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POUDRE A TIRER

Les matières explosives utilisées sont aujourd’hui très nombreuses; les plus anciennement connues renferment du salpêtre, depuis lors on a employé à sa place le chlorate de potasse, enfin dans ces derniers temps la poudre de guerre n’emprunte plus rien aux composés métalliques. On sait en effet que les poudres sans fumée sont constituées par des mélanges de celluloses nitrées. Nous n’examinerons ici que les poudres noires qui, vraisemblablement, seront encore longtemps utilisées.

L’examen d’une de ces poudres comprend, outre des déterminations analytiques, des essais physiques et enfin des épreuves destinées à déterminer la force ■développée par sa combustion.

Analyse cliimicine de la poudre. — Les diverses poudres noires ont des compositions assez peu différentes qui se rapprochent de la suivante : azotate de potasse 75p. 100, soufre 10 à 12 p. 100, charbon 13 à 14 p. 100 -et humidité Ip. 100. Voici de quelle manière on dose les différents éléments.

Humidité. — Pour déterminer la quantité d’eau contenue dans une poudre, on la dessèche avec précaution à aussi basse température que possible, ou ■mieux encore dans le vide, en présence d'acide sulfurique (1). On arrête la dessiccation quand la poudre, qui doit avoir été réduite en poussière et placée dans des verres de montre, ne change plus de poids, c’est-à-dire quand les trois dernières pesées effectuées à 12 heures d’intervalle donnent le môme résultat

L’humidité d’une poudre varie avec le temps, quelque soin qu’on ait mis à ■débarrasser le nitrate de potasse du nitrate de soude, et quelque précaution qu’on apporte à sa conservation ; une trop forte proportion d’humidité lui enlève la majeure partie de ses qualités. Si la poudre ne contient pas au delà de 7 p. 100 ■d’eau, on se contente de la faire sécher et de l’épousseter; quand la quantité d’eau s’élève à 8, 10 et 14 p. 100, comme cela arrive quelquefois, on remet la •poudre en fabrication, opération qui s’appelle la radouber. La poudre avariée .par l’eau de mer a perdu toutes ses propriétés et ne peut plus servir qu’à donner du nitre qu’on en retire en la traitant par l’eau.

Nitre. — On dépose sur un filtre 2 à 3 grammes de poudre sèche et on la lave avec une petite quantité d’eau bouillante. Les 20 à 30 premiers centimètres

(1) Séchée à température trop élevée, la poudre perdrait un peu de soufre, et c’est à ce •dégagement de vapeurs qu’est due l’odeur sulfureuse que l’on perçoit dans les séchoirs de poudreries.

cnbes qui passent contiennent la presque totalité du nitre, on les évapore doucement, au bain-marie, dans une capsule de platine ; les eaux de lavage qui viennent ensuite sont d’abord concentrées dans un ballon incliné, puis versées par petites portions dans la capsule ; le lavage doit être continué d’ailleurs tant qu’une goutte du liquide évaporée sur une lame de platine laisse un résidu. Quand le contenu de la capsule est amené à sec, on chauffe de manière à fondre le nitrate et on le pèse.

On peut avoir une vérification en pesant le mélange de charbon et de soufre, mais alors il faut employer un double filtre taré et dessécher vers 80 degrés iusqu’à poids constant.

Soufre. — Le meilleur moyen de le doser exactement est de le transformer en acide sulfurique par des oxydants convenables; les méthodes qui consistent, en effet, à traiter la poudre ou le résidu précédent par du sulfure de carbone ne permettent pas le dosage du soufre insoluble dont la poudre contient toujours une certaine proportion. Le traitement par des dissolutions bouillantes de monosulfures ou de sulfites alcalins qui laissent le charbon et dissolvent le soufre ne donne pas non plus de résultats irréprochables.

Pour transformer le soufre de la poudre en acide sulfurique, on a proposé divers procédés, nous indiquerons les meilleurs.

1° On peut traiter la poudre par l’acide nitrique jusqu’à dissolution totale, puis éliminer ensuite l’acide nitrique au moyen d’acide chlorhydrique.

2» Clœtz et Guignel font bouillir 1 gramme de poudre avec du permanganate de potasse jusqu’à ce que tout soit oxydé et que le permanganate ne se décolore plus. On redissout l’oxyde de manganèse avec de l’acide chlorhydrique, puis on fait bouillir de manière à chasser le chlore; si l’oxyde tardait à se dissoudre, c’est que la liqueur serait trop étendue; il faudrait alors la concentrer par évaporation et ajouter de nouveau de l’acide chlorhydrique.

3° Les deux méthodes précédentes sont des méthodes d’oxydation par voie humide; Gay-Lussac a indiqué une méthode par voie sèche. On mélange la poudre avec 1 partie de carbonate de soude et 6 parties de chlorure de sodium fondu, ce dernier étant destiné à diminuer la vivacité de la réaction, et à empêcher qu’une portion de la matière ne soit projetée hors du creuset, puis le mélange est projeté par petites portions dans un creuset chauffé au rouge. La réaction terminée, on reprend la masse par l’eau et on traite la dissolution obtenue par l’acide azotique, qui décompose le carbonate de potasse en excès ainsi que l’azotite de potasse qui a pris naissance dans la réaction.

4° Enfin on peut, après avoir séparé le nitre, comme il est dit plus haut, brûler le mélange de soufre et de charbon dans un tube traversé par un courant, d’air; on dirige les gaz de la combustion dans un. tube à boules, contenant de l’acide chlorhydrique chargé de brome. On reprend ensuite le liquide du tube à boules, on se débarrasse par évaporation de l’acide chlorhydrique et du brome et l’on a une liqueur qui ne renferme plus que l’acide sulfurique.

Quelque soit le mode d’oxydation suivi, on arrive finalement à une liqueur dans laquelle on précipite l’acide sulfurique au moyen du chlorure de baryum avec les précautions convenables.

Charbon. — La poudre successivement épuisée par l’eau et le sulfure de carbone laisse un résidu composé presque exclusivement de charbon amorphe, mais qui contient, comme nous l’avons dit, un peu de soufre insoluble et en outre le graphite qui a servi à lisser les grains de poudre et des traces de métaux : fer, cuivre, étain, zinc, provenant des appareils où l’on a fait la pulvérisation (1).

Pour ces diverses raisons, le poids du. résidu qu’on obtient par le lavage de la poudre à l’eau et au sulfure de carbone, ne donne qu’une valeur approximative du charbon et il est indispensable de le brûler; la quantité d’acide carbonique produite indique la quantité de carbone pur contenu dans le poids de poudre analysé, et en môme temps la teneur en cendres.

Le tableau suivant donne la composition d'un certain nombre de poudres :

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