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PLATINE

MÉTHODE DE DEVILLE ET DEBRAY. — Le platine natif n’est jamais pur ; outre du sable, il renferme toujours do l’osmiuro d’iridium, de l’iridium, du rhodium, de l’osmium, du palladium, du cuivre, probablement un peu d’argent, et du fer, ce dernier fréquemment à l’état de fer chromé ou de fer titané. Voici la méthode imaginée par Deville et Debray pour doser ces différentes substances.

1" Sa.ble. — Pour doser le sable, on prélève un échantillon moyen du minerai à traiter; on en pèse2 grammes; puis prenant un petit creuset de terre, on y fond un peu de borax, de manière à vernir ses parois, et on y place d’abord 7 à 10 grammes d’argent pur grenaillé, ensuite les 2 grammes de minerai, enfin sur le tout 10 grammes de borax fondu, avec quelques petits fragments de charbon de bois, et on chauffe le creuset de manière à dépasser un peu la température de fusion de l’argent. Le borax fond, et, traversant le minerai, dissout toutes les matières vitreuses qui peuvent y être mélangées, pendant que le platine et les métaux qui l’accompagnent, sont ou dissous ou englobés par l’argent fondu. Finalement on laisse refroidir, on détache le culot d’argent de la gangue et on le lave, en le laissant au besoin digérer dans un peu d’acide fluorhydrique faible, puis on le sèche et on le pèse. En retranchant de son poids ceux du minerai employé et de l’argent introduit, on a celui de la gangue siliceuse qui accompagnait le minerai. C’est ainsi qu’une analyse faite sur du minerai de Califormie a donné :

Minerai .

Argent .

Poids du culot d’argent .

Sable.

Ce dosage est très important; la gangue étant la seule portion du minerai dénuée de valeur, il permettra d’établir immédiatement celle du minerai.

2" Osmiure d’iridium. — 11 se trouve à la partie inférieure du bouton d’argent, non pas dissous, mais simplement englobé dans le métal. Pour l’en

extraire, on traite le culot à la température de 70 degrés par une eau régale formée de deux volumes d’acide chlorhydrique et un volume d’acide nitrique purs, jusqu’à ce que la dissolution du platine soit complète, etd’on opère dans un vase large, recouvert d’un entonnoir afin d’éviter les pertes par projection; on renouvelle l’eau régale jusqu’à ce qu’au bout de 12 à IS heures de contact elle ne se colore plus. L’osmiure d’iridium reste au fond du vase dans lequel a eu lieu l’attaque, on le lave par décantation et on filtre les eaux de lavage en laissant tomber le moins possible d’osmiure; le lavage une fois terminé, on détache cet osmiure du filtre, qu’on brûle à part, et l’on réunit le tout, osmiure et cendres du filtre, à la masse principale d’osmiure qu’on pèse après l’avoir légèrement calcinée.

3'= Platine et ieicliuni. — La liqueur régale est alors évaporée presque à sec, le résidu repris par l’eau qui doit tout dissoudre, etla liqueur additionnée de deux fois son volume d’alcool et d’un grand excès de sel ammoniac pur en cristaux. On chauffe pour dissoudre le sel ammoniac; le platine et l’iridium se précipitent à l’état de chloroplatinate et de chloroiridate, mais la précipitation n’est pas complète.

On fait tomber le précipité sur un filtre et on le lave à l’alcool ; après dessiccation on le place dans un creuset de platine, celui-ci dans un second, de plus grande dimension ; on couvre les deux creusets et l’on chauffe le tout à l’étuve, puis on brûle le filtre à la température la plus basse possible. Cela fait, on introduit à une ou deux reprises un peu de papier imprégné d’essence de térébenthine qui réduit l’oxyde d’iridium et contribue à éliminer le peu d’osmium qui pourrait rester. Le creuset est alors porté au rouge blanc jusqu’à ce que son poids reste constant. La différence entre ce poids et celui du creuset vide donne le poids du platine iridié.

