on puisse les façonner. On en fait alors des prismes à base carrée, ayant un côté de 2 centimètres et une longueur de 1 décimètre. Les prismes sont moulés dans une forme toujours identique et dans laquelle on les comprime de la même manière. Les prismes sont ensuite desséchés à l’air libre ; lorsqu’ils sont secs, on en appuie les extrémités sur des supports fixes, et l’on attache à leur milieu un plateau de balance (fig. 28) d’un poids connu et peu élevé; on charge peu
à peu le plateau de poids jusqu’au moment où l’on obtient la rupture du prisme. On note le poids, en y comprenant celui du plateau lui-même, et l’on répète cette expérience plusieurs fois sur des prismes façonnés avec la même terre. La moyenne des poids nécessaires à la rupture donne ce qu’on appelle la cohésion.
TERRES
Les terres sont en général d’une cohésion d’autant plus forte qu'elles renferment plus d’argile, ou d’humates, ou des éléments plus fins. Les terres siliceuses, surtout lorsque les éléments dont elles sont formées sont grossiers, ont une cohésion beaucoup plus faible.
Pour déterminer Y adhérence, on peut employer une méthode également due à Schübler et qui est loin d'être parfaite ; elle consiste à pétrir la terre de manière à l’imbiber au maximum et à y appliquer un disque métallique, toujours le même, qui forme l’un des plateaux d’une balance. On l’applique de manière k produire une adhérence aussi forte que possible ; puis dans l’autre plateau de la balance on met peu k peu les poids, jusqu’au moment oit l’adhérence est détruite. Les poids qu’il a fallu ajouter pour obtenir ce résultat servent de mesure à cette propriété.
Le retrait des terres parla dessiccation peut se déterminer en façonnant un cube de 5 centimètres de côté avec la terre mouillée au maximum d’imbibition ; on laisse sécher cette terre lentement k l’air, jusqu’à ce que son poids ne varie plus ; on en prend ensuite les dimensions linéaires et on calcule le volume. La différence entre le volume primitif correspond au retrait.
Tous les procédés, nous le répétons, sont bien loin de donner des résultats exacts.