‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 68 sur 266 · BLENDE · texte numérisé non relu

BLENDE

La blende contient fréquemment une forte proportion de sulfure de fer à l’état de mélange intime ou de combinaison qui lui donne souvent une apparence brune et même noire; elle peut être associée avec do la galène, de la pyrite do fer ou de cuivre, et renfermer de l’arsenic. Quant à sa gangue, elle est formée principalement de quartz, de sulfate de baryte et de carbonate de chaux.

1” Dosage *1« soufre. — La blende pure réduite en poudre fine est attaquable par l’eau régale, mais la plupart du temps, du soufi'e se sépare en trop petite quantité pour qu’on puisse le séparer et le peser à part, et, d’un autre côté, il est si difficile de l’oxyder complètement, qu’il est préférable d’avoir recours à l’acide hypochloreux. L’emploi de cet oxydant est d’ailleurs indispensable quand la blende contient des quantités notables de plomb et de chaux.

La blende en poudre fine, étant mise en suspension dans l’eau, se dépose en majeure partie au bout de quelques instants; la liqueur trouble, décantée alors, laisse déposer quand on l’abandonne au repos une poussière extrêmement fine,

(1) A. Ditte, Leçons sur les Métaux. Paris, Dunoil, 1891.

qu’on emploie pour l’analyse. On en pèse un poids déterminé, 3 grammes par exemple, qu’on met de nouveau en suspension dans de l’eau, et on dirige dans la liqueur un courant d’acide hypochloreux qui oxyde tout ce que la matière renferme d’oxydable et en particulier le soufre; l’oxydation étant terminée, on filtre la liqueur après l'avoir étendue d’un peu d’eau, on la fait bouillir pour se débarrasser du chlore, et on précipite le soufre par le chlorure de baryum. Quand la matière ne contient que peu do plomb et de chaux, ce qui est le cas général, la présence de ces corps dans la liqueur ne gône pas le dosage de l’acide sulfurique.

2» Dosage «la zinc et des itiétaux.. — Pour doser les métaux, on attaque 4 grammes de blende porphyrisée par de l’acide chlorhydrique concentré en chauffant doucement, et au bout de plusieurs heures on ajoute quelques gouttes d’acide nitrique pour dissoudre les dernières traces de métaux. De cette manière il ne se forme qu’une très petite quantité d’acide sulfurique, le soufre reste en très majeure partie non dissous, et on le sépare par filtration. Dans la liqueur obtenue, on ajoute d’abord un peu d’acide nitrique, de manière à peroxyder le fer, puis ensuite un excès d’ammoniaque qui le précipite en môme temps que le plomb en entraînant un peu des oxydes de zinc, cuivre... Le précipité est lavé par décantation avec de l’eau ammoniacale, puis il est redissous dans de l’acide nitrique, et la liqueur obtenue évaporée à sec, de manière à détruire complètementle nitrate de fer. Le résidu sec est alors repris par une dissolution concentrée de nitrate d’ammoniaque additionnée d’un peu d’ammoniaque qui dissout l’oxyde de zinc, celui de cuivre, la chaux et un peu d’oxyde de plomb.

Le mélange d’oxydes de fer et de plomb est dissous dans de l’acide chlorhydrique et dans la liqueur étendue d’eau, on précipite le plomb par l’hydrogène sulfuré, puis le sulfure de plomb est transformé en sulfate et posé. La liqueur débarrassée d’hydrogène sulfuré est traitée par l’acide nitrique, puis on y précipite le fer par l’ammoniaque.

Reste la liqueur qui renferme les autres oxydes et à laquelle on a joint les eaux de lavage du premier précipité et la dissolution de nitrate d’ammoniaque qui a servi à débarrasser l’oxyde de fer des corps qu’il avait entraînés; elle contient le zinc, la chaux, le cuivre et un peu de plomb; on lui ajoute une certaine quantité d’ammoniaque, on l’acidule par l’acide acétique et on y fait arriver de l’hydrogène sulfuré qui précipite le zinc, le plomb et le cuivre qu’on peut ainsi séparer par filtration; on fait bouillir le liquide filtré pour en chasser l’acide sulfhydrique et rassembler le soufre mis en liberté, on filtre pour enlever celui-ci qui sous faction de la chaleur et de l’air pourrait transformer une partie de foxalate de chaux en sulfate, et finalement on précipite la chaux par l’oxalate d’ammoniaque.

Le mélange des trois sulfures de plomb, de cuivre et de zinc est lavé avec de l’acide sulfhydrique, puis dissous à l’ébullition dans de l’acide chlorhydrique auquel ou ajoute quelques gouttes d’acide nitrique. On filtre après avoir étendu d’eau pour séparer le soufre, et l’on précipite le plomb par un excès d’ammoniaque et d’oxalate d’ammoniaque. L’oxyde de plomb est lavé, séché, fondu et pesé. Le zinc et le cuivre sont alors reprécipités à l’élat de sulfures, le mélange

des sulfures, grillé au moufle dans une capsule tarée et pesée, est ensuite repris par de l’acide chlorhydrique, et dans la liqueur on précipite d’abord le cuivre à l’état de sulfocyanate, puis le zinc à l’état de sulfure, qu’on transforme, le premier en sous-sulfure Cu-S, le second en oxyde par un nouveau grillage. Comme vérification, la somme des poids de cuivre et de zinc transformés en oxydes doit, former un total égal à celui de la pesée effectuée après le grillage de leurs su’fures.

11 est rare qu’il soit utile d’opérer une séparation aussi complète, ha plupait du temps, le plomb est en petite quantité et il n'y a que des traces de cuivre, de sorte que le mélange des trois sulfures est à peine grisâtre; on le grille alors au moufle et on le pèse. On redissout les oxydes dans l’acide nitrique et on précipite le plomb, comme on l’a dit plus haut, par un mélange d’oxalate d’ammoniaque et d’ammoniaque; en général le précipité blanc d’oxyde est très peu abondant; on le fond au moufle dans une capsule tarée, ou le pèse, et son poids est reiranché de celui précédemment déterminé pour le mélange des oxydes. Quant au cuivre, on en apprécie la quantité par l’intensité de la coloration bleue de la liqueur ammoniacale.

Soufre.

Fer . .

Plomb.

Cuivre.

Quartz.

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