Formation de In cbymosine
Le ferment de la présure paraît aussi exister, dans les glandes de la muqueuse stomacale, à l’état de substance zymogène qui se transformerait en ferment en présence des acides. Cette substance serait en rapport direct avec la sécrétion de 1 acide chlorhydrique; elle disparaît, en effet, quand l’acide manque (Boas).
* Origine et formation «le l’acide chlorhydrique.
La muqueuse de l’estomac doit, à la présence des glandes à suc gastrique dans son épaisseur, une réaction acide qui existe partout, sauf dans la région cardiaque et surtout pylorique. Pendant la vie, cette réaclion est superficielle et ne pénétré pas au fondées glandes; elle est limitée à leur goulot, au niveau duquel se produit la sécrétion spéciale de l’acide chlorhydrique, comme le démontre 1 expérience suivante de Cl. Bernard, confirmée récemment par Bocci.
Le ferrocyanurede potassium ou cyanure jaune ne donne, avec les sels ferriques, de précipité de bleu de Prusse que dans un milieu neutre ou acide. En présence des alcalis, le sel de fer est, en effet, transformé en oxyde ferrique sur lequel le cyanure n a plus d’action. Si donc on injecte dans une veine une solution de prussiate jaune, et dans une autre du lactale de fer choisi pour ne pas déterminer de coagulation du sang, ces deux sels se diffusent dans toute
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oi-2 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE. — GARNIER ET SCHLAGDENHAUFFEN.
l’économie et se mélangent dans les tissus; or, Cl. Bernard a reconnu, en pratiquant des coupes transversales de la muqueuse stomacale, que le bleu de Prusse ne s’est formé qu’àla surface de cette muqueuse, au niveau du goulot des glandes à suc gastrique, les culs-de-sac glandulaires n’offrant pas trace de coloration. En traitant par le même procédé des tranches minces de muqueuse, ou en employant la muqueuse stomacale comme membrane dialytique, entre deux solutions de lactate de fer et de cyanure jaune, Lépine est arrivé au même résultat. Edinger dit cependant avoir constaté, quelquefois, au moyen d’injections d’alizarinate de soude, la réaction acide, dans toute l’épaisseur de la muqueuse dont la coupe se colorait uniformément en jaune.
Brücke croit pouvoir conclure de ses observations que l’acide se produit dans l’intérieur même des glandes. En tout cas, la partie acide du liquide doit être excrétée rapidement hors des glandes, puisqu’on a souvent constaté la réaction alcaline ou à peine acidulé du fond de ces glandes, dans un estomac gorgé de suc gastrique acide. Celte acidité, par son siège même, est éminemment favorable à la transformation des cellules pepsinigènes en pepsine, plus soluble dans un liquide acide que dans l’eau.
L'acide chlorhydrique, qui doit être considéré comme le véritable élément acide de la sécrétion gastrique normale, provient évidemment des chlorures et, en particulier, du chlorure de sodium de l’économie: mais par quel processus chimique et physiologique prend-il naissance? C’est ce qui n’est pas encore déterminé avec certitude, malgré les hypothèses nombreuses émises à ce sujet.
La réaction du sang, dont l’afflux apporte aux glandes pepsiques les éléments nécessaires à la genèse des produits de sécrétion, étant alcaline, il faut de toute nécessité que la décomposition du chlorure de sodium s’effectue dans l’épaisseur de ces glandes, et si l’acide passe dans l’estomac, l’élément alcalin reste dans le sang dont il doit augmenter momentanément l’alcalinité; de fait, on voit la réaction de l’urine, normalement acide, devenir neutre ou légèrement alcaline pendant la digestion (Bence-Jones, Roberts et Vogel); ce que l’on peut démontrer facilement à l’aide des réactifs très sensibles dont dispose aujourd’hui le chimiste.
Maly a observé qu’il suffit d’introduire dans l’estomac d’un chien, à jeun, du carbonate de sodium en suspension dans de l’eau, ce qui provoque la sécrétion et la neutralisation immédiate d’une certaine quantité de suc gastrique, pour pouvoir constater, vingt minutes après, l’émission d’une urine alcaline.
Quincke a encore montré que l’urine présente une réaction alcaline chez les chiens pourvus de fistule gastrique, chez lesquels, par conséquent, la sécrétion gastrique acide, éliminée au dehors, n’est pas soumise à une résorption ultérieure. L’urine redevient acide quand cesse la sécrétion gastrique.
Le même phénomène a été observé chez un malade dont on épuisait le contenu stomacal au moyen de la pompe, ce qui activait forcément la sécrétion de cet organe (Quincke).
Cet ensemble de faits vient à l’appui de l’opinion, émise par Marcet, que la soude libre du chlorure de sodium serait éliminée par les urines, pendant la digestion. Ajoutons cependant que Meissner a soutenu qu’elle irait plutôt au pancréas et passerait dans le suc pancréatique, théorie fort plausible et qui, d’aillèurs, ne s’élève pas à l’encontre de la précédente.
