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MÉTAUX NATIFS

Etiit natui-el. — Le cuivre natif, dont on a trouvé de si grandes quantités au Lac Supérieur, en Bolivie et au Brésil, offre un aspect différent suivant ces différentes provenances. Celui du Lac Supérieur est fréquemment en masses considérables, c’est le plus pur; celui de Bolivie, moins riche, se présenté en petits grains (oorocoros). Outre une gangue siliceuse plus ou moins considérable, le cuivre natif contient de l’argent, de l’or, du fer, du plomb, parfois de l’oxygène, de l’arsenic de l’antimoine; on a même pu y déceler la présence du mercure et du sélénium.

Analyse. — Pour analyser un cuivre natif, on en attaque 10 grammes par de l’acide azotique étendu, on sépare ainsi le soufre et la silice, et on les fait tomber sur un filtre taré. Après lavage et dessiccation on pèse le filtre, puis on brûle le soufre et le filtre, et on pèse de nouveau. On a ainsi tous les éléments nécessaires pour déterminer le soufre et la silice.

Dans la liqueur qui tient tous les autres éléments en dissolution on ajoute de l’acide chlorhydrique qui sépare l’argent à l’état de chlorure, puis on précipite le plomb, le fer, l’arsenic et l’antimoine par l’ammoniaque et le carbonate d’ammoniaque en excès; on filtre, on lave, puis on arrose la partie insoluble avec de l’eau acidulée d’acide sulfurique ; le plomb reste seul à l’état de sulfate qu’on peut sécher et peser. La liqueur filtrée est additionnée d’un excès d’ammoniaque qui précipite le fer en entraînant l’arsenic et l’antimoine; on jette le dépôt éur un filtre, on le lave à l’eau ammoniacale, puis à l’eau bouillante, et l’on fait digérer le filtre et son contenu avec un mélange d’ammoniaque et de sulfhydrate d’ammoniaque, dans lesquels l’arsenic et l’antimoine se dissolvent. Après filtration du sulfure de fer, on sépare dans la liqueur l’arsenic de l’antimoine, eiî procédant comme nous l’avons indiqué (p. 59). j;

Le filtre qui contient le sulfure de fer est traité à chaud par de l’acide

chlorhydrique auquel on ajoute du chlorate de potasse en cristaux, de manière à obtenir une dissolution complète; on la verse sur un filtre qu’on lave à l’eau bouillante, et dans la liqueur claire on reprécipite le fer par de l’ammoniaque.

Quant au dosage du cuivre, le mieux à faire est d’employer la méthode électrolytique que nous indiquerons plus loin.

Ëssai du cuivre natif. — Si l’on a en vue non pas une analyse de cuivre, mais un essai, on opère par la voie sèche et comme il suit. On fait un mélange avec :

SO grammes de minerai,

5 grammes de cyanure de potassium,

5 grammes de sel marin,

5 grammes de borax,

5 grammes de fluorure de calcium,

S grammes de fécule,

50 grammes de bicarbonate de soude.

On l’introduit dans un creuset de terre entre deux couches de bicarbonate de soude et on le chauffe dans un moufle, doucement d’abord, puis au rouge pendant trois quarts d’heure.

On introduit alors dans le creuset 15 grammes d’un mélange à parties égales de cyanure alcalin, de sel marin et de charbon en poudre, préalablement enveloppé dans un cornet de papier. Si la masse se boursoufle et tend à sortir du creuset, on l’en empêche par l’addilion d’un peu de sel marin. On chauffe au blanc pendant un quart d’heure, on retire le creuset du feu, on le casse quand il est froid, et l’on trouve un culot de cuivre surmonté d’une gangue noire qui en est presque exempte.

Ce mode d’essai correspond au procédé industriel d’extraction du cuivre des cuivres natifs, et convient particulièrement pour évaluer la valeur marchande d’un minerai.

Les nombres ci-dessous donnent un exemple des quantités de matières étrangères que peut contenir un cuivre natif :

Oxyde de fer. . .

Oxyde de plomb.

Antimoin Oxygène .

Soufre .

Sable . ,

L’argent natif renferme souvent du cuivre, de l’antimoine, de l’arsénic et du fer.

Pour l’analyser, on attaque 5 grammes de métal par l’acide nitrique, puis on précipite l’argent par l’acide chlorhydrique. Dans la liqueur filtrée à laquelle on réunit les eaux de lavage du chlorure, on ajoute du sulfhydrate d’ammoniaque de manière à précipiter tous les métaux, sauf le fer; le précipité bien lavé est redissous dans un mélange d’acide chlorhydrique, de chlorate de potasse et d’acide fartrique. On filtre on lave le filtre, on précipite dans la liqueur l’arsenic à l’état d’arséniate ammoniaco-inagnésien, puis le cuivre par le sulfhydrale d’ammoniaque, puis enfin l’antimoine, après avoir détruit le sulfhydrate d’ammoniaque par de l’acide chlorhydrique bouillant.

Quant à la première liqueur, qui renferme tout le fer, on la traite par un excès d’ammoniaque de manière à précipiter le métal à l’état de sesquioxyde.

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