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SOUS-NITRATE DE BISMUTH

Le sous-nitrate de bismuth employé en médecine doit correspondre à la formule Bi'O®, AzO® + 2HO. Bien que le mécanisme de l’action thérapeutique de

ce sel soit encore douteux, on incline à penser que son effet utile pourrait bien être dû à l’acide nitrique mis en liberté par l’hydrogène sulfuré des gaz intestinaux, et à l’action lente qui en résulterait sur les parois de l’intestin. S’il en est ainsi, on peut prévoir que l’efficacité d’un sous-nitrate sera intimement liée à la quantité d’acide nitrique qu’il contient. Théoriquement elle doit être égale à 17,64 p. 100, cependant certains échantillons commerciaux n’en renferment que 0,898 à cause de l’habitude qu’ont certains fabricants, dans le but d’augmenter le rendement, de précipiter les eaux mères par de l’ammoniaque. On dose l’acide nitrique soit par une des méthodes précédemment indiquées, soit au moyen de la chaux sodée.

Impureté!^ du sous-nitrate. — Le sous-nitrate du commerce peut contenir certaines impuretés dont les unes, comme le phosphate de chaux, introduites dans un but de fraude, ne sont pas de nature à produire un effet fâcheux dans l’économie; mais dont quelques autres introduites accidentellement, comme le plomb et l’arsenic, sont des poisons. Nous ne rechercherons ici que la première de ces substances dont tous les sous- nitrates industriels contiennent une certaine quantité. C’est ainsi que 10 grammes de divers échantillons examinés par M. A. Carnot en contenaient :

Les derniers exemples sont de nature à inspirer des craintes, si l’on songe que le sous-nitrate de bismuth est parfois administré à raison de 10 à 20 grammes par jour. A cette dose et avec le dernier échantillon on introduirait dans l’économie 1 à 2 décigrammes par jour d’oxyde de plomb.

Plomb. — Pour doser le plomb dans un échantillon de sous-nitrate, on en attaque 10 à 20 grammes dans une capsule de porcelaine par de l’acide chlorhydrique concentré qu’on verse peu à peu en opérant à chaud et jusqu’à dissolution complète. Après refroidissement, on ajoute dans la liqueur, qui doit être aussi peu acide que possible, quelques gouttes d’acide sulfurique, puis 40 centimètres cubes environ d’alcool rectifié à 98,3 centièmes. L’addition de ce dernier ne doit donner lieu à aucun trouble : s’il s’en produisait un, il faudrait ajouter quelques gouttes d’acide chlorhydrique qui le feraient disparaître; on laisse en repos pendant un jour ou deux, on décante sur un petit filtre, on lave par décantation avec de l’alcool rectifié, puis finalement avec de l’alcool pur.

Après dessiccation, on sépare la substance du filtre, qu’on brûle à part; on met les cendres avec le résidu dans une très petite capsule de porcelaine tarée, on humecte d’acide sulfurique, on évapore et l’on chauffe jusqu’au rouge, enfin on pèse le sulfate de plomb.

11 est bon toutefois de s’assurer que ce sulfate ne contient pas de bismuth ; on le fait en reprenant la matière par quelques gouttes d’acide chlorhydrique chaud, ajoutant de l’alcool, décantant la liqueur claire et la faisant tomber dans l’eau. Les plus faibles traces de bismuth rendent l’eau opaline, par suite de la formation d’oxychlorure.

Il arrive parfois que certains sous-nitrates contiennent un peu de chaux, et comme le sulfate de chaux est, lui aussi, insoluble dans l’alcool, on trouverait un résultat erroné. On précipite alors le plomb de la dissolution chlorhydrique à l’état de chlorure au moyen d’alcool rectifié employé sans addition préalable d’acide sulfurique. Le dosage du plomb ainsi effectué est moins précis, mais on a encore une approximation suffisante, l’erreur n’atteignant pas 2 milligrammes.

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