DIGESTION. — FORMATION DU SUC GASTRIQUE
Noorden (1887) , admettant que les urines présentent au moment de l’acte digestif une alcalinité plus marquée qu’à toute autre époque de la journée, a cherché si l’alcalinité du sang variait dans le même sens. Il s’est basé, pour cela, sur des dosages d’acide carbonique déplacé par l’acide phosphorique au moyen de la pompe à mercure; mais cette méthode trop défectueuse, n’est étayée sur aucune considération scientifique rigoureuse, et ne permet pas de tirer une conclusion sérieuse des chiffres, d’ailleurs très variables, qu’il a obtenus.
On verra plus tard, en faisant l’étude de l’urine, qu’il existe une relation inverse entre l’acidité du suc gastrique et celle de l’urine; elle a été étudiée avec précision et démontrée expérimentalement, tout récemment, par Gley et Lambling.
On a dit que la cause de la décomposition des chlorures était encore inconnue; mais on a proposé diverses explications, les unes essentiellement théoriques, d’autres basées sur des faits d’expérience.
Brücke admet l’existence, dans les glandes pepsiques, de mouvements moléculaires déterminés par une force nerveuse qui provoquerait la dissociation des éléments acides et alcalins des chlorures en deux directions différentes: les liquides acides allant vers la surface de la muqueuse, les solutions alcalines vers le fond de la glande et le réseau capillaire périphérique.
Ralfe a essayé de justifier la théorie de Brücke en faisant remarquer que la réaction formulée ci-dessous :
COsNaH + NaCl = COW + HCl,
est déterminée par le passage d’un courant continu à travers la solution d’un mélange de bicarbonate et de chlorure de sodium; l'acide se porte au pôle positif et le carbonate de soude au pôle négatif.
On a prétendu aussi que, l’estomac contenant souvent de fortes proportions d’acide lactique qui peut se produire aux dépens des matières sucrées, sous l’influence de la muqueuse fraîche de l’estomac, et, en outre, que cet acide pouvant décomposer les chlorures, l’acide chlorhydrique libre serait le résultat d’un déplacement. Mais, comme l’a fait remarquer Maly, il resterait toujours à ■expliquer la présence de l’acide chlorhydrique libre dans l’estomac à jeun et bien lavé.
En 1877, Maly a proposé l’explication qui paraît la plus rationnelle, de la formation d’acide chlorhydrique parles glandes pepsiques, en n’invoquant qu’une action d’ordre essentiellement physique. Sa théorie, remarquable par son ingéniosité, éclaire d’un jour tout nouveau cette question, jusque-là si obscure et si controversée.
Le sérum sanguin renferme, parmi ses éléments salins, des chlorures de sodium et de calcium, et des phosphates neutre et acide de sodium; ce dernier résulterait certainement de l’action de l’acide carbonique sur le sel neutre correspondant, ce qui n’est pas en opposition avec la réaction alcaline du sang. Suivant Maly, l’acide libre du suc gastrique serait le résultat de l’action de la simple dialyse sur le mélange de ces éléments salins. En effet, le mélange de phosphate acide et de chlorure de sodium, celui de phosphate neutre de sodium et de chlorure de calcium, donnent de l’acide chlorhydrique facile à isoler et à
caractériser, au moyen d’un appareil de diffusion. L’acide passe à travers la membrane, de la solution saline vers l’eau extérieure, comme on peut le vérifier par l’expérience directe.
Les formules suivantes rendent compte de la manière dont la réaction doit se passer entre les sels primitivement contenus dans le sang :
PhCDNaïI* + NaCl = HCl + PhOWH
PhO‘Na*H + CaCl* = 2NaCl + Ph04CaH.
Ph04NasII + NaCl = HCl f Ph04Nas
2PhO‘Na*H + 3CaCls = 2 HCl + (PliO‘)2Ca3 + 4 NaCl.
Outre ce premier mode de production de l’acide chlorhydrique, Maly admet encore que l’acide carbonique du sang peut, en réagissant sur le phosphate neutre de soude, les acétates, etc., devenir une deuxième source d’acide libre; et de fait, si l’on soumet encore à la dialyse un mélange de sels acides et d'acide libre, ce sont ces derniers, et en particulier l’acide chlorhydrique, qui diffusent en premier lieu.
Il s’agirait seulement de savoir, et Maly a fait remarquer lui-même combien ce serait nécessaire pour donner toute sa valeur à sa théorie, si les glandes à suc gastrique jouissent réellement d’un pouvoir dialytique particulier pour les sels acides et pour les acides libres.
Il est possible que les travaux récents de Gley et de Lambling sur les relations entre l’acidité du suc gastrique et celle de l’urine contribuent à étayer la théorie en question.
Si l’acide libre du suc gastrique provient de la décomposition des chlorures, et en particulier du chlorure de sodium, l’ingestion de l’iodure et du bromuie de potassium devrait être suivie de la production et de l’apparition des acides iodhydrique et chlorhydrique dans ce liquide ; on a prétendu qu’il en est bien ainsi (Külz), mais le fait aurait besoin d’une vérification.