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ACIDE CYANHYDRIQUE ET CYANURES

La recherche des composés du cyanogène se fait immédiatement après celle du phosphore; comme cette dernière, elle doit être faite peu de temps après la mort, l’acide cyanhydrique en solution étendue et mélangé de substances organiques étant éminemment instable, et d’ailleurs volatil. C’est pour cette raison que les divers organes, le sang, etc., sont enfermés dans des flacons bouchés. Les recherches devront porter sur l’estomac et son contenu, les premières portions de l’intestin grêle, le sang, le foie, le cerveau et les urines.

ESSAIS PRÉLIMINAIRES. — Méthode de Schûnbeîn. — Il arrive quelquefois que, même au bout de deux à trois jours, les matières à essayer exhalent une odeur caractéristique d’amandes amères, odeur qui se retrouve dans le liquide distillé par l’appareil de Mitscherlich. Schônbein a indiqué une méthode extrêmement sensible, qui dans le cas où ces émanations se produisent, permet de le constater lors même que l’odorat n’apprendrait rien.

On introduit la liqueur suspecte dans un flacon à large ouverture, on acidulé franchement par l’acide tarlrique, puis on ferme le flacon avec un bouchon portant des papiers réactifs.

Ceux-ci sont obtenus en trempant du papier à filtre dans une solution alcoolique de gaïae à S p. 100, puis séchant. Au moment de s’en servir, on les mouille dans une solution de sulfate de cuivre à 2 p. 1000, et on suspend le papier encore humide au bouchon du flacon : il ne tarde pas à bleuir dans le

cas de la présence de l’acide cyanhydrique, dont on peut ainsi déceler gQQ^ôô* mais il est indispensable d’aciduler préalablement la liqueur, l’ammoniaque faisant aussi virer au bleu le papier réactif.

ESSAIS DÉFINITIFS. — Quoique la réaction précédente soit très caractéristique, il convient de faire les essais suivants :

1* On neutralise la liqueur par un léger excès de potasse, puis on ajoute quelques gouttes d’un mélange de protosulfate et de persulfate de fer; le précipité qui se forme est redissous dans la quantité strictement nécessaire d’acide chlorhydrique étendu, qui laisse le bleu de Prusse insoluble. S’il n’y a que très peu d’acide cyanhydrique, on n’observe souvent qu’une coloration bleue ou verte, mais avec le temps les traces de bleu de Prusse formé se rassemblent en flocons au fond du vase. Cette réaction est la plus sensible de celles qu’on peut employer pour déceler des traces de cyanures; la seule précaution à prendre est de n’employer que les quantités de réactifs nécessaires, de manière à ne pas étendre inutilement la liqueur.

2“ Une autre partie de la liqueur est neutralisée par de la potasse, additionnée de quelques gouttes d’une dissolution d’acide picrique, et chauffée vers .50 à 60 degrés. S’il y a de l’acide cyanhydrique, la liqueur prend une coloration rouge qui malheureusement peut aussi se produire sous l’influence d’autres matières.

3" On chauffe une petite quantité du produit distillé avec une ou deux gouttes de sulfhydrate d’ammoniaque jaune dont on chasse d’ailleurs l’excès en faisant bouillir avec un peu d’acide chlorhydrique ; on filtre pour séparer le soufre qui a pu se produire, et dans la liqueur on ajoute une trace de perchlorure de fer qui, s’il y a de l’acide cyanhydrique, colore la liqueur en rouge intense. Si on agite le liquide avec de l’éther, celui-ci se colore aussi en rouge en dissolvant un peu du sulfocyanate produit. Cette réaction est au moins aussi sensible que la précédente.

4° On distille une portion du liquide avec du borax en poudre destiné à fixer l’acide chlorhydrique que la liqueur pourrait contenir. Le produit de la distillation, additionné de quelques gouttes d’acide nitrique et de nitrate d’argent, produit, s’il y a des cyanures, un précipité blanc soluble dans les alcalis. Après avoir été lavé, puis séché, il donne, lorsqu’on le calcine, un dégagement de cyanogène reconnaissable à son odeur.

Elxameii spectroscopicfue tlii sang. — Un des plus grands obstacles à la recherche de l’acide cyanhydrique est, nous l’avons dit, la rapidité avec laquelle les produits cyanés se détruisent; cependant, on a constaté que l’acide cyanhydrique peut former avec l’hémoglobine des combinaisons qui résistent pendant plusieurs jours à la décomposition. De sorte que si les essais précédents n’ont donné que des résultats négatifs, on doit encore examiner le sang au spectroscope; s’il est chargé d’acide cyanhydrique, il offre des bandes d’absorption plus larges et de couleur moins accusée qu’avec l’hémoglobine oxygénée; de plus, elles sont déplacées du côté du violet. La raie brillante qui, avec cette dernière, sépare les deux bandes, a perdu son éclat habituel.

Dosage «lu cyanogène. — On peut le faire avec une grande exactitude au moyen d’une liqueur titrée d’iode ; si l’on a à doser de l’acide cyanhydrique libre, on lui ajoute avec précaution une dissolution de potasse jusqu’à réaction alcaline, on neutralise ensuite l’alcali en excès par un peu d’acide carbonique. Le titrage, qui se fait au moyen d’une liqueur décime d’iode dissous dans l’iodure de potassium, ne présente rien de particulier.

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