DIGESTION. — SUC GASTRIQUE PATHOLOGIQUE
Dans le catarrhe chronique compliqué de dilatation permanente de l'estomac, les matières de vomissements renferment, très souvent et en abondance, des sarcines qui, au microscope, se présentent sous la forme de plaques brun-clair, cubiques ou prismatiques, composées de 8, 16 ou 64 cellules cubiques dont chaque face est partagée par' une dépression linéaire en quatre saillies (Goodsir).
Le cancer de l'estomac présente tout d'abord les symptômes du catarrhe chronique. On a voulu voir (van der Yelden), pour celte affection, un symptôme caractéristique de la nature infectieuse du mal dans l’absence complète d’acide chlorhydrique libre dans les matières vomies.
Mais Gluzinski et Jaworski n’admettent pas que les maladies de l’estomac, quelles qu’elles soient, aient pour caractéristique l’absence de pepsine et d’acide chlorhydrique ; leurs expériences leur permettent d'affirmer que ces deux éléments peuvent toujours être présents; nous allons d’ailleurs revenir sur ce sujet.
Dans un cas de typhus, les matières des vomissements n’ont montré aucune trace de digestion pepsique; elles paraissaient renfermer de la pancréatine; additionnées d’acide chlorhydrique, elles sont devenues le siège d’une digestion pepsique. Une nouvelle quantité de liquide, rejetée quelques jours après, s’est montrée complètement inactive, même après l’addition d’acide chlorhydrique (Hoppe-Seyler).
Conditions de variation de l’acidité du suc gastrique. — Beaumont a fait quelques observations sur son Canadien, relativement à l’influence de l’état de fièvre sur la sécrétion du suc gastrique qui, chez les fébricitants, devient moins abondante et moins acide.
Il en est de même quand l’alimentation trop abondante surcharge l’estomac, ou quand elle est composée de produits indigestes.
Riegel (1887) a observé sur 128 cas d’affections de l'estomac : 19 fois une diminution de l’acide chlorhydrique, 69 fois une augmentation, et 40 fois une richesse moyenne normale. Dans les 19 cas où il y avait diminution d’acide, se trouvaient 16 carcinomes, 1 dégénérescence amyloïde de la muqueuse gastrique et 1 régurgitation de la bile, par suite de l’absence d’acide normal.
Y. d. Velden et d’autres prétendent (1887) que, chez les malades affectés d’ulcère rond de l’estomac, on trouve invariablement une hypersécrétion de l’acide chlorhydrique, ainsi que chez les anémiques et les chlorotiques. Cette coïncidence est même si fréquente que les auteurs cherchent une corrélation de cause à effet, dans ces trois facteurs.
Rilter et Hirsch, à la suite de leurs expériences sur un grand nombre de malades, disent au contraire :
1° Qu’iLn’existe aucune corrélation entre l’hypersécrétion de l’acide et l’anémie ou la chlorose ;
2* Que dans ces deux états pathologiques, il y a souvent diminution d’acide ;
3° Que dans l’ulcère rond il n’y a pas nécessairement hypersécrétion d’acide ; qu’il peut y avoir au contraire diminution ;
4° Que l’hypersécrétion acide peut être aussi bien la cause que 1 effet de l’ulcère rond ;
5° Que cette hypersécrétion se trouve d’ailleurs dans beaucoup d’autres maladies chroniques ou aiguës de l’estomac.
Cahn et de Mering (1886) disent avoir toujours trouvé de l’acide chlorhydrique, dans le suc gastrique, par leur procédé de distillation fractionnée dans les cas de carcinome comme dans ceux de dégénérescence amyloïde résultat confirmé par Rothschild (Strasbourg, 1886) qui, en employant la méthode des auteurs précédents, a trouvé, aussi bien dans l’estomac sain que dans les cas d’ulcère rond, les proportions de 2,2, 2,86 et 3,25 d’acide chlorhydrique p. 1000 Jaworsky et Korczynski (1886) ont constaté que, chez les personnes â°-ées affectées de carcinome, il n’y a que peu ou point d’acide chlorhydrique, tandis que chez les individus plus jeunes et porteurs d’ulcère rond, l’acide chlorhydrique est très abondant. J
Chez des chiens, rendus anémiques par des saignées répétées ou fébricitants par l’injection intraveineuse de purin, le suc gastrique avait perdu une grande partie de son activité, par suite d’un appauvrissement en acide chlorhydrique • en effet, l'addition de cet acide lui rendait toute son efficacité, et, d’autre pari 1» muqueuse stomacale, épuisée par le même acide, donnait des solutions très actives; dans deux cas, l’estomac était devenu le siège de phénomènes de putréfaction détermines par cette insuffisance d’acidité des liquides (Manasséïn 1872) Jaworski (1886) a cherché des relations entre la réaction et la composition mi' croscopique du suc gastrique pathologique; il a trouvé que dans le cas où le liquide sécrété est acide, le microscope ne montre que des noyaux de cellules tandis que s il s agit de liquide neutre, on y voit des cellules entières avec leur forme caractéristique et leur contenu de protoplasma.
Le même auteur, en étudiant les effets consécutifs à l’ingestion intra-stomacale d acide chlorhydrique dilué au 1/10% dans la proportion de 100 à 500 centimètres cubes, a reconnu que les symptômes subjectifs de douleur ne résultent pas seulement de l’hypersécrétion acide du suc gastrique, mais aussi de l’altération anatomique de la muqueuse stomacale qui occasionne cette hypersécrétion et en second heu, que les boissons acides calment momentanément les douleurs ïïKSr I hWe’S“ta’ “ — ~ — ta exagérée Jaworski a encore recherché la corrélation qui existe entre les symptômes subjectifs et la sécrétion anormale du suc gastrique ou hyperchlorhydrie ■ ^1 s est adresse, dans ce but, à des sujets exempts de carcinomes, d’ulcères et de
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ques, il a observe une hypersécrétion acide accompagnée d’une exagération dans sensibilité de la muqueuse, manifestée par de légers malaises. L’exSitation persiste quelque temps, car la muqueuse sécrète de l’acide chlorhydrique alors même que 1 estomac ne contient pas d’aliments. ! 'acidité exagérée du suc gas trique occasionne probablement la production de leucocythes qu’on retrouvé dans l’intestin ; à ce moment le symptôme subjectif de douleur s’accentue davantage.
La sécrétion atteint ensuite son maximum, aussi bien au point de vue d volume que de l’acidité, et l’estomac contient alors les matières colorantes de la bile, de nombreux noyaux qui proviennent des cellules dissoutes, ou encore des