SALPÊTRE CHARBON SOUFRE
Essai physique des poudres. — Ces essais sont relatifs à la dureté et à la densité réelle des poudres.
Essai de dureté. — Il a pour objet de mesurer la quantité de poussière qui peut être produite dans les transports. Après avoir, au moyen de cribles de divers calibres, vérifié la grosseur des grains, on renferme la poudre en double baril, puis on fait parcourir au baril un espace de 100 mètres sur des plans inclinés garnis de tasseaux. On tamise la poudre après ce parcours, et on la pèse ; la diminution de poids indique la quantité de poussière qui s’est produite.
Densité. — La densité de la poudre constitue une de ses qualités les plus importantes, car elle aune influence considérable sur ses propriétés balistiques. On appelle densité gravimétrique le poids du litre de poudre y compris les interstices existant entre les grains; elle varie en général de 800 à 984 grammes. Le poids spécifique du grain obtenu en chassant l’air des pores est peu variable et très
(1) On constate en effet que les billes de bronze employées à cet usage diminuent assez vite de poids.
Poudre de guerre .
i fabriquée aux pilons.
d’Angoulême .
d’Esquerdes ...
Ancienne poudre ronde d’Essonne ....
Poudre de mine .
Poudre de traite .
Îde guerre .
Dartfort .
Tumbridge .
Berne .
Suède .
Prusse .
Hollande .
Autriche .
Chine .
proche du nombre 2; on l’obtient ordinairement par la méthode du flacon en employant comme liquide de l’alcool ou une solution saturée do salpêtre. Enfin, on considère encore une troisième densité, celle du grain y compris l’air contenu dans ses pores, c’est celle-là qu’on désigne plus spécialement sous le nom de densité. On peut employer pour la déterminer un procédé qui consiste à verser rapidement un poids déterminé de poudre dans une éprouvette graduée renfermant de l’alcool et déterminant immédiatement l’augmentation de volume ; les nombres obtenus sont un peu trop forts, surtout pour les poudres peu denses et non lissées pour lesquelles l’alcool déplace assez rapidement l’air contenu dans les pores.
Epreuves d’Iiygrométricité prescrites dtuis les povidreries. — Les poudreries doivent soumettre à la fin de chaque semestre les produits de leur fabrication aux épreuves suivantes :
On prend un échantillon de 100 grammes de chaque espèce de poudre et on l’étend sur un plateau muni d’un rebord qui a des dimensions telles que l’épaisseur de la couche de poudre ne dépasse pas 2 millimètres en moyenne.
On place les plateaux au-dessus d’eau contenue dans des baquets ayant une surface double des plateaux, en disposant les choses de telle sorte que chaque baquet soit rempli jusqu’à 26 centimètres environ des bords et que le plateau soit disposé à 2'”, 7 environ au-dessus de l’eau ; on couvre les baquets au moyen de couvercles munis de peau qui fait bourrelet et constitue une fermeture hermétique. On pèse tous les jours la poudre des plateaux, jusqu’à détérioration complète.
Cette épreuve dont les résultats sont consignés sur un registre spécial, fournit un l'enseignement excellent sur la résistance des poudres à l’humidité.
Épreuve de la puîssauee Italistiqiie fies poudres. — La
puissance balistique d’une poudre peut s’évaluer de deux manières :
1“ Théoriquement, d’après la quantité de chaleür produite, en tenant compte du volume des gaz dégagés, ce qui donne la valeur de la tension obtenue.
2° Pratiquement, en soumettant la poudre à un certain nombre d’épreuves dans des appareils types, et mesurant soit l’amplitude du jet d’un projectile, soit l’intensité du choc qu’il produit, soit sa vitesse initiale, soit enfin ces divers éléments réunis. Nous laisserons de côté les recherches théoriques et calorimétriques pour nous occuper seulement des appareils les plus usités pour les épreuves.
Deux surtout sont employés suivant que la poudre doit servir pour les armes courtes ou pour les armes longues; ce sont le mortier-éprouvette et le fusilpendule.
Mortier-éprouvette. — On commence par prélever les échantillons en faisant ouvrir ^ des barils de 100 kilogrammes et ~ des barils de 50 kilogrammes. De chaque baril on extrait quatre échantillons de 92 grammes
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQDE
chacun qu’on pèse avec soin et qu’on renferme dans des gargousses pour les transporter sur le champ d’épreuve ; cette quantité est immédiatement remplacée dans les barils pour en compléter le poids.
