ANTIMOINE
L’électrolyse d’une solution chlorhydrique d’antimoine donne un dépôt métallique qui manque d’adhérence; mais on obtient de bons résultats avec un sulfüsel ammoniacal ou alcalin; toutefois celui-ci doit être exempt de polysulfures, qui s’opposent à la précipitation complète du métal. Si par des précipitations antérieures on avait été conduit à introduire de ces polysulfures, il faudrait les oxyder, ce qui se fait facilement sans dépôt de soufre, comme l’a montré Classer), avec de l’eau oxygénée. On ajouie donc un excès de ce réactif jusqu’à décoloration de la liqueur, et s’il arrive qu’un peu de sulfure
ANALYSE MINÉRALE — ANALYSES ÉLECTR OL YTIQÜES 493
alcalin soit en même temps oxydé et donne iin précipité, on en est quitte pour redissoudre celui-ci avec du monosulfure de sodium.
La liqueur à électrolyscr doit renfermer 05,16 au plus d’antimoine pour 200 centimèlrcs cubes; dans ces conditions, avec un coui’ant de 0,15 à 0,20 ampère, on obtient, au bout d’une douzaine d’heures, un dépôt brillant, blanc grisâtre, bien adhérent, qu’on lave à l’eau et à l’alcool absolu, et qu’on, pèse après dessiccation à 80-90 degrés. 11 arrive quelquefois qu’il se dépose un peu de soufre sur le métal: il suffit alors de frotter la capsule avec le doigt, après le lavage à l’alcool, pour enlever le soufre sans détacher d’antimoine.
Antimoine et arsenic. — Si l’arsenic est à l’état d’acide arsénieux, il faut commencer par l'oxyder avec de l’acide nitrique, puis on évapore à sec au bain-marie pour se débarrasser de l’excès d’acide et l’on dissout le résidu dans du monosulfure de sodium de densité 1,22 à 1,25, auquel on ajoute ensuite 1 gramme de soude; si l’on dirige alors dans la liqueur un courant de 0,1b à 0,20 ampère, l'antimoine se dépose seul et dans de bonnes conditions. Si l’on avait négligé d’oxyder l’acide arsénieux, on aurait obtenu en même temps un dépôt d’arsenic.
Contrairement à ce qui arrive pour l’antimoine, la séparation de ce mêlai qui se fait très bien en liqueur chlorhydrique, ne se fait plus qu’incomplètement en présence de sulfures alcalins autres que le sulfhydrate d’ammoniaque; l’électrolysc réussit bien avec un courant de 0““p,80, et demande 5 à 6 heures pour être totale. Si, par des opérations antérieures, on a été conduit à ajouter à la liqueur du sulfure de sodium ou de potassium, il faut les transformer en sulfhydrate d’ammoniaque; on y arrive en ajoutant à la liqueur 25 grammes de sulfate d’ammoniaque pur, chauffant avec précaution la capsule préalab’ement couverte jusqu’à cessation du dégagement gazeux, puis faisant bouillir pondant un quart d’heure; on laisse alors refroidir en ajoutant de l’eau si cela est nécessaire, pour empêcher la cristallisation du sulfate de soude.
Antimoine et étnin. — Leur sépai-ation est certainement l’un des meilleurs exemples qu’on puisse invoquer pour montrer l’utilité des méthodes éleclrolytiques; la facilité avec laquelle elle s’effectue tient à la différence énorme d'intensité des courants nécessaires pour déposer chacun de ces deux métaux.
La liqueur qui les contient est additionnée de monosulfure de sodium pur, auquel on ajoute 1 gramme de soude en chauffant légèrement si cela est nécessaire pour faciliter la dissolution ; puis après avoir laissé refroidir la liqueur, on la soumet pendant une douzaine d’heures à un courant de 0,13 à 0,20 ampère; l’antimoine se sépare seul et complètement; on décante alors dans une deuxième capsule, on ajoute les eaux de lavage de la première, on transforme le sulfure de sodium en sulfhydrate d’ammoniaque, comme il est dit plus haut, et finalement on sépare l’étain par un courant de 0‘“i‘,8. ./
Voici quelques exemples des résultats que