‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 112 sur 266 · NITRATE DE POTASSE · texte numérisé non relu

NITRATE DE POTASSE

L’aspect de la cassure du salpêtre est considéré comme fournissant de sérieuses indications sur sa qualité. S’il est pur, sa cassure est brillante et pré-

sente un aspect cristallin bien défini ; il suffit de ^ de chlorure de sodium pour la rendre un peu granuleuse ; avec ^ du même sel, le centre n’est plus rayonné et il a perdu de sa transparence ; s’il y en a ^ les rayons ne sont plus visibles que sur les angles. On observe les mêmes phénomènes quand le salpêtre est mélangé avec du nitrate de soude.

aiéthode de RilTmilt. — Le nitrate de potasse peut renfermer du sel marin, du nitrate de soude, des chlorures de calcium et de magnésium, des sulfates de chaux et de magnésie. La meilleure méthode propre à découvrir ces matières étrangères est due à Riffault; elle consiste à utiliser ce fait qu’une solution saturée de nitre pur, à une température quelconque, est capable de dissoudre à cette même température d’autres sels, le sel marin en particulier ; ou prend alors une solution saturée de nitrate pur, et l’on s’en sert pour laver une certaine quantité de salpêtre.

Dans les poudreries on opère sur 400 grammes de sel à examiner et un demi-litre d’eau saturée de nitrate pur; on agite le mélange pendant 10 minutes, on laisse reposer et on décante sur un filtre, puis on fait un second lavage avec une quantité moitié moindre de liqueur saturée; on fait alors tomber la totalité de la matière non dissoute sur le filtre. On effectue en général deux opérations simultanées, en sorte que le filtre contient le nitrate pur provenant de 800 grammes de salpêtre à analyser. On laisse la masse s’égoutter pendant 24 heures, on étend le filtre sur une plaque poreuse pour lui enlever le plus possible du liquide qu’il peut contenir, enfin on achève de le dessécher au bain de sable. Du poids de matière sèche obtenu on déduit facilement la teneur en impuretés.

Toutefois cette méthode n’est qu’approximative et l’expérience a montré qu’il faut faire subir au résultat trouvé une correction, sensiblement constante et égale à 2 p. 100 du déchet trouvé; elle représente le salpêtre de la dissolution saturée qu’on n’a pu éliminer, et la petite quantité de matières insolubles qu’on est conduit à compter comme salpêtre pur. Une des difficultés de ce procédé consiste dans l’emploi de liqueurs exactement saturées; on s’assure qu’une solution remplit cette condition en y plongeant un aréomètre à graduation arbitraire telle que si le résultat désiré est obtenu, il marque le même degré qu’un thermomètre qu’on y plonge en même temps. Enfin il faut que la température ne varie pas pendant la durée des opérations; dans le cas contraire il y aurait une précipitation d’une certaine quantité de salpêtre ou dissolution d’une partie de celui de féchantillon.

L’examen des impuretés se fait sur la liqueur qui les contient par Jes procédés ordinaires.

Essai du salpêtre raffiné. — L’essai du salpêtre se borne, en général, à la détermination de l’eau, de l’azotate de soude et du chlore.

Eau. — La détermination de l’eau se fait en mesurant la perte de poids que la fusion fait subir à une quantité déterminée de salpêtre.

Chlore. — Le salpêtre destiné à la fabrication de la poudre ne doit pas renfermer plus de de chlorures. Pour l’essayer, on en dissout 10 grammes et l’on y verse 1 gramme d’une solution de nitrate d’argent contenant 0,00968 de ce sel, quantité nécessaire pour décomposer de sel marin. Si donc le salpêtre remplit la condition voulue, le liquide filtré ne doit plus précipiter par une nouvelle addition de nitrate d’argent. On sépare, en général, la liqueur filtrée en deux portions ; dans l’une on verse quelques gouttes de nitrate d’argent, dans l’autre un peu d’eau salée. Suivant que l’une ou l’autre des deux liqueurs se trouble on en conclut le sens dans lequel le nitrate essayé s’écarte de la teneur réglementaire.

Nitrate de soude. — Pour constater son absence on dissout à l’ébullition 20 grammes de salpêtre, on laisse cristalliser, puis on trempe dans l’eau mère un fil de platine et on évapore la goutte qui y reste adhérente en le chauffant dans la flamme d’une lampe à alcool qui ne doit pas se colorer en jaune. De toutes les impuretés, c’est la plus difficile à éliminer, et certains salpêtres

ne contenant plus que de sulfates et de chlorures renferment encore

de nitrate de soude. Voici comment on peut mettre en évidence d’aussi faibles quantités de ce sel.

On dissout le salpêtre dans environ son poids d’eau chaude, puis on laisse refroidir; le nitre cristallise seul, les impuretés restent dans la liqueur mère.

On prélève alors une proportion déterminée, par exemple les ^ de l’eau introduite, et comme elle contient seulement le g du salpêtre introduit, la proportion d’impureté dans la liqueur a augmenté et est devenue x 5 = 4,5 de celle qui

existait dans le salpêtre primitif. On concentre ensuite la dissolution, on laisse cristalliser de nouveau, et on répète une ou deux fois ce traitement. Finalement on a une eau mère dans laquelle la proportion d’impuretés est dans un rapport connu avec celle qui existait dans l’échantillon et l’on obtient rapidement un sel qui contient 20 à 25 fois plus d’impuretés que le sel primitif, et dans lequel par suite la soude peut être dosée. En appliquant cette méthode de concentration méthodique de soude peut être dosé à moins de ^ de sa valeur absolue.

Page 1