ESSAI D’UN MANGANÈSE
Les manganèses naturels ont une valeur commerciale qui dépend de la quantité de chlore qu’ils peuvent dégager en présence d’acide chlorhydrique. L’expérience apprend que 3®, 98 de bioxyde pur donnent exactement t litre de
chlore, ce gaz étant mesuré à 0 degré est sous la pression de 76 centimètres do mercure.
Pour faire un essai de manganèse on en pèse 3s, 98 xju’on introduit dans un petit ballon portant à travers le bouchon qui permet de le fermer, un long tube de dégagement. D’autre part, on place dans un ballon à long col une dissolution étendue de potasse, en quantité telle que, quand ce ballon est légèrement incliné comme dans la figure 78, le liquide remplisse une partie de son col. Cela fait, on introduit le tube de dégagement du petit ballon dans le col de celui qui contient la potasse, et les dimensions de l’appareil doivent être réglées de telle sorte que l’extrémité de ce tube se trouve au centre du grand ballon. On débouche alors un instant le petit ballon, pour verser sur le bioxyde qu’il contient 30 grammes environ d’acide chlorhydrique concentré bien exempt
Fig. 78.
d’acide sulfureux et on le referme rapidement; les gaz qui se dégagent traversent la dissolution alcaline qui les absorbe, ce qui échappe à la dissolution va se rassembler à la partie supérieure du grand ballon.
Les manganèses naturels renfermant toujours des carbonates, il se dégage tout d’abord de l’acide carbonique. Quand l’effervescence a cessé on chauffe doucement, l’attaque se fait alors bien régulièrement, le chlore est absorbé et l’opération est terminée quand le ballon a cessé d’être verdâtre. On le retire alors avec son tnbe abducteur, on verse la potasse dans un ballon d’un litre dont on complète le volume au moyen des eaux de lavage. 11 ne reste plus alors qu’à déterminer le titre chloroméirique de cette liqueur, ce qui se fait comme on l’a dit précédemment. Si l’analyse montre par exemple que la liqueur contient 700 centimètres cubes de chlore, c’est que le manganèse essayé contenait 70 pour 100 de bioxyde pur.
Impuretés. — Le titre ainsi obtenu ne suffit pas pour établir la valeur marchande d’un manganèse; car,suivant la nature des impuretés, cette valeur est encore variable. Si en effet celles-ci consistent surtout en oxyde de fer ou en carbonates, il faudra leur fournir, lors de la préparation du chlore à laquelle est surtout destiné le bioxyde de manganèse, une quantité correspondanle d’acide chlorhydrique et cela sans aucun profit pour le fabricant. La détermination de ces
impuretés plus particulièrement nuisibles se fait en attaquant le manganèse réduit en poudre fine par de l’acide chlorhydrique titré très étendu, de façon à laisser intact le bioxyde.
Gay-Lussac a quelquefois opéré autrement : il mesurait exactement l’acide chlorhydrique introduit lors de l’essai pour chlore, puis déterminait ce qu’il en restait après l'opération, au moyen d’une liqueur titrée de carbonate de soude, la neutralisation étant complète quand le carbonate de manganèse qui se forme au fur et à mesure de l’introduction du carbonate alcalin cesse de se dissoudre. On peut alors, par différence, savoir la quantité d’acide employée tant à l’attaque du bioxyde pur qu’à la saturation des oxydes et à la décomposition des carbonates; du litre chlorométrique trouvé on peut, d’autre part, déduire la quantité d’acide chlorhydrique nécessaire à l’attaque du bioxyde seul, puisqu’on en sait la proportion (70 p. 100 dans notre hypothèse) par la formule;
Mn 02 + 2 H Cl = Mn Cl + Cl + 2 H O + [64,0 + 2.34,5 - 58,1 - 2.22,0] [+ 30,9]
en ne tenant compte que de l’acide anhydre que contient la liqueur; on aura donc par ditiérence la quantité d’acide dépensée en trop.