‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 201 sur 722 · IV. EXISTENCE DE SUC INTESTINAL · texte numérisé non relu

IV. EXISTENCE DE SUC INTESTINAL

Les expériences de Frerichs, de Colin et de Thiry, paraissent établir l’existence d’une sécrétion intestinale spéciale, constituée par un liquide alcalin, assez riche en matières albuminoïdes, ce qui le distingue des sécrétions digestives étudiées jusqu’à présent.

Bidder et Schmidt, se basant sur ce que, en opérant d’après le procédé de Frerichs, ils n’ont pu retirer de l’intestin entier d’animaux à jeun, lié depuis le duodénum, après introduction de grains de poivre ou de plomb, que quelques gouttes de liquide, ont contesté l’existence d’un suc intestinal; mais Thiry a fait voir que l’exeitalion mécanique de l'expérience précédente avait été insuf fisanle.

Croyant démontrer d’une façon plus précise encore l’existence du suc intestinal Moreau isole, par des ligatures, trois anses intestinales qui se suivent, énerve complètement l’anse du milieu et replace le tout dans l’intestin ; au bout de quelques heures, les deux anses extrêmes sont trouvées vides et flasques, tandis que l’anse énervée est pleine d’un liquide abondant, clair, jaunâtre, fortement alcalin de densité 1 008, renfermant pour 1.000 :

Matières organiques . as*-,» à 45^0

Matières minérales . . . . 9 ,0 à 9 5

Soude anhydre (du carbonate de soude) . 2 ,0

A côté de 0,8 à I gramme d’albumine coagulable par la chaleur, on y trouve de l’urée (0.16 p. 1 .000); les sels minéraux sont formés de sulfates, phosphate de chaux, un peu de sels de potassium, et surtout de chlorure de sodium.

La composition de ce suc, qu’on a nommé suc paralytique, et notamment la présence de l’urée, de l’albumine et du chlorure de sodium, semblent bien indi-

quer que, en dehors de toute influence nerveuse, l’intestin devient le siège d’une simple transsudation. Le résultat négalif donné par les anses adjacentes, restées soumises aux conditions physiologiques normales, est loin d’exclure l’idée de l’existence d’un suc intestinal spécial. On ne saurait évidemment affirmer que ce liquide provient uniquement des glandes de Lieberkuhn ; le produit de ces glandes doit certainement se mélanger aux liquides qui peuvent transsuder normalement de la surface entière de la muqueuse ; mais de là à affirmer, avec Iloppe-Seyler, qu'il n’existe pas de suc intestinal, et que les liquides étudiés sous ce nom ne sont qu’un simple produit de transsudation, il y a loin. Quoiqu'il en soit et quelle que soit son origine, le liquide existe et agit sur le contenu intestinal pendant la digestion des aliments; c’est de cette action qu’il va être question.

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