‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 96 sur 266 · CÉRUSE · texte numérisé non relu

CÉRUSE

Elle est fréquemment falsifiée avec des sulfates de baryte, de chaux, de plomb et avec du carbonate de chaux; elle peut contenir aussi de petites quantités d’acétate de plomb.

Deux cas sont à considérer suivant qu’on a affaire à de la céruse pulvérulente ou bien à de la céruse préparée, c’est-à-dire broyée avec de l’huile pour la peinture.

1“ Céruse pulvérulente. — Eslul. — Pour la déterminer, on place dans une cornue de la céruse préalablement séchée à 100 degrés; le col de la cornue communique avec un tube plein de chlorure de calcium, et taré. On calcine la matière : l’acide carbonique se dégage en même temps que l’eau, qui seule est retenue par le chlorure de calcium.

Acide acétique. — Dans le cas où la céruse'contient un peu d’acétate de plomb, on peut déterminer approximativement l’acide acétique en déterminant séparément :

1“ L’eau : par une dessiccation à 110 degrés;

2“ L’acide carbonique en attaquant un poids déterminé de céruse par l’acide chlorhydrique et le dosant soit par différence, soit en le faisant arriver dans une dissolution ammoniacale de chlorure de baryum et pesant le carbonate de baryte produit;

3° En fondant un poids un peu fort de céruse dans une capsule de porcelaine tarée, on détermine la totalité des éléments volatils, eau, acide carbonique et acide acétique. Les deux premières déterminations ayant donné l’eau et l’acide carbonique, l’acide acétique se conclut par différence.

Le nombre ainsi obtenu est très incertain, car la température de 110 degrés ne fait partir que l’eau interposée qui entraîne un peu d’acide acétique, tandis que d’autre part l’eau combinée, qui ne disparaît qu’à température plus élevée, est comptée comme acide acétique. Pour ces raisons, le nombre trouvé pour l’acide acétique peut tout au plus servir à comparer des céruses de même fabrication, mais il n’est pas suffisamment exact pour apprendre quelque chose sur des céruses de provenances différentes.

Falsiftcations. — On traite la céruse par de l’acide nitrique étendu qui laisse non dissous les sulfates de plomb et de baryte. Quant au plâtre, il se dissout complètement si l’on opère avec un volume assez considérable de liqueur. Le mélange des sulfates de plomb et de baryte est mis en suspension dans de l’eau et traité par l’hydrogène sulfuré, ou bien mis en digestion avec du sulfhydrate d’ammoniaque; dans les deux cas le sulfate de plomb se transforme en sulfure; quand la transformation est complètement effectuée, on décante, on lave le précipité par décantation, puis finalement, on le traite par de l’acide

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chlorhydrique étendu, qui transforme le sulfure de plomb en chlorure facile à enlever par des lavages répétés à l’eau bouillante. On isole ainsi le sulfate de baryte qu’on pèse, pendant que dans la liqueur on précipite de nouveau le plomb à l’état de sulfate ou de sulfure; dans le premier cas, on a soin d’évaporer la liqueur jusqu’à sec au bain-marie en présence d’acide sulfurique pour rendre le sulfate de plomb tout à fait insoluble.

Reste la liqueur nitrique qui renferme, avec le plomb du carbonate, la chaux provenant du carbonate ou du sulfate. On l’évapore à sec pour chasser l’acide nitrique, on reprend par de l’eau avec quelques gouttes de cet acide, puis on précipite l’acide sulfurique au moyen d’un sel de baryte et on pèse le sulfate de baryte formé; on ajoute alors à la liqueur de l’acide sulfurique pour précipiter la baryte en excès et le plomb; enfin, on sépare le sulfate de plomb de celui de baryte, comme on l'a expliqué plus haut.

La liqueur claire finale ne contient plus que la chaux qu’on précipite par l’oxalate d’ammoniaque, et la quantité d’acide sulfurique trouvée permettra de décider si la substance contenait seulement du sulfate ou un mélange de ce sel et de carbonate de chaux.

3“ Céruse préparée. — Il est clair qu’on ne pourra y déterminer ni l’eau, ni l’acide carbonique, ni l’acide acétique; on se borne à y doser le plomb et à rechercher les falsifications.

On prend 4 à 5 grammes de la matière qu’on mélange dans une fiole un peu grande avec une dissolution concentrée de potasse et de carbonate de soude purs. On chauffe à tOO degrés et on fait arriver du chlore dans la liqueur jusqu’à saturation de l’alcali. Le plomb est entièrement précipité à l’état d’oxyde, soit pur, soit mélangé de quelqu’une des substances précédentes. Dans ce dernier cas, on étend la liqueur avec beaucoup d’eau, on laisse reposer pendant 24 heures, on décante et on lave la partie insoluble; finalement on la traite par l’acide nitrique étendu, et le reste de l'analyse s’effectue comme précédemment.

MALACHITE - AZURITE

La malachite se rencontre quelquefois pure, mais le plus souvent elle est associée à du sulfure de cuivre. Nous n’examinerons ici que l’analyse d’un hydrocarbonate non sulfureux, renvoyant pour le cas où l’on aurait un minerai complexe à ce que nous avons dit de l’analyse des minerais sulfurés de cuivre (p. 159).

La partie la plus difficile de l’analyse de ces minerais carbonatés réside dans le choix de l’échantillon; les cuivres carbonatés se présentent en effet en rognons très purs, mais qui portent des quantités absolument variables de gangue. Nous supposerons qu’on a à faire l’analyse d’un échantillon déterminé.

Ea.u et acide earl>oult|ue. — Pour déterminer l’eau, on calcine au rouge 2 grammes de l’échantillon, préalablement porphyrisé et desséché, de manière à le débarrasser de l’eau hygrométrique; l’opération se fait dans une nacelle de porcelaine tarée et dans une atmosphère oxydante, afin d’éviter toute

réduction de l’oxyde de cuivre. La perte de poids représente l’eau et l’acide carbonique; on eifectue un dosage spécial pour celui-ci par l’une des méthodes connues, et on en déduit. le poids de l’eau.

métaux:. — Le résidu de la calcination est réduit par l’hydrogène, et le poids de la matière réduite représente la somme de ceux du cuivre, du fer, si le minerai en contient, et de la gangue. On attaque cette matière par l’acide nitrique, de manière à avoir une liqueur convenable pour l’électrolyse, et on dose le cuivre électriquement.

Si le minerai contenait beaucoup de fer, ce qui est rare, on précipitei’ait d'abord le cuivre par l'acide sulfliydrique, on redissoudrait le sulfure bien lavé dans l’acide nitrique, et c’est dans la liqueur ainsi obtenue qu’on ferait le dosage par électrolyse. La dissolution dans l’acide nitrique permet ainsi de doser à la fois la partie de la gangue qui est restée insoluble et le cuivre.

Quant au fer, on le précipite par l’ammoniaque et on pèse l’oxyde après lavage et calcination. Enfin si la gangue renfermait du carbonate' de chaux, on dosera la chaux dans la liqueur. Comme vérification, les poids du fer, du cuivre et de la gangue devront donner un total égal à celui de la matière après sa réduction par l'hydrogène.

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