‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 116 sur 266 · OS CALCINÉS · texte numérisé non relu

OS CALCINÉS

Les os calcinés contiennent un mélange de phosphate, de silicate et de carbonate de chaux, de la magnésie, et quelquefois du fer et des alcalis.

PUospliate <le cliaux: et silice. — Pour déterminer le carbonate de chaux, on introduit dans un petit ballon 2 à 3 grammes de substance bien pulvérisée avec une dissolution saturée de chlorhydrate d’ammoniaque et on fait bouillir tant qu’il se dégage du carbonate d’ammoniaque; dès que l’odeur ammoniacale a disparu, on arrête l’ébullition, et on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque, le phosphate de chaux n’étant totalement insoluble que dans du chlorhydrate d’ammoniaque ammoniacal. La liqueur est décantée sur un filtre qui retient la partie insoluble; on lave celle-ci avec de l’eau distillée bouillie, puis on la sèche, on la calcine avec le filtre et enfin on la pèse. Cette matière est un mélange de phosphate de chaux et de silice; on la traite par de l’acide nitrique qui dissout le phosphate de chaux, on évapore à sec, on reprend par de l’acide nitrique étendu, toute la silice reste insoluble. La liqueur qui est très acide est alors presque neutralisée par l’ammoniaque, mais non pas complètement, car alors le phosphate de chaux se précipiterait; on ajoute enfin de l’oxalate d’ammoniaque et l’oxalate de chaux, lavé, séché et calciné, fournit la chaux.

Magnésie. — La liqueur privée de chaux contient l’acide phosphorique et quelquefois de la magnésie; on la sursature par l’ammoniaque qui précipite cette dernière à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien, et comme en général il n’y a que très peu de magnésie, il faut quatre à cinq jours avant que le dépôt soit complet. On fait tomber le précipité sur un filtre, on enlève soigneusement avec la baguette et un peu de liquide filtré les cristaux restes adhérents au vase, et on le lave avec de l’eau ammoniacale (S p. d’ammoniaque pour 1 p. d’eau), jusqu’à ce qu’une goutte de la liqueur qui passe, évaporée sur une lame de platine, ne donne plus de résidu.

On dessèche alors le précipité, on le détache du filtre qu’on incinère à part, et comme l’incinération est assez lente, on la facilite en coupant le papier en

petites bandes qu’on brûle successivement, en les appuyant avec un fil de platine contre les parois du creuset rougi. Le précipité, desséché à 100 degrés, est introduit alors dans le creuset avec les cendres, puis calciné graduellement jusqu’au rouge vif. 11 faut chauffer doucement d'abord jusqu’à ce que l’ammoniaque soit chassée, car si l’on opère autrement en portant dès les premiers instants de la calcination la matière au rouge intense, le pyrophosphate de magnésie calciné s’agrège fortement, devient souvent gris, et même quelquefois noirâtre; il ne peut plus alors que très difficilement devenir blanc, même après une calcination prolongée, bien que l’air ait entièrement accès sur la masse; le fait tient à ce que lorsque le phosphate ammoniaco-magnésien précipité contient de petites parcelles du filtre, ou bien quand il est mélangé avec d’autres matières organiques, elles se carbonisent avant que l’ammoniaque se dégage du sel. Si au contraire on chauffe d’abord faiblement, l’ammoniaque se dégage et la combustion des matières organiques a lieu facilement au contact de l’air, et la transformation du phosphate ammoniaco-magnésien en pyrophosphate est parfois accompagnée d’incandescence. Le pyrophosphate ayant pour formule PhO*, 2MgO, on en déduira facilement la magnésie.

Acide pliospliorique. — La liqueur d’où la magnésie vient d’être précipitée contient de l’oxalate d’ammoniaque, du nitrate d’ammoniaque et de l’ammoniaque libre; on l’évapore à sec: l’ammoniaque, l’oxalate et le nitrate disparaissent vers 200 degrés, en sorte qu’il ne reste que le phosphate. On l’introduit dans un creuset de platine avec de la chaux bien calcinée en quantité connue et plus que suffisante pour former du phosphate tricalcique; on évapore à sec et on calcine fortement; l’ammoniaque disparaît, et l’augmentation de poids de la chaux donne le poids de l’acide phosphorique. Pour avoir l’acide phosphorique total, il faut, bien entendu, ajouter au poids trouvé celui de l'acide du pyrophosphate de magnésie.

Fer. — Certains os renferment du fer a l’état de phosphate qui, en suivant la marche précédente, se retrouve dans le pyrophosphale de magnésie. Pour le rechercher, au moins qualitativement, on foqd ce pyrophosphale avec du carbonate de soude, on reprend par l’eau et on filtre; l’oxyde de fer et la magnésie restent sur le filtre. La seule couleur du dépôt indiquera si oui ou non il contient du for; on pourra d’ailleurs essayer sur la matière redissoute dans l’acide nitrique quelqu’une des réactions de ce métal.

Recherche des earboiiates. — Au point où nous en sommes de l’analyse, on a dosé les phosphates et la silice; il reste à examiner la liqueur dans laquelle sont les bases que renfermaient les os à l’état de carbonates.

Chaux. — On la traite par l’oxalate d’ammoniaque qui précipite la chaux à l’état d’oxalale qu’on traite comme plus haut, et la liqueur claire est évaporée à sec de manière à détruire le chlorhydrate d’ammoniaque, opération qu’on facilite en ajoutant quelques gouttes d’acide nitrique.

Pour faire le dosage de la magnéise, du manganèse et du fer, on introduit

la liqueur dans un vase de platine avec de l’acide oxalique, de manière à tout transformer en oxalates, et ceux-ci, chauffés au rouge, se changent en carbonates que l’on pèse. On enlève par l’eau les carbonates alcalins, qu’on traitera comme nous l’avons déjà indiqué, on traite le résidu par du nitrate d’ammoniaque qui dissout la magnésie. La partie insoluble est constituée par du fer et du manganèse, qu’on peut séparer par l’acide sulfurique (Deville).

Nous venons de parler des carbonates alcalins; les os contiennent en effet des sels solubles qu’on en peut extraire en faisant bouillir dans l’eau pendant plusieurs heures des os préalablement purifiés à l’eau froide, l’alcool et l’éther. Ce sont principalement des sulfates, des phosphates et des chlorures alcalins; ils ne se retrouvent pas en totalité dans la cendre d’os, car une partie est volatilisée par la chaleur ou altérée par la matière organique des os ; les sulfates par exemple sont transformés en sulfures.

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