‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 14 sur 266 · ÏÔÔÂr · texte numérisé non relu

ÏÔÔÂr

L’étain du commerce est presque pur: celui de Banca en renferme 99,9 p. 100, et l'élain anglais est presque aussi riclie. Toutefois, comme certains produits allemands et américains renferment jusqu’à S à 6 p. 100 d’impuretés, parmi lesquelles de l’arsenic, on conçoit l’intérêt qui s’attache a l’analyse de ce métal.

Les corps qu’on y recherche sont : le plomb, le fer, le cuivre, l’antimoine et l’ai'senic.

Analyse. — Plomb, cuivre, fer. — Le métal étant réduit en copeaux fins, on les introduit dans un petit ballon à fond plat, avec de l’acide azotique concentré et pur. L’attaque terminée, le liquide est décanté dans une capsule, le ballon lavé, et les eaux de lavage réunies au liquide principal qu’on évapore pour chasser la majeure partie de l’acide; on neutralise alors par l’ammoniaque, et l’on ajoute un grand excès de sulfhydrate d’ammoniaque avec lequel on laisse la matière digérer en vase clos pendant quelques heures. Tous les métaux passent à l’état de sulfures : ceux d’étain, d’antimoine et d’arsenic se dissolvent; ceux de plomb, de cuivre et de fer restent comme résidu. On les sépare par filtration, on lave avec de l’eau chargée de sulfhydrate d’ammoniaque qu’on ajoute a la liqueur filtrée, puis finalement avec de l’eau chargée d’hydrogène sulfuré. Le lavage terminé, on verse sur le filtre de Teau acidulée par l’acide sulfurique qui dissout le cuivre et le fer, en laissant le sulfate de plomb, on sèche le filtre, on en détache ce sulfate, on brûle le filtre à part, on humecte la cendre avec un peu d’acide nitrique et d’acide sulfurique, finalement on calcine au rouge sombre dans un creuset de platine le sulfate de plomb avant de le peser.

Dans la liqueur qui contient le cuivre et le fer, on sépare le cuivre par l’hydrogène sulfuré; on traite le sulfure par le procédé de Rivot, que nous avons indiqué à propos du nickel, et dans la liqueur débarrassée d’hydrogène sulfuré on précipite le fer par l’ammoniaque.

Arsenic. — 11 reste maintenant à séparer l’étain, l’arsenic et l’antimoine, dans la liqueur où ces métaux sont dissous dans le sulfhydrate d’ammoniaque. A cet effet, on la traite par de l’acide chlorhydrique concentré, qui détruit le sulfhydrate, et dissout les sulfures d’étain et d’antimoine en laissant celui d’arsenic. Si ce dernier est en quantité notable, on le traite comme nous avons dit à propos du nickel métallique et on le dose à l’état d’arséniate ammoniaco-magnésien ; dans le cas contraire, on le redissout dans l’eau régale, et après évaporation presque à sec on l’introduit dans un appareil de Marsh, comme il a été dit à propos du zinc. Si l’étain est arsénifère, il sera d’ailleurs bon de faire une recherche spéciale de l’arsenic.

Séparation de l'étain et de l'antimoine. — La séparation de l’étain et de

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l’antimoine, très aisée par la méthode électrolytique, est très difficile par les autres procédés; le mieux à faire est d'évaporer à sec la liqueur qui les contient en présence d’acide nitrique. On obtient ainsi des oxydes qu’on chauffe d’abord un peu au-dessous du rouge, puis le résidu de la calcination est fondu dans un creuset d’argent, avec sept ou huit fois son poids d’hydrate de soude et le mélange est maintenu au rouge pendant quelque temps. La substance refroidie est reprise par de l’eau qui la détache du creuset, on nettoie celui-ci complètement et on réunit les eaux de lavâge à l’eau dans laquelle trempe la substance fondue qu’on laisse en digestion jusqu’à désagrégation complète. On ajoute alor.s de l'alcool, de manière à en avoir à peu près le tiers de la quantité d’eau : le stannate de soude reste dissous, tandis que l’antiinoniate se dépose totalement. On filtre et on lave l’antimoniate avec de l’eau alcoolisée plus fortement que. la' précédente, et contenant les deux liquides à parties égales; le lavage est terminé quand le liquide filtré ne précipite plus par l’hydrogène sulfuré. L’antimoniato de soude ne peut pas servir à donner avec certitude le poids de l’antimoine, car il retient toujours du carbonate de soude; il est préférable de le rodissoudre sur le filtre môme avec un mélange d’acides chlorhydrique et tartrique, et, pour employer le moins possible de ce mélange, on fixe l’entonnoir par un bouchon sur un flacon, de manière à ralentir la filtration ; il va sans dire que le filtre est soigneusement lavé après dissolution, de manière à enlever toute trace d'antimoine. Celui-ci est précipité dans la liqueur filtrée par l’hydrogène sulfuré, et le précipité obtenu traité comme nous le verrons à propos de l’antimoine (p. 131).

Quant à l’étain, on le dose à l’état d’acide stannique. A cet effet, on évapore au bain-marie la dissolution de stannate de soude pour chasser l’alcool, puis on ajoute un excès d’acide nitrique et l’on amène doucement à sec. La niasse, traitée par de l’eau aiguisée d’acide nitrique, laisse du bioxyde d’étain pur, qu’on jette sur un filtre où on termine le lavage. Après dessiccation, on détache l’oxyde qu’on fait tomber dans un creuset de porcelaine, et on opère à part ht combustion, puis l’incinération du filtre; on humecte les cendres au moyen d’une goutte d’acide nitrique et on chauffe jusqu’au rouge; de cette manière on est sûr de faire passer à l’état de bioxyde l’étain que le charbon du filtre aurait pu avoir réduit. On mélange le résidu à la matière principale et on calcine le tout avant d’en faire la pesée.

Essai. — Pour essayer le métal, les marchands d’étain le fondent, et examinent l’aspect que présente la surface au moment où il se solidifie. L’étain le plus pur est le plus blanc et celui qui présente à sa surface le moins de traces de cristallisation. Si au contraire la surface est mate et se recouvre de ramifications cristallines, il contient certainement des métaux étrangers.

Pour rechercher ceux-ci, on dissout 80 grammes de métal grenaillé dans 400 c. c. d’acide chlorhydrique concentré et froid, qui dissout l’étain, le zinc, le fer elle plomb, tandis que le cuivre, le bismuth, l’antimoine et l’arsenic demeurent insolubles; une partie de ce dernier disparaît cependant à l’état d’hydi’Ogène arsénié. Le résidu insoluble est séparé, lavé, puis redissous dans l’acide nitrique.

On a ainsi deux liqueurs, l’une chlorhydrique, l’autre nitrique dans laquelle on recherche les différents métaux, mais souvent on se contente de doser le plomb. A cet effet, on dissout un demi-gramme de métal dans de l’acide nitrique étendu de son volume d’eau et bouillant, on évapore à sec et on reprend par l’eau. La liqueur filtrée est alors additionnée d’iodure de potassium qui la colore en jaune si le métal contenait plus d’un dix-millième de plomb.

La composition des principaux étains du commerce est la suivante :

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