Pour séparer l’iridium, on attaque l’alliage par de l’eau régale étendue de quatre à cinq fois son volume d’eau et qu’on remplace de temps à autre par du liquide nouveau, jusqu’à ce qu’il ne se colore plus. Le résidu est de l’iridium pur que l’on pèse.

Mais, nous l’avons dit, le sel ammoniac n’a pas précipité tout le platine et l’iridium, de sorte qu’il faut reprendre la liqueur où cette précipitation a été effectuée. On la concentre jusqu’à ce que le sel ammoniac y cristallise en masse et on l’abandonne au refroidissement. Si alors on décante sur un filtre, il s’y dépose, en petite quantité d’ailleurs, un sel violet foncé, qui est du chloroiridate d’ammoniaque mélangé avec un peu de chloroplatinate ; on le lave avec une dissolution de sel ammoniac, puis à l’alcool, et on le pèse après dessiccation et calcination; on le traite ensuite par l’eau régale, comme on a fait du platine iridié précédent, et l’iridium qui en provient est réuni au premier, de manière à n’effectuer qu’une pesée. Quant au platine, son poids est la différence entre celui du mélange des métaux et celui de l’iridium.

4“ Palladium. — Fer. — Cuivre. — La liqueur de laquelle on a séparé le sel violet, est évaporée au bain-marie pour chasser l’alcool, bouillie avec de l’acide nitriquepour détruire entièrement le sel ammoniac, puis évaporée presque

à sec. Le résidu est placé dans un creuset de porcelaine taré muni de son couvercle, desséché complètement, puis additionné de sulfliydrate d’ammoniaque concentré, avec 2 à 3 grammes de soufre pur. On dessèche la masse, on place le creuset de porcelaine dans un creuset de charbon de cornue et celui-ci dans un creuset de terre sur lequel on lute le couvercle, puis le tout est introduit dans un fourneau, au milieu d’une masse de charbon froid qu’on allume par en haut, de manière à chauffer lentement, ce qui évite toute projection de matière. Quand on a atteint le rouge vif, on laisse refroidir et on extrait le creuset de porcelaine qu’on peut peser, et qui renferme le fer et le cuivre à l’état de sulfures, le palladium, l’or et le rhodium à l’état métallique. Ces deux derniers étant insolubles dans l’acide nitrique, on reprend le contenu du creuset par ce liquide, en maintenant longtemps le contact à 70 degrés. Le palladium, le fer et le cuivre passent dans la dissolution, celle-ci est évaporée à sec, le résidu calciné est repris par de l’acide chlorhydrique qui dissout le fer et le cuivre, sans attaquer le palladium que la calcination de son azotate a réduit à l’état métallique, et qui reste après lavage dans la capsule où a eu lieu la calcination.

Pour séparer le fer et le cuivre dans la liqueur chlorhydrique on l’évapore à SCC à 100 degrés et on reprend par de l’ammoniaque, qui ne dissout que le chlorure de cuivre, laissant le fer à l’état de sesquioxyde qu’on sépare. Quant au cuivre, on le transforme d'abord en nitrate, en évaporant la liqueur presque à sec, en présence d’acide nitrique, et le nitrate obtenu ainsi est placé dans un creuset de platine et calciné, ce qui le ramène à l’état d’oxyde.

5° Oi*. — L’acide nitrique a laissé un résidu d'or et de rhodium qu’on pèse et qu’on traite par de l’eau régale très faible. On pèse de nouveau, toute action terminée, et la différence de poids représente celui de l’or dissous. Toutefois, comme un peu de platine a pu parvenir jusqu’à ce point de l’analyse, il sera bon de le rechercher dans la liqueur d'eau régale, comme nous l’avons indiqué plus haut, en le transformant en chloroplatinate. Il faudrait alors ajouter ce platine à celui déjà trouvé, et diminuer d’autant le poids de l'or.

6" Rhodium. — Le rhodium reste dans le creuset, puisqu’il est insoluble dans l’eau régale ; mais comme il a pu absorber un peu d’oxygène dans le cours de l'analyse, on le traite dans une nacelle de platine par l’hydrogène au rouge et on le pèse.

Yoici les résultats d’analyse de quelques platines natifs :

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