‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 180 sur 266 · ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DES EAUX · texte numérisé non relu

ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DES EAUX

On sait quelle importance a prise cette question depuis les travaux de M. Pasteur, qui ont appris à rechercher dans les eaux les germes de nombreuses maladies épidémiques. Une eau qui contient, au moment où elle est extraite de la source, du puits ou de la canalisation, un nombre trop grand de micro-organismes, doit être rejetée de l’alimentation; elle se putréfie rapidement, le nombre des êtres vivants augmentant sans cesse quand on ne prend pas les précautions spéciales que nous indiquerons plus loin.

1° Prélèvement de l’éckaiitillon. — La prise d’un échantillon d’eau à examiner doit être faite au moyen de flacons stérilisés et avec des précautions convenables pour empêcher toute introduction de germes étrangers. Le moyen le meilleur consiste dans l’emploi de flacons Pasteur, chauffés à200 degrés, puis scellés; on les ouvre à la profondeur .voulue en brisant leur pointe et on les scelle de nouveau jusqu’au moment de l’examen micrographique.

Malheureusement ces ballons sont fragiles, ce qui est un inconvénient s’il faut les transporter sur un long parcours, soit en voiture, soit en wagon, et souvent alors on les remplace par des vases de formes diverses qui permettent de recueillir sans cause d’erreur l’échantillon d’eau à analyser.

oo Transport des eaux. — Que devient une eau puisée à la source pendant son transport qui peut durer plusieurs jours? Quelle influence la température à laquelle elle est soumise aura-t-elle sur sa composition en bactéries? Il suffit presque de poser ces questions pour les résoudre.

L’eau qui vient sourdre à la surface de la terre contient un minimum de micro-organismes; souvent môme elle n’en contient pas; mais dès quelle voit le jour, qu’elle parcourt une canalisation, elle se trouve en contact par cela même avec des milieux où les causes d’infection sont plus ou moins nombreuses; elle .se peuple donc de bactéries. Comme l’eau, utilisée tous les jours, se renouvelle dans les conduites, une sorte d’équilibre s’établit et elle s’enrichit peu, mais si, pour une cause quelconque, une portion de cette eau échappe au mouvement d’entraînement, les bactéries quelle renferme venant à se développer, leur nombre augmentera C’est ce qui arrive certainement quand on isole

ANALYSE MINÉRALE — EAUX

comme échantillon une quantité déterminée de cette eau, et c’est ce qu’ont confirmé les nombreuses déterminations de M. Miquel.

Les nombres suivants, extraits d’une de ses expériences (t), montrent bien avec quelle rapidité l’augmentation se produit :

EAU PUISÉE A l’aqüedcc DE MÉNILMONTANT (Température : 13»,2).

Bactéries

Température. par

A midi . 16“,6 57

A 1 heure et demie . 19°, 5 143

A 3 heures . 20“,9 436

On voit que la progression est géométrique, et cette eau qui contenait 56 bactéries en renfermait 24 heures après 32140, et plus d’un demi-million au bout de 3 jours.

Dans l’expérience précédente la température s’est accrue, et peut-être pourrait-on attribuer à cette cause l’élévation du nombre des bactéries; mais il n’en est rien, une eau conservée à la température même à laquelle elle a été puisée, s’enrichit de la môme manière. En présence de ces faits, on a dû s’adresser au froid pour essayer de maintenir l’eau dans des conditions bactériologiques constantes.

Les expériences de MM. Raoul Pictet et Yung ont montré qu’on peut soumettre certaines espèces à une température de — 110 degrés sans les détruire, mais c’est évidemment là une exception ; d’autres bactéries meurent à zéro. Si donc on place de l’eau aux environs de cette dernière température, certains microbes résisteront, mais ils seront comme anesthésiés; d’autres, de nature plus résistante, continueront à se reproduire, d’autres enfin périront. Des expériences directes ont montré qu’à 0 degré ces diverses causes de modification se font sensiblement équilibre; c’est ainsi que de l’eau de Saint-Laurent (Seine-Inférieure), transportée dans la glace, accuse au laboratoire de M. Miquel, à son arrivée, 8 bactéries par centimètre cube, et 48 heures après 7 bactéries. L’emploi do la glace fondante permet donc d’atteindre le but désiré, et dès lors il devient possible de transporter et de conserver de l’eau pendant un temps suffisant pour en faire l’analyse.

Certaines expériences ont d’ailleurs mis nettement en évidence l’existence simultanée, dans un même liquide, de bactéries dont les unes disparaissent pendant que d’autres continuent à se développer; voici des résultats obtenus avec une eau contenant des bactéries de couleurs caractéristiques (Miquel) :

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