‹ Encyclopédie chimique.Tome IX.- Applications de chimie organique. 2e section (volume 2)Chapitre 203 sur 722 · Matières albuminoïdes · texte numérisé non relu

Matières albuminoïdes

Dans cette description, nous laisserons de côté les expériences faites avec des produits impurs, mélanges de suc intestinal avec la bile et le suc pancréatique (Bidder et Schmidt), qui, tout en révélant la triple action digestive du suc de l’intestin, n'ont aucune valeur scientifique en raison de la nature complexe des liquides employés.

Zander, Kolliker et Muller ont constaté que des fragments de fibrine ou d'albumine introduits dans l’intestin de chiens et de chats, en évitant l'intervention du suc gaslrique et du suc pancréatique, étaient dissous en majeure partie, tandis que, chez les lapins, Funke et Frerichs obtenaient des résultats contraires.

Il semble résuller de là, à première vue, qu’il existe une différence notable entre le suc intestinal des carnivores et celui des herbivores.

Thiry et Leube, puis Quincke, ont prétendu que le suc intestinal absolument pur ne dissolvait pas l'albumine ordinaire* l’albumine acide et la fibrine cuite • mais ils ont obtenu la dissolution rapide de la fibrine crue. Cette dernière disso* lution n’est pas due à l’alcalinité du liquide, ainsi que Thiry l'a établi par des expériences comparatives. Plus tard, Garland, en suivant le mode opératoire de Thiry, a constaté la transformation de la fibrine en peptones dans les liqueurs alcalines ou acidulées ; et par le même, procédé, Schiff dit avoir observé la digestion non seulement de la fibrine, mais aussi de la caséine, de l’albumine cuite et de la viande crue.

Chez l’homme, les observations de fistules intestinales ne donnent pas de résultats moins contradictoires. Lehmann, Braun et Funke ont constaté la résistance complète de l’albumine, tandis que Busch dit avoir obtenu le contraire chez la femme munie d’une fistule à la partie supérieure de l’intestin grêle Ce savant laissait écouler par la fistule, d une manière complète, tous les°liquîdes de l’estomac et du duodénum, et introduisait les matières à digérer dans la partie inférieure de l’intestin, par l’ouverture correspondante de cet anus contre nature. 11 a observé une dissolution de l’albumine coagulée, avec formation de produits putrides; ces derniers prennent plus rapidement naissance quand on fa.t passer la matière albuminoïde à travers l’intestin entier, que quand on la ret.ent enveloppée dans un nouet de linge au voisinage de l’orifice d’introduc-

Les recherches faites avec l’infusion de la muqueuse intestinale n’ont pas donné de résultats plus nets. Leven prétend, tout d’abord, que cette infusion est «acide comme le suc intestinal lui-même, et admet, en outre, la digestion simultanée des trois espèces alimentaires : albuminoïdes, amylacés et graisses. WUtich, en employant l’extrait glycérinique de la muqueuse intestinale de cochon d’Inde débarrassé de toute trace de ferment pancréatique, n’a pu obtenir la digestion de l’albumine. Eichhûrst, avec l’extrait glycérinique provenant de chiens et de lapins, n’a pas constaté davantage la digestion de la fibrine, et a attribu^ les résultats de Thiry et de Leube à des phénomènes de décomposition putride6 Enfin Mosloff, en opérant de nouveau sur la fibrine, n’a obtenu nue de’ résultats douteux. s

De l’ensemble de toutes ces recherches et des résultats contradictoires obtenus à chaque instant, il semble qu’on est en droit d’attribuer la digestibilité d’ailleurs assez faible, du suc intestinal de Thiry pour la fibrine, à la présence d’une traie de ferment stomacal ou pancréatique qui aurait pénétré auparavant par diffusion dans l’épaisseur de la muqueuse de l’intestin (Mosloff).

D’après Eichhorst, la gélatine perd la propriété de se prendre en gelée sou l’influence du suc intestinal.

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