‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 151 sur 722 · DIGESTION. — BILE DANS L’ESPÈCE HUMAINE ET DANS LA SÉRIE ANIMALE · texte numérisé non relu

DIGESTION. — BILE DANS L’ESPÈCE HUMAINE ET DANS LA SÉRIE ANIMALE

parafions arsenicales à l'intérieur, on a songé à expliquer l'accumulation, la localisalion de l'arsenic dans le tissu du foie, sons la forme d’une nncléine arsenicale dans laquelle le métalloïde toxique aurait pris la place d’un quantité équivalente de phosphore (Garnier, 1880).

La bile et les urines sont toutes deux colorées en bleu après injection de sulfo-indigotale de soude dans les veines (Diakonow). Le calomel, la quinine, l’acide benzoïque ne se retrouvent pas dans Ja bile. La glucose et la saccharose passent dans labile, quand elles sont injectées dans le sang en quantité un peu forte (Mosler).

Rutherford a étudié l'action de diverses substances sur la sécrétion biliaire, et a observé ce qui suit : L'acide nilro-chlorhydrique (?), les phosphates de soude et d’ammoniaque, le sulfate de potassium, les benzoate et salicylate de soude, la podophylle, l’aloès, la coloquinte, l'ipéca, le colchique, la phytolaccine excitent énergiquement la sécrétion biliaire; le sulfate de soudé, le jalap, la rhubarbe ont une action moins forte; le séné, la scammonée, l’huile de crolon, le jaborandi, le sel marin agissent encore plus faiblement; le calomel, le sulfate de magnésie sont sans influence, ce qui est en contradiction, pour le premier de ces corps, avec l’opinion des thérapeutistes, et en particulier de Fonsagrives qui considère le calomel comme le cholagogue par excellence; l’acétate de plomb seul diminue la sécrétion de la bile.

D’après Baldi et Paschkis, les médicaments dits cholalogues, tels que la rhubarbe, le jalap, le podophyllin, la pilocarpine ne déterminent pas d’augmentation notable de la sécrétion de la bile; Paschkis n’a obtenu d’effet qu’avec les sels biliaires et un peu l’huile de ricin.

Prévost et Paul Binet, de Genève, attribuent également à la bile et aux sels biliaires un rôle cholagogue prépondérant. L’injection sous-cutanée de la bile à la dose de 3 à 4 centimètres cubes pour le rat, de 6 à 10 centimètres cubes pour le cobaye, occasionnent des intoxications; la mort survient dans le collapsus, et à l’autopsie, on voit l’intestin rempli de bile et de matières diarrhéiques très liquides et souvent sanguinolentes.

Contrairement à Rutherford, ces auteurs prétendent que le phosphate de soude n’a pas d’action sur la sécrétion biliaire. 11 en est de même pour le bromure de potassium, le chlorure de lithine, le sublimé, l'arséniate de soude, l’alcool, l’éther, la glycérine, la quinine, la caféine, la pilocarpine, la kairine, le cytise, le séné et le Colombo.

Prévost et Binet se sont assurés, par une série d’expériences, qu'il n’existe pas de rapport constant, entre l’élimination d’une substance par la bile et l'action quelle peut exercer sur l’activité de la sécrétion biliaire.

Influence de l'espèce. — Nous nous sommes déjà étendus (p. 90 et suiv.) sur l’influence qu’exerce l'espèce sur les caractères extérieurs et la constitution chimique de la bile. Nous avons vu que, chez les poissons de mer, la bile contient surtout des sels de potasse, ceux de soude l’emportant chez les poissons d’eau douce; chez les tortues, la proportion de potasse l’emporte constamment sur la soude, aussi bien chez les animaux marins que chez les tortues d’eau douce.

Chez les invertébrés, la sécrétion que l’on appelle biliaire ne paraît pas donner de la bile véritable.

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