Le mortier que représente la figure 39 est incliné à 45 degrés, sa chambre reçoit 92 grammes de poudre, son projectile est un globe de 40 kilogrammes, et on vérifie avec le plus grand soin le diamètre de l’éprouvette qui doit être 7po. 01. 9p, celui de la lumière 01. 6p., le diamètre du globe 7 p. On choisit pour la chute du globe un terrain qui ne soit ni pierreux ni trop dur, et on établit le mortier sur une plate-forme bien horizontale, établie sur un massif de maçonnerie et formée de lambourdes en chêne jointurées, assemblées dans le sens de la ligne de tir. On place une étoupille dans la lumière, puis à l’aide d’un entonnoir on introduit dans l’éprouvette 92 grammes de poudre, puis le boulet est mis en place au moyen d’une poignée qu’on dévisse ensuite pour la rem-
Fig.
placer par un bouton vissé, et enfin on met le feu. On tire avec chaque poudre trois coups dont on prend la portée moyenne, api’ès avoir, en commençant l’épreuve, tiré un premier coup, simplement destiné à flamber le mortier.
La portée doit être d’au moins 225 mètres pour les poudres neuves et de 210 mètres pour les poudres radoubées.
Un mortier-éprouvette s’altère rapidement et donne avec une poudre identique des portées de plus en plus faibles. Pour prolonger l’emploi de l’instrument, on utilise des poudres essayées avec un appareil neuf, puis soigneusement mises à l’abri des altérations dans des bouteilles de verre ou des boîtes en fer-blanc bien desséchées et hermétiquement bouchées. La portée actuelle d’une telle poudre comparée à sa portée primitive permet d'apprécier la perte due aux altérations du mortier et d’en tenir compte pour l’essai d’une poudre quelconque.
Fusil-pendule. — C’est l’instrument d’épreuve de la poudre destinée aux armes longues. 11 se compose de deux parties (fig. 40) : le fusil-pendule proprement dit, et le récepteur ou pendule balistique. Le fusil-pendule est constitué par un canon de fusil d’infanterie solidement fixé sur un châssis en fer et mobile comme un pendule, sur deux tourillons à couteaux dont les arêtes forment un axe horizontal perpendiculaire à la direction de l’arme. Les tourillons portent sur des sièges en acier londu, en sorte que le système oscille avec la plus grande facilité.
On maintient le fusil horizontal à l’aide d’une petite masse de plomb qu’on voit figurer à la base du système et qui peut glisser sur une tringle horizontale portée par le châssis, de telle sorte qu’elle puisse être à volonté élevée ou abaissée ; il est donc facile de s’arranger de manière telle que le centre de suspension du pendule composé constitué par le système passe par l’axe du fusil. Enfin le châssis porte entre l’arme et l’axe de suspension une tige qui pousse un curseur mobile sur un arc de cercle divisé, de telle sorte que le recul du fusil se trouve inscrit.
Fig. 40.
Le pendule balistique se compose d’une boîte conique de bronze dont l’ouverture est placée en regard de la bouche du fusil, pour recevoir la balle qui en sortira. Cette boîte est suspendue, comme le fusil-pendule, au moyen de tourillons à couteaux qui constituent un axe de suspension parallèle au premier; elle contient une masse de plomb sur laquelle se produit le choc, et son recul se trouve automatiquement inscrit comme celui du fusil. Le calcul et l’expérience ont montré que la vitesse u' de la balle au sortir de l’arme est donnée par la formule suivante :
^ A' p'g's/Go'
dans laquelle
p' est le poids du pendule,
g' la distance du centre de gravité à l’axe de suspension, o' la distance du centre d’oscillation à l’axe de suspension , i' la distance de l’axe du fusil à l’axe de suspension,
. A' l’angle d’écartement du pendule, b' le poids de la balle et de la bourre,
D le diamètre intérieur du canon de fusil, d le diamètre intérieur de la balle, c le poids de la charge de poudre,
c' le poids de la cartouche en comprenant celui de l’enveloppe, G l’intensité de la pesanteur,
N un facteur constant déterminé par l’expérience.
Dans les poudreries très importantes on remplace fréquemment le fusilpendule par un canon-pendule, qui fonctionne dans les mêmes conditions.