ORIGINE DE LALCALI DU SUC PANCRÉATIQUE
La question relative à l’alcalinité de suc pancréatique a moins attiré l’attention des physiologistes que celle de l’acidité du suc gastrique. L’une des explications les plus plausibles qu’on puisse donner de ce fait est la suivante : on sait qu’au moment de la digestion stomacale la réaction de l’urine, d’acide qu’elle est normalement, devient neutre et môme alcaline. On attribue celte alcalinité à une dissociation du chlorure de sodium dans les glandes à pepsine, suivie d’une sécrétion intrastomacale d’acide et d’une résorption sanguine de l’alcali. De là une augmentation de l’alcalinité du liquide sanguin qui explique suffisamment celle de l’urine. Mais, comme ce n’est qu’une minime partie de l’alcali qui passe dans l’urine, la plus grande se porte sur le pancréas en vertu d’une attraction encore inexpliquée, et fournit au suc de cette glande sa réaction caractéristique il serait intéressant d’étudier les modifications de réaction de l’urine dans le cas d’une fistule pancréatique ou d’une atrophie de la glande.
Il est admis aujourd'hui, d’après les expériences de Cl. Bernard et de Corvisarl, dont les résultats remontent déjà à 1856, et ont été confirmés par les recherphes de Biddcr, Schmidt, Connlieitn, Küline, Wittich, etc., que le suc pancréatique agit sur les trois espèces d’aliments: albuminoïdes, amylacés et corps gras. Nous allons passer successivement en revue la digestion pancréatique de chaque sorte d’aliment.