‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 81 sur 285 · ATTAQUE DES ROCHES PAR L'ACIDE FLUORHYDRIQUE · texte numérisé non relu

ATTAQUE DES ROCHES PAR L'ACIDE FLUORHYDRIQUE

Au lieu d’attaquer les roches par les carbonates alcalins ou par la chaux, on peut se servir de l’acide fluorhydrique, qui élimine la silice à l’état de fluorure de silicium et qui dégage ainsi les bases. L’acide fluorhydrique qu’on emploie doit être fumant et ne pas laisser de résidu lorsqu’on l’évapore. Il doit être conservé dans des flacons en argent ou en gutta-percha, et les réactions auxquelles on l’emploie doivent s’opérer dans des vases en platine. Au lieu d’acide fluorhydrique, on peut employer le fluorhydrate d’ammoniaque, qui est ordinairement plus pur. Ce procédé s’applique en général aux roches silicatées et peut être pratiqué concurremment avec la voie moyenne.

Le minérai est d’abord pulvérisé finement, puis chauffé au rouge dans un creuset de platine. On le pulvérise à nouveau au mortier d’agate et on en prend un poids de I à 2 grammes qu’on place dans une capsule de platine et qu’on arrose de 6 à 8 centimètres cubes d’aeide fluorhydrique fumant ; on laisse digérer à chaud pendant un quart d’heure, après avoir délayé la matière avec un fil de platine ; puis on ajoute 2 à 5 centimètres cubes d’acide sulfurique, qu’on a au préalable additionné de son volume d’eau. On chauffe d’abord au bain de sable jusqu’à ce que tout l’acide fluorhydrique soit volatilisé, puis plus fort, de manière à chasser l'acide sulfurique. La masse est reprise à chaud par de l’acide chlorhydrique ; si eclui-ci laisse un résidu, on décante la partie soluble, on dessèehe ce résidu et on le traite une seconde fois par les acides fluorhydrique et sulfurique. On reprend de nouveau par l’acide chlorhydrique et dans ces liqueurs réunies on peut doser les bases, alumine et oxyde de fer, chaux, magnésie, potasse et soude, d’après les procédés ordinaires. Nous n’envisagerons que le cas du dosage de la chaux et de la potasse.

Le liquide acide est additionné d’ammoniaque, porté à l'ébullition et filtré; on y ajoute de l’oxalate d’ammoniaque pour précipiter la chaux qu’on recueille et qu’on pèse à l’état de carbonate. Après la séparation de la chaux, on évapore à sec la liqueur qui contient la potasse ainsi que beaucoup de sels ammoniacaux ; on chauffe assez fortement pour volatiliser ceux-ci, en portant vers la fin la température pendant quelques minutes jusqu’au rouge sombre. On reprend par l’eau et on additionne d’un petit excès d’eau de baryte ; puis, après filtration, de carbonate d’ammoniaque; on fait bouillir quelques minutes, on filtre de nouveau et on évapore à

sec. Les sels ammoniacaux sont détruits par l’eau régale et la potasse est dosée à l’état de perchlorate.

La méthode d’attaque par l’acide fluorhydrique peut servir à doser tous les éléments des roches; mais la silice s’obtient toujours par différence.

En substituant le fluorhydrate d’ammoniaque à l’acide fluorhydrique, il faut ajouter de l’acide sulfurique qui provoque la réaction.

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