‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 187 sur 722 · III. Ferment saponifiant · texte numérisé non relu

III. Ferment saponifiant

Le suc pancréatique émulsionne les graisses et les met dans un état de division si ténu, qu’elles restent fort longtemps en suspension et sont absorbées par les villosités intestinales. Cette propriété, découverte par Bouchardat et Sandras confirmée par Eberlé d’abord, puis par Cl. Bernard, n’est pas due, comme l à démontré ce dernier, à l’alcalinité du liquide qui la perd quand on filtre ce dernier, après l’avoir agité avec un excès de magnésie calcinée, bien qu’il garde sa réaction au tournesol.

Cl. Bernard et Berthelot ont constaté, en outre, que le suc pancréatique était capable, non seulement d’émulsionner les corps gras, mais encore de les saponifier, de les dédoubler par hydratation en glycérine et acides gras. Ils ont montré que la monobutyrine élait presque complètement dédoublée quand on en fait digérer quelques centigrammes avec 20 grammes de suc pancréatique pendant 24 heures; et plus récemment, Bokay a constaté la saponification de la lécithine par l’infusion de pancréas.

Le dédoublement des graisses ne peut plus s'effectuer quand le suc pancréatique a été porté à l’ébullition, quelle que soit d’ailleurs la réaction du liquide et la transformation peut se faire non seulement quand le liquide est alcalin' mais aussi quand il est neutre et même acide.

On a attribué ces effets à la présence d’un ferment spécial, de nature très altérable, qu’on n’a pas encore réussi à isoler; ce ferment serait détruit par l’alcool et non dissous par la glycérine.

En réponse à l’objection que la saponification des graisses est due, non à un diastasc soluble, mais aux ferments figurés qui se développent si 'rapidement dans le suc pancréatique, Wassilieff a avancé récemment que le dédoublement des corps gras du beurre par une infusion de pancréas n’est pas entravé p",. l’addition d’une forte dose de calomel qui s’oppose au développement des bactéries.

a. Procédé de Paschutin.

D’après Paschutin, on pourrait isoler les trois ferments solubles du pancréas par des précipitations au moyen des sels suivants : tartrate de soude, arséniale

de potassium et bicarbonate de soude. Le bicarbonate de soude ou l'antimoniale de potasse, ajouté au suc pancréatique naturel ou au produit de l’infusion de la glande, donne un précipité dont la solution aqueuse agit sur les matières grasses. L’arseniate de polassium donne un précipité qui renferme l’agent actif de la digestion des féculents; enfin, sous l’influence du tartrate de soude ou de l’hyposulfite de soude ou encore du nitrate ammoniaque, on sépare le ferment de la digestion des matières albuminoïdes.

La séparation s’effectue avec plus de netteté et de rapidité en liqueur concentrée qu’en solution étendue.

b. Procédé de Defresne.

Après avoir reconnu : 1° que l’acide acétique à un certain degré de concentration, ajouté à une solution de pancréatine, paraît annihiler complètement son action sur 1 amidon et la graisse, tandis que le ferment de l’albumine, plus résistant, se maintient dans la liqueur; 2° que l’alcool à divers degrés, ajouté en proportion variable à la même solution pancréatique, faisait naître des précipités différents contenant les trois ferments, Defresne a eu l’idée (1879J de préparer isolément ces corps qu’il nomme myopsine, stéapsine et a mylopsine.

t° Ferment peptonique ou myopsine. — A une solution filtrée de suc pancréatique contenant 15 grammes de matériaux solides, on ajoute 40 grammes d’acide acétique, équivalant à7sr, 37 d’acide sulfurique pur. Au boutde24 heures, on sépare le précipité par le filtre et on traite le liquide filtré par de l’alcool qui détermine la formation d’un nouveau précipité représentant le ferment peptonifiant; sa solution aqueuse digère 104 fois son poids d’albumine cuite, et reste sans action sur l’amidon et les graisses.

2° Ferment des graisses ou stéapsine. —Pour préparer les deux autres ferments, on part du pancréas du bœuf dont le pouvoir sur l’albumine est à peu près nul; on ajoute, au macéré de cet organe, de l’alcool à 26 degrés; après 24 heures, on recueille le précipité et on le lave avec soin ; sa solution aqueuse dédouble 24 fois son poids de corps gras.

3° Ferment des amylacés ou amylopsine. — A 100 grammes de macéré de pancréas de bœuf on ajoute 1 5®r,7 1 d’acide acétique équivalant à 2^,88 d’acide sulfurique pur; on sépare immédiatement le précipité, et l’on traite deux heures plus tard le liquide limpide par 2 volumes d’alcool à 85 degrés. Le dépôt qui se forme conslitue le ferment diastasique.

Les résultats fournis par les dernières méthodes exposées, celles de Paschutin et de Defresne, qui ont la prétention d’arriver à une séparation simultanée des trois zymases pancréatiques, sont fort sujets à caution; et il parait peu probable qu on arrive ainsi à séparer ces ferments dans un état suffisant de pureté.

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