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RECHERCHE DES MATIÈRES ORGANIQUES DE L’EAU

1er procédé. — Le dosage de la matière organique contenue dans les eaux présente de très grandes difficultés ; pour l’opérer avec quelque exactitude il faut faire comme pour les terres, c’est-à-dire doser, par l’analyse organique, le carbone appartenant à la matière organique. Cependant la matière organique n’exislant jamais qu’en très petite quantité, il faut opérer sur des masses d’eau considérables, c est-

EAUX

à-dire 10 ou 20 litres, ou même davantage, qu’on évapore à sec. Le résidu contient du carbonate de chaux et du carbonate de magnésie, outre les matières organiques ; il est bon, au préalable, de détruire tout l’acide carbonique des carbonates ; dans ce but on déplace l’acide carbonique qui préexiste, par un léger excès d’acide chlorhydrique étendu et on évapore de nouveau à sec. Tout l’acide chlorhydrique en excès étant chassé ainsi que l’acide carbonique, on détache de la capsule toute la matière adhérente et on l’introduit dans la nacelle de platine dans laquelle doit s’opérer la combustion. Pour détacher complètement cette matière, on peut se servir de sable siliceux préalablement calciné, qui, par le frottement sur la capsule, peut enlever complètement la matière qui y reste collée.

Le dosage s’effectue d’ailleurs comme dans l’analyse d’une matière organique quelconque, avec les précautions qui sont indiquées au paragraphe relatif au dosage du carbone dans les terres.

Dans toutes les évaporations ayant pour but la recherche des matières organiques dans l’eau, il est nécessaire d’effectuer l’évaporation dans une même capsule, de petite dimension, dans laquelle on maintient le niveau constant au moyen d’un flacon F

renversé et portant un bouchon et un tube large d’environ 1 centimètre, dont l’extrémité taillée en biseau plonge dans le liquide de la capsule. Lorsque le niveau baisse dans la capsule, de l’air rentre dans le flacon et permet l’écoulement d’une nouvelle quantité d’eau, qui vient remplacer celle qui s’est évaporée. Il faut d’ailleurs avoir soin d’opérer cette évaporation à l’abri des poussières de l’air.

Le procédé dont nous venons de parler est très long et d’une application difficile; dans la plupart des cas, on peut se contenter d’évaluer approximativement la pro-

portion de matière organique. Pour cela, on peut se servir d’un procédé très simple qui n’est pas à proprement parler quantitatif, mais qui peut indiquer si les eaux sont plus ou moins chargées de matières organiques.

Ce procédé consiste à évaporer, dans une petite capsule d’environ 10 centimètres de diamètre, 1 litre de l’eau à examiner. Lorsque le volume n’est plus que de 15 ou 20 centimètres cubes, on laisse refroidir, on ajoute 2 ou 3 centimètres cubes d’acide sulfurique, on promène le liquide sur la paroi de la capsule, de manière à ramasser tout ce qui s’y trouve collé, puis on évapore à sec dans une étuve chauffée à 100°; sous l’influence de l’acide sulfurique qui se concentre dans cette opération, la matière organique est carbonisée et le résidu est d’autant plus coloré que la matière organique est plus abondante.

2e procédé. — Un autre procédé, qui est quantitatif dans une certaine mesure, consiste à déterminer quelle quantité de permanganate de potasse peut être réduite par l’eau examinée. Les matières organiques ont en effet une action réductrice sur le permanganate, mais la réaction n'est pas, en général, nette ou même complète. D’ailleurs, les nitrites, qu’on trouve fréquemment dans les eaux exerceront sur les eaux une action analogue à celle des matières organiques ; nous ne donnons donc ce procédé que sous toutes réserves. Voici la manière d’opérer. On place dans un ballon 1 litre de l’eau à essayer, on ajoute 1 centimètre cube d’acide sulfurique, puis on le porte à la température de 90° ; d'un autre côté, on a préparé une solution de permanganate de potasse, contenant 1 gramme de ce sel par litre. Lorsque l’eau est amenée à la température voulue, on y verse goutte à goutte et en agitant constamment la solution de permanganate contenue dans une burette graduée, jusqu’au moment où la liqueur prend une légère teinté rose; il faut d'autant plus de permanganate que la quantité de matières organiques était plus abondante. Mais il est nécessaire de faire une correction ; en effet, même lorsque l’eau est parfaitement pure, il faut une certaine quantité de permanganate pour produire la coloration rose. On fera donc une correction avec 1 litre d’eau distillée parfaitement propre, en opérant comme on vient de le faire sur l’eau à examiner. La quantité de permanganate qu’il a fallu employer dans le dernier essai est retranchée de celle qu’on avait trouvée dans l’essai précédent. On peut admettre, sans que ce chiffre ait rien d’absolu, que chaque centimètre cube de permanganate employé correspond à 4 ou 5 milligrammes de matière organique.

Le procédé qui consisterait à calciner le résidu de l’eau et à déterminer par la perte de poids au feu, ne donne aucun résultat digne de confiance, et nous ne conseillons de l’employer dans aucun cas.

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